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Biographie

Brandtson

Groupe comme seul Deep ELM sait les dénicher, Brandtson se compose d"une line up assez classique si ce n'est son batteur, Jared Jolley, qui accompagne judicieusement Myk Porter, également guitariste.
Pas moins de 6 albums virent le jour sur ce label que l'on ne vous présente plus. Tout débuta en 1998 avec la sortie de Letterbox. Puis en 1999 suivit Fallen Star Collection, second opus de ce quartet venu tout droit d'Ohio.
Finalement, c'est en 2002 que Brandtson acheva son contrat. Après avoir parcouru de long en large les Freeway américaines,à la recherche d'un succès peu prompt à se manifester, le groupe décida, en 2004,d'entrevoir de nouvelles ouvertures au sein de l'émergent label emo The Militia group (Rufio, Acceptance, Anadivine...).
Avec la sortie en août dernier de Send Us A Signal, Brandtson a su s'imposer comme l'un des groupes les plus émérites de la scène indépendante rock, couplée de régulièrement aux ingrédients d'une scène emo devenue hybride. Actuellement en tournée avec Further Seems Forever, on peut sans aucun doute souhaiter à Jolley, Sayre, Traxler et Porter, tout le succès auquel ils aspirent.

Hello, Control ( 2006 )

4-8-7. Ce code résume à lui seul cette entité venue ‘d’ailleurs’, des Amériques diront certains, qu’est Brandtson. Un code aisément déchiffrable pour tout lecteur averti : 4 musiciens,  8 ans de carrière, 7 disques. Une moyenne enviée par de nombreuses formations tant les productions du groupe recèlent de perles en tout genre. C’est à se demander, du reste, si elles n’ont pas toutes été compilées sur Send Us A Signal. Hello, Control (ndlr : salut !), seconde parution sous la coupe de The Militia Group (Cartel, The Appleseed Cast,…), conserve donc ses paramètres contribuant à la force de son prédécesseur ; cette mixité cohérente des styles (indie rock, power pop, emo), et cette production due à Ed Rose (Federal, Hundred Hands,…). A-t-on pour autant droit à la même recette, et surtout le même résultat ?

Pas vraiment. Une chose est sûre, Brandtson poursuit son évolution musicale, et ça paraît évident lorsque l’on écoute "Nobody Dances Anymore" (vidéo).
Brandtson y embrasse l’electronica, la dévoilant entièrement, et en usant finalement tout au long des 13 pistes de l’album. Des sonorités assez particulières au passage, entre effets kitsch de vieilles séries z type ‘UFO’, et samples façon Quit Your Dayjob, en bien moins barré heureusement. Ce septième effort révèle ainsi une facette nouvelle des anciens de Deep ELM, qui, pour le coup, dispose d’une nouveau visage ‘physique’, ou plus simplement d’un nouveau membre : Adam Boose (Furnace St.). Une recrue qui remplaçait en septembre 2005 John Sayre, ce dernier souhaitant consacrer plus de temps à son épouse, et reprendre ses études en robotique. En ‘robotique’…le terme clef de l’album, puisqu’Adam Boose reprend non seulement la basse, mais gère également tout ce qui est synthétiseur, laptop, robot voice, et s’avère en grande partie responsable de la couleur de Hello, Control. Un disque que l’on pourrait finalement considérer comme un dernier merci, un dernier au revoir.
Ensuite, remarquons que les styles se côtoient toujours allègrement, en toute harmonie, mais les titres de l’album quant à eux ne s’imbriquent plus les uns aux autres. Plus décousu, plus indépendant, sûrement le souhait de Chris Fudurich (Nada Surf,…), qui dégage au mieux le potentiel dancy, poppy, de chacune des pistes de l’album, ne nécessitant plus ce temps d’adaptation nécessaire à cerner l’œuvre de Brandtson. Certaines émotions 'graves', auparavant suscitées par le groupe, sont désormais beaucoup moins présentes...

Cela étant dit, ceux ayant découverts le groupe grâce à leur précédent opus ne devraient pas être déçus. Les deux voix, si caractéristiques du groupe, s'entrelacent de façon perpétuelle, déliant des ‘...Fall Into the Sea’ sur "Thousand Years", prolongement péremptoire de "The Bottle & The Sea" ; des refrains prompt aux chœurs des auditeurs sur "Nobody Dances Anymore". Un petit clin d’œil parolier à "Mexico" sur "Earthquakes & Shakes" : ‘Went Down to Mexico [...]’. Sans oublier les roulements de batterie de Jolley, à la "Throwing Rocks Tonight", sur "Denim Iniquity" et la nervosité de "Tapping the Vain", dédicacée aux fanas de "Who Are You Now ?"

Des similitudes, des divergences, qui font de ce nouvel effort de Brandtson un grand cru, mais dont on regrettera toutefois la légère amertume en milieu de parcours. Pas évident de renchérir derrière Send Us A Signal et c'est fait de la plus belle des manières, avec des risques considérés.

N.B.: La version digipack d'Hello, Control est des plus soignées, proposant un concept similaire à celui de Hands Like Guns & Crashing Sounds (.the december drive).

Ecouter sur PureVolume|MySpace.

A écouter : Thousand Years ; Earthquakes & Shakes ; Nobody Dances Anymore ; Lie to Me

Send Us A Signal ( 2004 )

Il existe des groupes qui débordent de talent, qui se voient attribuer une tonne de superlatifs dythirambiques dans de multiples articles plus enthousiastes les uns que les autres et qui pourtant, ne récoltent qu'une maigre reconnaissance. On peut raisonnablement placer Brandtson dans ce lot maudit. Auparavant affilié à Deep Elm, le combo a décidé de s'en remettre à The Militia Group pour ce 7ème album. Déja 7 et aucune fausse note. Produit par Ed Rose (The Get Up Kids), Send Us A Signal ne déroge pas à la règle un seul instant.

Brandtson explose les repères et dessine sans papier calque un paysage en perpétuel changement de saison. Les températures se modulent, les couleurs se nuancent. Les premières écoutes destabilisent et les sentiers ne se discernent que progressivement sous nos pas. Brandtson réchauffe la poitrine comme le soleil printanier, giffle les joues comme les bourrasques d'automne, joue avec nos émotions, encore & toujours. Jamais mielleux, même dans les ballades power pop ("Who Are You Now"), Brandtson est un orfèvre de la mélodie et de l'évidence indie rock. Brillant de bout en bout, Send Us A Signal grise les neurones d'un chant tout en nuances. D'une énergie presque électrique inoculée par des aigus perçant les harmonies ("Blindspot"), la voix se lance également dans un registre au ton plus grave, à la fois rauque et suave ("The Bottle And The Sea", "Escapist"). On retiendra particulièrement "Mexico", titre original de part son atmosphère apaisante et enjouée, mais également représentatif de la touche unique de Brandtson, à base d'une ligne mélodique simple tenue par 2 accroches vocales parfaitement calibrées. Mais au final, au vu des transitions astucieuses entre les morceaux (le meilleur exemple étant la fin énergique de "Who Are You Now" qui se noie dans les abîmes mélancoliques des premières mesures de  "Drawing A Line In the Sand"), Send Us A Signal apparaît comme d'un seul tenant.

A tort sous-estimé, Brandtson livre un disque incroyablement riche oscillant entre rock indé, power pop et emo. Les amateurs de The Promise Ring, Benton Falls, Jimmy Eat World ou de Blueline Medic y trouveront leur compte. Les autres aussi. Send Them A Signal !

A écouter : Escapist - Mercy Medical - Mexico