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Biographie

Bongripper

Bongripper est fondé à Chicago en 2005 par Dennis Pleckham, Nick Dellacroce (Guitares), Ronald Petzke (Basse) et Daniel O'Connor (Batterie). Les américains pratiquent dès leurs débuts un Doom/Stoner/Sludge qui s'étend sur un seul titre de près de 80min sur leur premier album : The Great Barrier Reefer en 2006.
En 2007, Bongripper sort deux albums Hippie Killer dans la continuité du premier mais aussi Heroin, délire Noise / Drone vendu dans une édition spéciale "Heroin Kit" avec son matériel d'injection. 2008 est également une année productive puisque le combo sort Hate Ashbury et collabore avec Winters In Osaka, un groupe Noise de Chicago pour livrer Meat Ditch. Deux ans après, Bongripper revient avec son album le plus abouti : Satan Worshipping Doom, ce qui lui permet de lui ouvrir les portes du Roadburn 2012. L'année suivante le quatuor collabore avec Hate et Conan pour deux splits et livre Miserable en 2014 via le label Burning World Records.

14.5 / 20
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Terminal ( 2018 )

« On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille,… » a dit un jour un certain garde champêtre. 
Terminal a pour défaut de paraître dans le sillage du monstrueux et dense Miserable, lui-même précédé de la machine à tubes Satan Worshipping Doom. Face à son prédécesseur direct, ce cru 2018 semble quelque peu léger en terme de durée et aurait mérité un titre supplémentaire (Slow Death..Of Humanity ?) histoire de nous immerger un peu plus. 

D’autant que le premier pan du diptyque tarde un peu à accrocher l’auditeur. Slow s’étale sur 25 minutes et démarre sur du riff relativement pépère, moins destructeur que ce à quoi nous avaient habitués les Américains. Peut-être par recherche d’un peu de subtilité, les premières minutes de l’album ont tendance à relâcher l’étreinte, à perdre la proie dans un départ plus progressif. On pourra se trouver surpris lors du long développement mélodique, proche de Earth, où les cordes laissent échapper des arpèges en son clean. Bien entendu, le quartet ne fait que préparer le terrain, entamant une montée jusqu’au sommet de Slow, plombé comme il se doit par une rythmique assassine aux relents Sludge. Le genre de construction de titre ayant fait les belles heures (puis les clichés) du Post-Rock, avec à la clé une explosion finale certes bien efficace mais un peu trop courte au vu de l’attente générée. 
Death de son côté renoue avec un Bongripper que l’on connaît bien, celui qui vient vous faucher au ras du sol dès les premières secondes. Ce second volet du diptyque renferme sans nul doute le passage le plus brutal et décérébré de l’album. Calée après un départ hyper binaire et brise-nuque, la cassure de Death nous enfonce peu à peu dans le sol avec un break où les six-cordes saccadées passent à l’attaque (Doom-Thrash?), soutenues par une batterie qui semble faire parler les canons à chaque coup de caisse claire. Un passage à tabac, une baston à dix contre un à la loyale dont tu repartiras en titubant, alors que le ciel te tombe sur la tête (au ralenti) jusqu’à la fin de la galette. 

Si le propos semble faiblir sur cette sortie, fort heureusement les amplis sont toujours à bloc quand l’orage Doom frappe de plein fouet. Mais Bongripper dose davantage sa recette, introduisant ici et là des accalmies qui s’étendent un peu trop. On retrouvera même des penchants quasi Ambient, comme à l’époque d’un certain Hippie Killer.  Et si Terminal doit apporter une nouveauté à la carrière du groupe, celle-ci réside certainement dans les élans mélodiques des guitares. Slow et Death ont tous deux en leur cœur des lignes de gratte s’affranchissant du bête coup de matraque pour raconter, colorier un peu plus la toile de fond tapissée de crasse et de boue. Dans la tourmente, ces quelques notes font à coup sûr tendre l’oreille, elles sont l’issue de secours dans un magma monolithique sans dénaturer la musique des Chicagolais.

Mine de rien septième longue sortie de la formation, ce Terminal ne se positionne pas dans les plus grands chefs-d’oeuvres de la discographie des niqueurs de bong. Il faut dire que la barre est déjà très haute (voir les disques sus-cités), à tel point que cet opus 2018 qui semble tenir de l’exercice de routine, apporte tout de même de belles mandales sur son passage qu’il serait dommage de manquer.

16.5 / 20
8 commentaires (16.31/20).
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Miserable ( 2014 )

Quatre ans déjà que les doomeux de Chicago nous avaient laissé à terre, les oreilles saignantes, avec leur Satan Worshipping Doom. Nous étions pourtant habitués à des sorties plus fréquentes au rythme de cinq albums en six ans, sans compter les EP et les splits. Il est donc normal de ressentir une certaine crainte au moment de lancer ce nouveau Miserable dans la platine, la crainte de déguster pendant plus d'une heure...

La guitare sature sur fond drone, les cordes vrombissent, la basse se place et la batterie ferme la marche. Endless est lancé, inépuisable et répétitif à souhait. On retrouve dès son ouverture la lourdeur pachydermique et ralentie à la limite du drone du quatuor Américain avec cette touche de noise expérimentée sur Heroin. Ce premier titre oppressant place l'auditeur dans de bonnes conditions quant à la suite des hostilités.
Les tympans encore frémissants de ce final noisy, Descent, bien plus percutant que son prédécesseur, est sans doute le morceau le plus accessible (audible?) avec ce dernier tiers orienté ambient. Cette docile plage sonore sera l'ultime moment de répit de l'album avant une dernière demie-heure à couper le souffle. Un passage qui s'appréciera donc d'autant plus une fois la première écoute achevée et qui se dévoilera discrètement au fil des répétitions.
Into Ruin est parmi ces titres de Doom / Sludge qui offrent une musicalité hors norme. Le groupe y est plus que jamais guidé par son batteur qui propose un martellement des fûts aussi poussif que jouissif, où votre fréquence cardiaque oscillera jusqu'à battre à l'unisson. Que ce soit dans les moments les plus lents ou dans ses accélérations doomèsques, il émane de ce bloc une décharge destructrice comme rarement Bongripper a su en livrer. Une telle violence vous laissera seul, vide et démuni, libre à la folie de s'emparer de vous.

Certains pourront être réticents du côté instrumental de leur musique. Même s'il est vrai que je ne m'imagine pas écouter Yob sans la voix de Mike Scheidt, c'est pourtant lorsqu'il s'extirpe des contraintes imposées par un chanteur qu'un groupe peut véritablement apporter un plus au genre dans lequel il évolue. Les Américains ayant par le passé expérimenté de nombreuses sonorités, ils ont su en tirer l'expérience suffisante pour varier à juste dose un album de cet acabit avec des virages aussi nuancés qu'appréciés dans un milieu qui laisse pourtant peu de place à ces divagations.

Toujours plus lent, toujours plus lourd, Bongripper pousse les conventions du genre à l'extrême et écouter un album tel que Miserable revient à consciencieusement se faire vivre une expérience douloureuse. Vous détesterez aimer cet album qui martèlera votre corps pendant 65 minutes de pénible extase. À bon entendeur.


L'album s'écoute sur Bandcamp.

A écouter : Into Ruin
16 / 20
9 commentaires (17.17/20).

Satan Worshipping Doom ( 2010 )

Hail. Satan. Worship. Doom. Quatre titres, quatre morceaux qui donnent le ton, placé sous le signe d'une musique blasphématoire, primaire et ralentie au possible. C'est le cinquième album de Bongripper à base de gros Sludge / Doom qui tâche.

Du chemin a été fait depuis les premiers albums avec leurs bidouillages Noise, leurs vagues Drone (Heroin) et leurs débuts Sludge / Doom (The Great Barrier Reefer) sans que le groupe se lance à corps perdu dans le genre. Satan Worshipping Doom en est l'aboutissement dans la carrière de Bongripper pour son travail de composition et le mélange de leurs influences maitrisées. Parce que si Bongripper se place désormais largement du côté Sludge, pas forcément des plus extrêmes, mais là n'est pas le propos, celui-ci est brassé d'influences quelles soient sous l'emprise d'herbes euphoriques (fin de Worship) ou quelles tapent dans le Black-Metal old school façon années 90 (le bien nommé Satan).
Hail débute ce disque par une lenteur et une lourdeur caractéristique du genre, mais là où le groupe scotche l'auditeur c'est grâce à ce groove emballé de derrière les fagots présent dans le riffing et les rythmes qui briserait la nuque aux plus musclés d'entre-nous. Sous ce Stoner-Metal inspiré (écoutez moi ce passage vers 6min qui parlera forcément à celui qui connait Idolum d'Ufomammut) Bongripper assène ses coups avec la force d'un marteau, et fait même le lien sur Satan avec les vieilleries du Metal extrême. Débutant sur du Black-Metal / Doom-Death à l'ambiance occulte et funéraire, se muant en Stoner qui fulmine (riff monstrueux vers 5min), puis en mur écrasant par la suite pour enfin finir sur un Doom/Stoner Psyché directement emprunté au célèbre Paranoid il y a de quoi dire que ce morceau est totalement hallucinant.
Entièrement instrumental, Bongripper n'en est pas moins complètement scotchant et addictif surement parce que les volutes de fumée se font sentir régulièrement comme sur Worship qui alterne cordes monolithiques et passages incantatoires. De même, Doom, plus classique dans la forme mais diablement entrainant, conclue ce Satan Worshipping Doom.

Main en l'air, index et auriculaire levés, gloire à Satan et à ce cinquième effort de Bongripper qui demeure probablement un des meilleur opus du genre qui soit sorti cette année dépassant haut la main le Eve d'Ufomammut (les mauvaises langues diront que c'est pas bien difficile). En plus la pochette est fabuleuse, presque autant qu'une pochette de Brutal Death.

A écouter : d'une traite, mais surtout Satan