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Biographie

Botch

C'est en 1993 à Seattle que Dave Verellen (chant), Dave Knudson (guitare), Brian Cook (basse) et Tim Latona (batterie) décident de fonder Botch. Durant près de 10 ans le combo forgera avec fougue son style technique et extravaguant entre punk hardcore et metal tortueux. Maintes fois copié, jamais égalé, le combo ouvrira la voix à de nombreuses formations. Avec American Nervoso (1999) et We Are The Romans (2000), Botch marque à jamais la scène extrême de son empreinte au même titre que Catharsis ou Orchid.
Comme toutes les (bonnes) choses ont une fin, l'aventure s'achève en 2002 suite à une tournée inoubliable. La même année, sort An Anthology Of Dead Ends, album posthume au titre évocateur qui clôture d'une belle manière l'histoire des précurseurs du genre mathcore.

15 / 20
2 commentaires (15.75/20).

061502 ( 2006 )

Le soir du 15 décembre 2002 marquait le dernier concert de Botch. Il ne restait plus qu'à voir leur influence sur la scène hardcore se diluer, et compter le nombre grandissant de personnes qui découvraient le groupe après leur séparation, frustrées à l'idée de ne pas avoir connu ce groupe plus tôt, de ne pas les avoir vu au moins une fois en concert et de n'avoir que les albums à se mettre sous la dent. Accompagné du CD live du concert, ce DVD tant attendu par certains, arrive enfin.
Sobre et clair avec l'intro de "Man the Ramparts" en fond sonore, le menu propose de voir le live (avec ou sans les commentaires audio du groupe), ainsi qu'un clip et 5 autres titres live de 2000.

C'est "St Matthew Returns to the Womb" qui ouvre le bal. Quelques bruits de foule et sans prévenir la chanson commence, le groupe impressionne déjà par sa puissance et son énergie. Eléments présents sur toute la durée du concert, le groupe n'offrira que de courts répits au public.
Pour cet ultime concert Botch nous offre une setlist idéale, qui va puiser pendant un peu plus d'une heure dans leurs deux principaux albums, avec quelques titres de An Anthology of Dead Ends qui venait de sortir à l'époque et même "Third Part In A Tragedy" extrait du Unifying Themes Redux, ainsi qu'une étonnante reprise des B-52's.
La nervosité et la fureur des compositions sont ici décuplées, mais les passages moins rentre dedans de "C Thomas Howell as the "Soul Man" ou encore "Frequency Ass Bandit" gardent leur force et leur lourdeur.
Plus la fin du concert approche, plus on constate l'émotion du chanteur, du public, réalisant que c'est bel et bien la dernière fois que le groupe jouera ensemble.
Pour le final "Man the Ramparts" en rappel, le groupe invite sur scène d'autres musiciens. Ainsi la chanson sera interprétée par deux batteurs et plusieurs guitaristes et bassistes, pour finir dans un bouillon sonore, un cassage de guitare en règle et un bain de foule pour les membres de Botch.

Du côté "technique" la qualité sonore du DVD est très bonne. Le son n'est pas noyé, on distingue bien chaque instrument, les moindres larsens et distorsions sont retranscrits avec précision. Par contre la qualité de l'image est moins bonne en comparaison, mais ce concert ne devait pas à l'origine faire l'objet d'un DVD. L'image n'est pas toujours nette, ou bien cadrée, et il y a peu de plans sur le batteur. Pour autant on a droit a plusieurs angles de vue, et malgré tout ça colle davantage à l'esprit du mouvement hardcore plutôt qu'un DVD trop propre, lisse et froid. On garde à l'esprit que le but premier était de capturer ce dernier concert.
Le clip en bonus reste anecdotique, et les 5 autres chansons jouées lors d'un concert en 2000 ne sont pas indispensables. Certes l'image est plus nette mais la prise de son directe des caméras est saturée et sourde (le chant n'est pas toujours audible).
Les membres du groupe se sont livrés à l'exercice du commentaire audio du concert. Réservé aux plus anglophones, ils bavardent joyeusement, revenant sur leurs souvenirs de cette soirée, le public, les chansons qu'ils aimaient ou n'aimaient pas jouer, digressant et déconnant très librement.

Le DVD et le CD combleront les auditeurs curieux des capacités live de Botch et rassasiera un temps les fans. Montrant un groupe qui investit la scène, qui communique avec son public, à la hauteur de ce qu'on pouvait s'imaginer, spontané et jouant ses compositions avec force, et énergie. On surmonte rapidement la qualité de l'image, pour se concentrer sur le concert lui même. Et tant pis pour le peu d'intérêt des bonus.

A écouter : St Matthew Returns to the Womb, Rocklobster, Oma, Thank God for the Workerbees, Framce
19 / 20
10 commentaires (18.15/20).
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We Are The Romans ( 2000 )

Au même titre que Coalesce, Botch est un groupe essentiel et fondamental des années 90's. Les américains ont su, au fil du temps et de leurs productions, débroussailler et apprivoiser le paysage musical énervé en usant avec succès des meilleures ficielles du metal, de la noise, du hardcore ou tout simplement du rock sauvage et hargneux. Précurseur d'une musique déconstruite moderne, chaotique et virile, Botch est un fauve, et sa griffe est profondement ancré dans les chairs du paysage hardcore.

Paru en 2000 sur Hydra Head Records (Isis, Knut), We Are The Romans est l'héritage de Botch le plus marquant. Un trou noir qui consume et avale tous les corps et toutes les matières effleurant son aura. Une aura cyclonique et apocalyptique édifiée par un mur sonore ou chaque brique à sa place et son rôle. La plupart du temps épaisse et dévastatrice, mais parfois prenant corps dans un simple filet d'eau claire, la vague Botchienne est un modèle de tension et de relachements cathartiques. Botch fonde ses déflagrations sur un dissonance acérée maintenue à flot par une rythmique carnassière. Botch transpire comme un mastodonte prisonnier et affamé. "To Our Friends in the Great White North" est sa délivrance, folle et fièvreuse.
Outre la prédation, Botch exploite les accalmies piégeuses et faussement placides. "Swimming the Channel Vs. Driving the Chunnel" se rapprocher ainsi dangereusement de nos pensées les plus intimes. Le souffle se propage, à fleur de peau et touche l'âme inexorablement sur le céleste "Man The Ramparts" puis au contact du voile funéraire et industriel qu'est "We Are The Romans". La Fin. Puis La Mort.

We Are The Romans est une boîte de Pandore, inépuisable et surprenante. La démonstration artistique et viscérale des surdoués de Botch s'y étend allégrement avec ingéniosité et talent. Tout a été dit sur Botch, n'en parlez plus et écoutez.

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A écouter : et vite