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Biographie

Big Bernie

Big Bernie est un trio de math rock / progressif instrumental formé en 2010 qui nous vient tout droit de Dunkerque. A son actif déjà deux démos et un split avec Sandpipers en 2014, le groupe sort son premier long effort en 2016, Yersey, mixé par Olivier Delmer et masterisé par Colin Marston (Dysrythmia, GorgutsBehold The Archtopus...), et commence une tournée en juin de la même année, accompagné sur les routes par l'artiste plasticienne Marianne Lejunter qui en plus de s’être occupée de l’univers graphique du groupe et de la pochette de l’album, projette ses créations vidéos lors des prestations scéniques du combo.
La musique de Big Bernie est très complexe, oscillant entre un math rock complexe (Battles) et des influences rock prog 70's aussi diverses et variées que le King CrimsonYes et Can ou du rock psychédélique plus contemporain (Yawning Man, Tame Impala). Un pot pourri au résultat très intéressant, entre heavy, math rock et kraut-rock, qui leur permettra assez rapidement de tourner avec des groupes comme Mars Red Sky, ToTorroZenzile, Maserati, Glowsun ou encore Rien et Ed Wood Jr.

La recherche d'atmosphères et d'ambiances oniriques semble être la base de travail du trio qui n'hésite pas à composer, notamment Yersey, exclusivement autour d'un thème unique, en l'occurrence le thème des océans et de la navigation pour leur premier album. Un récit instrumental captivant, qui leur permet de draguer aussi bien les fans de math rock que les amateurs de psychédélisme ambiant. Un groupe certes jeune, mais qui ne manque ni de talent, ni d'ambition tant la qualité et l'originalité des titres est jusque là plutôt impressionnante...

Leur premier album sortira le 14 juin 2016, sur le Label "Uproar For Veneration Records" (UFV). 


Line up : 

Guitare : Paul Muszynski
Basse : Charly Millioz à la 
Batterie : Clement Glasset

Chronique

16 / 20
2 commentaires (17.5/20).

Yersey ( 2016 )

Petit surdoué en mathématiques musicales recherche copains pour tester ses équations à trois inconnues...

Big Bernie, ça pourrait s'arrêter là. Un groupe de math rock / prog de plus, qu'on oublie vite et qu'on range sur l'étagère du haut, celle qui prend la poussière, celle où sont entassés les découvertes du moment qu'on n'écoute jamais. Le math rock c'est sympa, la métrique atypique, les mesures asymétriques et les variations de signatures rythmiques, tout ça c'est fort intéressant, mais beaucoup s'y sont essayé, et peu en ont dégagé quelque chose de vraiment stable et pérenne. 
Seulement voilà, le p'tit nouveau de la cour de récré, c'est bien plus que ça...
Big Bernie est jeune, ambitieux, possède un master en algèbre option chaos, mais n'a pas oublié de donner un sens artistique à son cursus. Avec Yersey, leur tout premier effort après une démo et un split très math rock dans l'esprit (en compagnie de Sandpipers), Big Bernie semble avoir réfléchi, pris le temps de relativiser l'ensemble de ses expérimentations, et nous montre (en tout cas c'est un constat qui semble frappant quand on vient de digérer tout ce que le trio a produit) que les maths ne sont qu'un outil et pas une fin en soi...

Big Bernie, c'est tellement plus...

Yersey vogue en eaux troubles. Constamment. Très difficile à cerner, mais beaucoup moins à apprécier, les nordistes ne cesseront tout au long de cet album de naviguer entre territoires math complexes et rivages progs ô combien accueillants. A bâbord on salue Battles et toute la clique des savants fous, tandis qu'à tribord on dit bonjour à King Crimson, Tame ImpalaCanYes et bien d'autres... 

Joli bateau...

Sans tomber dans le revival ou la copie conforme, leur fil directeur se veut résolument tourné vers l'avant, vers la création, avec ce qu'il faut de plaisir coupable et de clins d'oeil plus ou moins évidents à d'illustres navigateurs du Rock, au sens large du terme. 
Après un rapide embarquement, Big Bernie démarre tout en douceur avec le bien nommé Départ, avec déjà cette mixité de sonorités particulières, à savoir un math rock racé et efficace, entremélé de textures prog tantôt psychédéliques, tantôt hypnotiques, avec juste ce qu'il faut de riffing un peu plus lourd disséminé ça et là, histoire d'être percutant et d'huiler les oreilles comme il se doit... 
A la fois original mais bien ancré niveau influences, le travail du combo force le respect, et tend à démontrer qu'en terme de musique progressive on peut très bien faire de l'ultra complexe sans tomber dans la branlette de manche automatique.
Un peu moins morcelées que sur leurs premières esquisses, et beaucoup plus progressives sur le fond, les compositions de Yersey ont toutes bénéficiées d'un soin énorme au niveau ambiances et atmosphères. Rarement une base de math rock n'aura été aussi bien enrobée, aussi bien rendue, aussi subtile et envoutante. Les développements et envolées musicales sont à tomber par terre (sérieux, Coup de Pince, quelle claque). Chaque partie a du sens, rien n'est superflu ni là par hasard, et la complexité est au service de la créativité, et jamais l'inverse. 

Océans, navigation et voyages oniriques en suspension, voilà les thèmes et couleurs mis en avant tout au long de cette pièce musicale, une invitation au voyage sur une frêle  embarcation qu'on a du mal à quitter une fois arrivé au terme, tellement les nordistes ont mis de coeur et d'âme à l'ouvrage. Le niveau technique est sacrément élevé, vous vous en rendrez compte bien assez rapidement ; les trois musiciens usent et abusent d'effets, de rythmiques folles et de superposition de structures, mais réussissent invariablement à retomber sur un plan catchy, un riff cinglant ou une mélodie captivante, c'est indéniablement là qu'ils sont le plus fort.

Et au milieu coule une basse...

Le trio est extrêmement bien équilibré, chacun se répondant ou se rejoignant avec une facilité impressionnante. Ces trois musiciens sont clairement dans leur élément, mais on ne peut que rester admiratif devant cette basse omniprésente, très souvent mise en avant et qui ne cessera d'arrondir les angles et de rebondir sur les structures de façon très élégante. Chapeau...

En définitive, un groupe à surveiller de très près, car si ce n'est la courte durée de l'effort et un léger manque de mordant par moments, Yersey a presque tout pour être un sans faute, à savoir une musique riche, alambiquée, mais aux intentions musicales limpides. 
Très très plaisant tout ça...