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Biographie

Bölzer

Bölzer est fondé à Zurich en Suisse courant 2008 par HzR (Batterie) et KzR (Guitare / Chant - WitchchristDeathcult). Proposant un Black Metal / Death Metal s’affranchissant des codes, le duo sort une première démo, Roman Acupuncture, en 2012, mais surout l'ep Aura en 2013 qui fait beaucoup parler d'eux dans le monde des musiques extrêmes. Un second ep, Soma, sort en 2014 chez Invictus Productions.  Les Suisses reviennent en 2016 avec une nouvelle offrande, le très puissant Hero.

Chroniques

Lese Majesty Aura

Lese Majesty ( 2019 )

Sur toutes les lèvres il y a une poignée d’années, le duo Bölzer nous revient plus discret avec un nouvel EP en poche. Après un Hero qui côtoyait des nuées mystiques, place à ce Lese Majesty trois ans plus tard. 

Impossible de se tromper, on reconnaît dès les premières secondes d’écoute que l’on a affaire au groupe suisse. Impossible de se tromper non, avec ce son de guitare si caractéristique qui va chercher les cordes intermédiaires et les fait sonner de manière presque outrancière. Véritable marque de fabrique depuis l’époque des cavalcades démoniaques type Entranced By The Wolfshook, cette bestiole à dix cordes fait aussi vrombir son monde en allant creuser les profondeurs (Into The Temple Of Spears). Un tonnerre fendu par les cymbales-éclairs aiguisées comme des lames et cette diction menaçante derrière le micro, tenue par une sorte de Lemmy Kilmister ensorcelé.

Car ne l’oublions pas, Bölzer sait être très méchant avec de belles poussées Black/Death entre ses pérégrinations plus aériennes et psychés. Bien sûr on pense aux « ough ! » et « argh ! » réverbérés, clichés du genre s’il en est, mais toujours plaisants quand lâchés au bon moment. Et puis le frappeur sait aussi bien remplir l’espace, insuffler les blasts les plus primitifs possibles (coucou Darkthrone), particulièrement sur Into The Temple Of Spears et A Shepherd In Wolven Skin, les deux gros pans (réussis) du disque. On retrouvera dans leur sillage un Ave Fluvius! Danú Be Praised! plus progressif, amorçant une montée qui finira un peu mollement et en queue de poisson. 

Bölzer offre une demie-heure de bonne facture sans trop se mouiller, revenant avec succès vers les ingrédients qui ont fait ses heures de gloire. Malgré une direction artistique à la dérive, digne des plus belles affiches du cirque Pinder, Lese Majesty ne démérite pas et nous fera patienter sagement jusqu’au prochain grand orage suisse.

16 / 20
3 commentaires (17/20).
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Aura ( 2013 )

Des groupes qui sortent de nulle part et qui sont capables de mettre allègrement tout le « petit » monde des musiques extrêmes sur les rotules en l'espace d'un rien discographique, c'est à peine si l'on en trouve une poignée sur une année.

Bölzer, Zurich, Suisse, le minimum syndical pour être un groupe (c'est à dire un duo), arrive sans prévenir et dépose son Aura qui se répand comme une traînée de poudre chez les auditeurs avides de nouveauté. Car nouveauté et originalité il y a et ça peut sembler prétentieux de le dire ainsi, mais on n'avait pas entendu aussi novateur dans le genre depuis belle lurette. Le truc chez Bölzer c'est que ça ne revient absolument pas à mélanger au petit bonheur la chance quatorze genres de musique extrême pour en faire une mixture originale sous prétexte de vouloir se démarquer absolument de ce que font les voisins d'en face. Les suisses connaissent le Black Metal et le Death Metal, ont compris sa substance et réutilisent ses racines de manière à créer une œuvre qui reste dans les sillons de ses prédécesseurs, ou plutôt transmet l'héritage de ses aînés, mais s'en démarque habilement à la manière d'un The Ruins Of Beverast qui s'éloigne des clichés et en fait un groupe à part.

Sur ce Aura de Bölzer, on trouve deux choses qui étonnent. En premier lieu, et en occultant volontairement le fait qu'un duo soit à la fois rare, mais aussi une forme bien particulière pour pratiquer ce genre de musique, c'est essentiellement cette manière de sonner différemment du reste des productions actuelles qui impressionne. N'attendez donc pas d'engouffrer dans le lecteur une copie de Behemoth. On pourrait bien tenter de rapprocher le duo de formations connues qu'on ne serait pas tellement plus avancé. Il faut alors tenter le croisement bâtard qui ne veut pas forcément dire quelque chose, mais permet d'y voir un poil plus clair avec cet accouplement incestueux entre le Death Metal sulfureux d'Immolation placé sous l'égide cérémonieuse des chapelles de Deathspell Omega.

Dans un second temps, Aura c'est aussi trois compositions ultra solides ou règnent une ambiance de mort. Un son lourd et visqueux nous entoure, une terre de désolation s'étend sous nos pieds. Les guitares se hissent et se tordent à foison, souvent imprévisibles, maintenues par une rythmique soutenue qui ne fait pas que blaster continuellement. Les voix sont des tourments, tantôt caverneuses ou aliénantes, mais qui apportent beaucoup de par leur variété quant à définir cette atmosphère  menaçante et énigmatique. C.M.E et The Great Unifer sont donc deux titres de Black / Death Metal occulte d'excellente facture avec une qualité d'écriture impeccable et cette envie de faire monter les riffs d'outre-tombe vers des cimes qu'ils n'ont jamais connus. Mais c'est surtout Entranced By The Wolfschook qui imprime clairement la volonté et l'approche de Bölzer vers ce quelque chose d'insoupçonné, par ces guitares mastodontes (on y entend réellement du Mastodon première période) et hallucinées qui nous rentrent dans le crâne avec une facilité déconcertante. 

Bölzer, mini-phénomène de 2013 fait donc figure de révélation parce qu'ils débarquent avec trois titres à la personnalité folle, mais ils arrivent en plus à se démarquer de cette scène Metal extrême qui a tendance à se regarder beaucoup trop souvent le nombril. Ainsi, tous les espoirs sont permis pour la suite. Il va falloir assurer!