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Biographie

Bokor

Bokor est un quintet formé en Suède en 2005. Les membres du groupe ont pour credo de jouer la musique qu’ils aiment, telle qu’ils la ressentent et comme bon leur semble sans se soucier des étiquettes. Une musique sans prise de tête mais non dénuée de profondeur. Un Metal protéiforme aux influences diverses développé sur des morceaux ambitieux, dont certains composeront un premier album sorti en 2007 : Anomia 1. Le groupe revient dès Octobre 2008 avec un second très bel album nommé Vermin Soul. Malheureusement, Bokor splitte deux ans plus tard.

Chroniques

Vermin Soul Anomia 1
16.5 / 20
9 commentaires (17.28/20).
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Vermin Soul ( 2008 )

Bokor est (déjà) de retour. On est loin du stakhanovisme Broadrickien – pour le résultat que l’on sait – mais la rapidité de cette sortie a de quoi surprendre et inquiéter, d’autant plus que les suédois ont carrément frôlé le mutisme coté communication ces derniers mois…

Sauf que voilà, chez Bokor, malgré un changement de lineup, on bosse et on cause après. A vrai dire, c’était déjà le cas lors de la sortie d’Anomia 1, premier album plus que réussi qui aura, chez certains, immédiatement propulsé les suédois au statut de groupe à suivre de près. Et donc, au lieu d’aller s’enfariner la tête dans des saladiers de coke, entouré de groupies tel une starlette éphémère au point d’être trop défoncé pour louper la seconde marche, Bokor s’offre donc son (Best) trip à lui : musical, au sens le plus pur du terme. Pour s’évader à nouveau?

Tout comme Anomia 1, Vermin Soul offre un décollage tout en virilité avec The viral prophesies… et on se dit que jusque là tout va bien. Sauf que les growls qui arrivent juste derrière n’étaient pas vraiment prévus au programme. Oui, vous avez bien lu, des… growls, et bien gérés qui plus est. Bokor ne rigole pas : la batterie est plus musclée que jamais (on verra même intervenir le double kick) et débroussaille sec, le chant alterne le rocailleux et les envolées claires avec une fréquence aussi inédite qu’inattendue, le riffing est lourd. Ca sent le virage serré pour les suédois, et quel virage…
Bokor surprend en musclant son propos tout en conservant sa capacité à enfiler les mélodies comme des perles au sein de son alliage recherché de Rock typé 90’s et de Metal : Oh glory in the void et ses montées progressives ou encore la très mélodique Varmint soul, par exemple, restent indéniablement dans la droite lignée du premier album, mais ont chacune ce plus ce petit surplus de puissance témoignant d’une maturité nouvelle.

S’appuyant sur une connaissance parfaite de ses classiques sur son premier album, Bokor se détache maintenant en toute logique de ces quelques glorieuses influences. Le groupe assume d’avantage ses envies et pousse plus loin son concept n’hésitant désormais plus à se graisser les cordes vocales (The Viral prophesies, Watching the western desert freeze), à buriner les tympans ou à allonger le bras jusqu’aux années 70 pour aller y gratter quelques cordes de son médiator tout en pianotant parfois sur un orgue follement psychédélique (Seven teeth playfair (out of the pit of oblivion) et Iesu from mattoroso, superbe morceau central d’un quart d’heure). En cela, Vermin Soul constitue un véritable pas en avant. Je vous laisse juger si le groupe l’effectue bien dans la bonne direction.
Toujours est il que les suédois prennent le risque de perdre en unité en allant ainsi s’ancrer de plus en plus loin de leurs (solides) bases et on peut aisément imaginer que l’album ne pourra rééditer la prouesse son prédécesseur... Pourtant le calcul « qualité constante + innovation – effet de surprise » reste ici largement positif quant à son résultat, et c’est peut être bien tout ce qui compte.

Plus dynamique et varié qu’Anomia 1, Vermin Soul fuse, flatte le tympan dans son alternance non convenue de riffs acérés et de passages progressifs sonnant d’une façon inédite, passe avec légèreté d’un plan à l’autre selon une logique qui lui est propre, maintenant ainsi l’oreille en éveil, tout en se voulant plus accessible (Watching the western desert freeze). Un joli numéro de funambulisme s’il en est, admirablement servi par un gros travail sur les guitares et par une voix, toujours aussi charmeuse, visiblement remise de l’attaque du virus M.J. Keenan (Tool, A Perfect Circle, Puscifer… quoiqu’il y ait pire comparaison) – Mosquito dreams mis à part. Le groupe en a encore sous le pied, cela se sent. Du coup, on leur en voudrait presque de ne pas laisser tout ce potentiel éclater une fois pour toutes...

Bokor progresse et s’affirme, réitérant son coup d’éclat à l’occasion de ce deuxième album en trois ans. Suite à une mise en jambe classieuse, le quintet tend la bride sur Vermin Soul pour mieux sauter le second obstacle avec brio. Le prochain se fait donc déjà attendre avec impatience tant les suédois, visiblement loin de naviguer à vue, semblent destinés à concourir pour l’Or dans les années à venir. Pièges évités et évasion réussie (encore une fois). Vivement la suite…

A écouter : Intgralement, celui-ci s'amliorant au fil des minutes.
17.5 / 20
11 commentaires (16.5/20).
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Anomia 1 ( 2007 )

Cela fait à peu  près un an que le premier effort de Bokor est sorti sans faire de bruit. Un an que cet album et sa sombre pochette sont là, disponibles, sans que l’on y ait prêté la moindre attention – ou presque. Pas assez de buzz sûrement. « Pas encore » serait on tenté de préciser.  Car en dépit du relatif anonymat du groupe, de sa contrée d’origine et du graphisme de ce premier album, Bokor n’a rien d’un énième obscur groupe de Métal Extrême tentant de marcher dans les pas de ses illustres aînés nordiques. Non Bokor ce serait plutôt le contraire. Un air de ne pas y toucher et une volonté de suivre son propre chemin pour une musique riche mais sans triturage de cervelle intempestif. Et pourtant…

Anomia 1 ne mettra que peu de temps avant de laisser une première impression marquante sur l’auditeur. « Crawl - The Sermons and Dreams of John Duncan Thunstall » ouvre sans aucun préavis l’album: guitares plombés, batterie énergique et gorge déployée pour un cri rageur, Bokor fait parler sa force de frappe d’entrée. Ca remue sec et si ce plan n’est pas de la toute première originalité il permet déjà de noter que le groupe sonne simple et direct. Et qu’ils semblent loin d’être des manchots. C’est propre et efficace, mais voila déjà que la guitare semble vouloir sortir de cette puissante introduction. Break: exit le Métal vrombissant, les musiciens semblent, tout en toucher, tisser une trame de fond pour les évolutions d’une voix qui nous revient claire et vibrante… Et là, quelque chose nous frappe. Une évidence. Ces intonations, cette musicalité… c’est Tool. Aucun doute possible, c’est Tool dans l’intention. Et c’est foutrement bien exécuté. Démarrage de haute volée pour album singulier où les plans s’enchaîneront avec une logique imparable sans jamais se ressembler tout à fait…

Bokor n’est sûrement pas le premier groupe que l’on compare, à tort ou à raison, aux géants américains tant ces derniers auront marqué le monde du Rock et été revendiqués comme influence majeure de moult formations depuis quinze ans. Mais pour une fois l’affiliation se fait d’elle-même tant elle est évidente. Cependant leur coté plus « classiquement » Rock et Métal les différencie de la formation culte à qui ils laissent l’exclusivité des escapades hallucinées. Bokor maintient son cap et ne se perd pas dans une vaine tentative d’imitation.
Outre ceci, ce qui fera sûrement la différence entre une nuée de groupes déjà qualifiés de Tooliens et Bokor, c’est qu’en plus de très bien pratiquer un Métal classieux et original, les suédois ont surtout ce qui fait probablement le plus la force de la bande à Maynard, et des grands groupes en général : ce coté insaisissable, voire inqualifiable et un univers avec ses ambiances propres. Aussi, ne serons nous pas surpris d’entendre quelque chose du grunge classe, tubesque et réfléchi de Soundgarden – voix de Chris Cornell comprise - (« Best trip », « Convert Into ») ou un solo très guitar hero (« Convert Into », dont l’introduction orientalisante n’arrange rien à l’éclectisme ambiant) au milieu d’un fourmillement d’idées constant. Mais le quintet nous fera aussi goûter au coté changeant et aux intonations vocales du maître Tool, au spleen post-grunge façon Jerry Cantrell et nous rappellera tour à tour Hurt (en mieux) ou encore Oceansize sans même choquer. Pire, l’album coule tout seul, incroyablement riche tout en restant accessible. Le genre de prouesse qui ne sera pas sans rappeler encore une fois les excellents britanniques d’Oceansize, autres habitués du trip ambiancé navigant quelque part entre Métal Toolien et Rock.

La musique décrite pourrait n’être en fin de compte qu’un vaste patchwork mais Bokor s’offre le luxe de synthétiser et de fusionner à merveille les composantes de sa musique afin de nous offrir bien plus qu’un joli alignement logique de poncifs de la musique Rock, tout aussi judicieusement choisis fussent-ils. Le groupe ne laisse d’ailleurs aucunement l’impression de vouloir fonctionner ainsi et sa musique garde une réelle fraîcheur tout au long de l’album. Bluffant.
C’est d’ailleurs peut être ce que pourra se dire l’auditeur au moment d’aborder un titre comme « Migrating », pièce maîtresse de l’album et morceau de bravoure de près de quinze minutes qui en paraissent, en fait, à peine la moitié. Un morceau transportant celui qui l’écoute  via ses multiples évolutions auxquelles on ne prête finalement attention qu’en second lieu. Encore une fois, pas de démonstration. Le groupe joue la musique pour ce qu’elle est. C’est juste beau et prenant. Evident même.

Un album d’apparence évident, peut être, mais inventif, riche et ambitieux sans être pompeux. Bref,  la grande classe. Bokor livre là un premier album discret mais essentiel qui mériterait grandement de décrocher une place parmi les références du genre. Assurément une des excellentes sorties de 2007.

A écouter : pour ne surtout pas passer cot.
Bokor

Style : Metal / Rock / Progressif
Tags : -
Origine : Suède
Site Officiel : bokor.se
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