Titre : The Art Of War Année : 2002
Nombre de titres : 20
Acheter : logo amazon
Label : VP Records
Collection : 1 membre possède cet album.

Moyenne lecteurs : 18.5/20 (1 avis dont 1 avec commentaire)

Les membres qui ont aimé The Art Of War aiment aussi :

Laisser votre avis

Commentaires

iam_trying_to_belive 18.5 / 20 Le 19/10/2011 à 23H35

Avec déjà huit excellents albums à son nom, Bounty Killer enfonce le clou en 2002 avec son concept du Ghetto Dictionary. Deux albums sortis la même année, d’abord The Mystery puis ce The Art of War, c’est plutôt du lourd pour un artiste qui n’a plus à faire ses preuves. The Art of War est probablement le meilleur effort du Warlord. Ne vous y trompez pas, ici il n’est pas question de reggae « coule douce » ou de ragga commercial à la sauce MTV. Non, ici il est question de bandits, de meurtres de guerres et de règlements de compte additionné de beat simplistes, agressifs qui refroidira tous les clichés que l’on se fait sur la musique jamaïcaine.

L’album s’ouvre sur une intro fracassante qui gagne en puissance au fur et à mesure, accompagné de La Marche Impériale de star wars et qui finit par une explosion. Le premier titre, Blood Bath, nous flanque une première grosse claque dans le visage. Bounty Killer prend sa voix la plus menaçante et nous promet un bain de sang. Le beat est simple, froid et lourd. Le ton est donné et c’est terriblement efficace. Le second titre, Killa is a Killa, ne fait que confirmer cette vérité, on n’est pas là pour les vacances. L’album est d’ailleurs truffé de morceaux plus virulents les uns que les autres, autant par la puissance des basses et des beats accrocheurs qu’au travers de paroles très engagées, voire insultantes.

En effet, comme souvent avec Bounty Killer, ses textes représentent l’essence qui fait que ses chansons deviennent des brûlots. Sur Warlord Nuh Business il est question de business et tout ce que cela sous- entend, tout comme la grandiose Man Ah Badman The Sequel (avec T.O.K), Death Bound, et l’autre titre génialissime, Gun Mouth.
La guerre a elle aussi sa place dans l’album avec All out of War, W.A.R.R, et War lady, bien qu’il n’est pas forcément question de la guerre que l’on voit à la télé. Pour la plupart des habitants de la Jamaïque, la guerre a lieu tous les jours, dans la rue. Avec Look Good, on frise le scandale puisque les paroles sont très clairement homophobes.

Les rares titres qui pourraient éventuellement être considéré comme du ragga style « commercial » ou facile à écouter sont Top ah Top et Man Ah Badman The Sequel et Just Dead. Des titres accrocheurs, avec une boîte à rythme classique, des samples de cuivres et des refrains simple à retenir.
L’ensemble de l’album est à l’image du flow du Deejay, très fluide, grave et homogène. Les titres se suivent bien et ne s’essoufflent pas, bien que certains beat semblent parfois se confondre.

Art of War est selon moi le meilleur album du Warlord, et de loin. Sa performance y est inclassable, le débit de son flow est tout simplement époustouflant et agressif à souhait, additionné de cet anglais jamaïcain si envoutant, cela donne un cocktail explosif. Bienvenue dans cette Jamaïque, celle qui ne donne pas forcément envie d'y passer ses vacances.

A tous les fans de hip hop, de reggae et tous les curieux qui veulent se rendre compte qu’il n’y a pas que le metal qui peut être considéré comme musique extrême.