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Biographie

Blood Red Throne

Projet death metal composé du guitariste Tchort (Emperor, apparitions à la basse dans Carpathian Forest) et Død (Daniel Olaisen, Scariot), Blood Red Throne nous vient de la sympathique bourgade portuaire de Kristiansand, en Norvège. Après avoir recruté Freddy Bolsø aux fûts et Erlend Caspersen à la basse, le groupe était prêt à en découdre.
Après une première démo en 2000 qui aboutit à une signature chez Hammerheart Records et un premier album, Monuments Of Death, en 2001, le batteur Bolsø quitte le navire, et BRT recrute Espen “Beist” Antonsen en 2002. Blood Red Throne sortira Affiliated With The Suffering en 2003, leur dernier album en collaboration avec Hammerheart Records.

Le death metal de Blood Red Throne se veut à la fois un hommage au death old school et un exutoire contre les pratiques chrétiennes extrémistes. Les compos du groupe sont denses et regorgent de riffs et solo assassins, les vocaux faisant quant à eux la belle part à la dualité guttural / criard.
Après quelques tournées en Europe, les Norvégiens retournent en studio et sortent en 2005 Altered Genesis chez Earache Records. BRT change de nouveau de batteur pour Anders Haave, qui participera à de nouveaux shows du groupe à travers l'Europe. 

En 2007 sort Come Death, qui achève de faire la renommée brutale et sombre de Blood Red Throne, et en 2009 sort Souls Of Damnation, accompagné d'un DVD pour fêter les 10 ans de carrière du groupe.

2011 voit le dernier album du groupe voir le jour: Brutalitarian Regime, dans la continuité de la discographie de Blood Red Throne.

Chronique

17 / 20
3 commentaires (16.33/20).

Brutalitarian Regime ( 2011 )

Attention les cervicales, les deatheux de Blood Red Throne reviennent en cette année 2011 avec un nouvel engin de guerre : Brutalitarian Regime. Et autant le dire tout de suite : ça va chier, encore plus qu’avant.

Bien que très bons, Come Death et Souls of Damnation s’étaient montrés quelque peu redondants à la longue, faisant stagner Blood Red Throne au rang de « bon groupe de death ». Les Suédois s’en s’ont aperçu, et ont décidé pour notre plus grand plaisir de mettre leurs grosses couilles sur la table plutôt que de continuer à se les gratter en regardant des films gores rétro à la télé. Brutalitarian Regime était né, et va sûrement aider BRT à faire parler d’eux. Poussant à l’extrême la formule que propose le groupe depuis plus de dix ans et ébarbant le superflu à la tronçonneuse, le Trône Rouge Sang va définitivement faire chavirer ceux que les précédents opus n’avaient pas achevé de convaincre.

Blood Red Throne nous avait également habitué à des riffs clairement calibrés pour le headbang violent. Eh bien échauffez-vous bien avant d’aller les voir sur scène car s’ils décident de jouer Brutalitarian Regime de A à Z, votre corps va être mis à rude épreuve. Tel l’ouroboros sanglant qui fait office de pochette, la rythmique alterne les gros aplats (Graveworld, aux airs de Slaying The Lamb sur Come Death, Proliferated Unto Hemophobia, le break incroyable de Melena) et les riffs serpentins qui auront tôt fait de vous prendre dans leur étreinte mortelle. Brutalitarian Regime se fend également de ponts et de solos vicieux qui viennent aérer les compos et rendre l’ensemble plus digeste qu'un album de death de moindre qualité ne pourrait le faire, comme l’attestent Graveworld ou la reprise de Pestilence Twisted Truth.

La production aux petits oignons (moisis) nous envoie un son gras et poisseux (les volées de triolets bourbeux de Games of Annihilation) au grain de guitare tranchant au possible (Trapped, Terrified, Dead) et à la batterie pachydermique, le tout restant assez audible pour nous faire profiter des terrifiants remous de la basse de Erlend Casperen (Decrepit Birth ; Brutalitarian Regime, The Burning, Eternal Decay, Parnassian Cacoepy). Au micro, Vald, fidèle à ses habitudes et sans vraiment se renouveler, nous délivre la dualité chant death guttural / criard.

On note aussi la constante du groupe: cette ambiance malsaine distillée plus ou moins subtilement (la jaquette vous en dira plus que moi), cette couche de « Mal » étalée sans retenue comme du Nutella sur tous les albums de ces assassins en puissance, cette ombre qui vous suit, prête à vous charcuter si vous baissez votre garde. Peut-être le passé black metal de Tchort (EmperorCarpathian Forest) vient-il hanter la formation les soirs de pleine lune ?

En clair, tout est fait pour flatter et le tenir éveillé l’auditeur en mal de chair fraiche. Cela est d’autant plus vrai que BRT semble avoir résolu l’équation dont les inconnues sont « nombre de pistes », « durée des pistes », et « durée totale de l’album ». A peine la toute fin de Parnassian Cacoepy commence-t-elle à nous fatiguer.

Incontestablement l’un des grands hits death metal de l'année.

A écouter : Graveworld, Trapped Terrified Dead, The Burning, Melena, Twisted Truth