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Biographie

Beyond Creation

Beyond Creation est un groupe de Death Metal Technique originaire de Montréal fondé en 2005 par Simon Girard (Guitare / Chant), Dominic Lapointe (Basse - Augury, Nader Sadek), Nicolas Domingo Viotto (Guitare) et Guyot Begin-Benoit (Batterie - Brought By Pain). en 2007, Nicolas est remplacé par Kévin Chartré également dans Brought By Pain, ce Après qui permet au quatuor de bosser sur une première démo qui sort en 2010, puis surtout The Aura qui parait un an plus tard chez PCR Music. Mais il faut attendre la réédition en 2013 par Season Of Mist pour les placer sur le devant de la scène et même tenir tête à Obscura, The Faceless ou NecrophagistEn 2012 Guyot quitte ses fûts remplacé alors par Philippe Boucher (Chthe'ilist), puis le groupe tourne en compagnie de Napalm Death, Cannibal Corpse et Immolation sur leur tournée au Canada et aux Etats-Unis en 2013. Le quatuor revient en 2014 pour proposer Earthborn Evolution. Puissantes et complexes, leurs compositions rivalisent d’audace et de complexité, allant toujours plus loin dans leur concept de renouveau de l’Humanité. Ils tournent avec Ne Obliviscaris en Australie et Mors Principium Est au Japon fin 2014. Hugo Doyon-Karout (Brought By Pain) remplace Dominic à la basse en 2015.

16 / 20
5 commentaires (17.4/20).
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Algorythm ( 2018 )

Beyond Creation est l’exemple type d’une formation qui a déjà fait ses preuves dans un domaine mais qui doit néanmoins passer une étape pour ne pas stagner. Rien de simple quand on parle de Death Progressif, un genre avec des codes établis et une très forte concurrence, d’autant plus quand on s’est démarqué par une précédente production remarquable. Algorythm est donc une œuvre charnière dans la discographie des Québécois. Seront-ils à la hauteur de leur réputation ?

Le Death Progressif est par nature une musique de composition, de technique, de constructions rythmiques et autres éléments qui ne parleront que peu à l’auditeur qui souhaite juste apprécier un bon morceau. Chaque formation à sa formule pour rendre le tout digeste pour le grand public, celle de Beyond Creation est : une basse au premier plan, des riffs très aigus pour contrebalancer les ronflements de la basse, une batterie hystérique et un chant au growl très profond. C’est ici qu’Algorythm est intéressant : il intègre des éléments nouveaux dans cette recette pour en exacerber la saveur.

Tout d’abord un immense effort a été apporté aux transitions. Pour passer d’un plan à un autre il faut faire une transition au cinéma, il en va de même en musique lorsque l’on progresse dans les différentes parties du morceau. Dans le cas présent, elles sont remarquables tant elles apportent puissance, douceur ou simplement créativité à l’ensemble. Elles génèrent aussi un grand confort d’écoute et permettent de concentrer l’attention qui peut vite être mise à rude épreuve tant il y a à entendre. Si elles sont si efficaces c’est avant tout parce qu’elles sont portées par une batterie qui casse le rythme en permanence. Ces deux éléments permettent de laisser respirer l’ensemble tout en gardant une cohérence. Entre Suffrage et Mirage ou The Inversion illustrent très bien ce double effet rythme et transitions.

En supplément, la formule se transforme également aussi beaucoup dans l’approche globale de l’ambiance. Disenthrall introduit avec force l’album, A Travers le Temps et l’Oubli laisse la voix à un piano grandiloquent. On entend beaucoup de sons clairs dans les transitions ou intros comme dans Surface’s Echoes que n’aurait pas renié Tosin Abasi (Animals As Leaders) ou Ethereal Kingdom qui aurait pu faire croire à un mashup improbable entre Frank Zappa et une double pédale de Death Metal. In Adversity apporte même son petit côté Metalcore avec un riffing tranchant et brutal. The Afterlife vient clôturer Algorythm en lui apportant une touche de splendeur, entre son orchestration et ses mélodies magnifiques.

En bref, le pari est gagné de la part de Beyond Creation qui prouvent qu’ils sont non seulement capables de maintenir la qualité de leur production mais de lui apporter une touche d’innovation bienvenue. Sans faire de redite, les québécois se renouvellent et incrémentent de nouveaux éléments à leur style tout en conservant une technique et une composition irréprochable.

A écouter : Surface’s Echoes - Ethereal Kingdom - The Afterlife
17 / 20
1 commentaire (18/20).
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Earthborn Evolution ( 2014 )

Au commencement, il y a les ténèbres, ceux de l’esprit fermé, l’obscurité des yeux clos. Et puis la musique commence, sans concessions, brutale, pure. Earthborn Evolution vient éclater le noir, le remodeler et le transformer pour donner ce qui n’est rien de moins qu’un chef d’œuvre. 

Le dernier né de Beyond Creation est depuis sa sortie sur le haut de la pile de disques, il est en quelque sorte ce vieil ami vers qui on se tourne toujours quand ça ne va pas, le genre de personnes qui nous garantissent des moments d’exception à chaque rencontre. C’est donc à un album d’une ampleur terrible auquel on s’attaque aujourd’hui, qui nous marque pour toute une vie et qui finit par faire partie intégrante de notre paysage musical. 

Earthborn Evolution est un monument, une construction gigantesque dont les plus hautes fenêtres se trouvent bien au-dessus des nuages. Les compositions, sans commune mesure avec ce qui se fait dans le Death technique, sont si concentrées et si parfaitement agencées, qu’un seul de leur morceau pourrait remplir un album d’un autre groupe. Les limites humaines sont repoussées tant la virtuosité des musiciens semble infinie. Loin de rendre le tout illisible, la puissance sauvage des instruments ne laisse aucun répit, forçant l’admiration. C’est une fresque terrible qui défile dans notre tête, des couleurs et des images se mélangent à toute vitesse pour former un chaos délicieusement inextricable. Au moment où on ne peut plus suivre, où l’intensité est à son paroxysme, l’univers lui-même semble flancher, se tordre et bouillonner de l’intérieur. Ces transes sauvages à base de mélodies imparables sont jouées par des guitares hystériques qui cisèlent et sculptent chaque son avec une précision chirurgicale et la basse de Hugo Doyon-Karout qui insuffle à son instrument une vie propre, véritable monstre qui malaxe le son et le transcende pour un résultat incroyable. Poussé par une batterie au bord de la rupture, le rythme effréné auquel avance chaque morceau ne laisse pas le temps d’aligner deux pensées cohérentes. Et pourtant, c’est dans ces moments précis que se fait le calme, véritable soupape de sécurité, des plages jazzy viennent détendre l’ensemble (Sous La Lueur de L’Empereur) et permettent de reprendre une respiration avant de replonger dans le chaos. 
Les sentiments bruts semblent avoir été éjectés dans les amplis tant la subtilité et la sensibilité transpire au travers de chaque note, bien plus qu’un assemblage complexe il est ici question d’un bouillonnement intérieur qui devait sortir sous peine d’implosion. Ce n’est pas un vulgaire déballage de technique, c’est une œuvre artistique d’une grande finesse, preuve d’un groupe qui est déjà arrivé à maturité au bout de son deuxième album. Si The Aura avait marqué les esprits, Earthborn Evolution est une véritable révélation, un concept qui a été poussé bien au-delà de l’étiquette du Death technique sous laquelle Beyond Creation se place.

Earthborn Evolution c’est le calme et la tempête, l’œil du cyclone et l’ouragan : un chaos indéfinissable d’où est né un chef d’œuvre de premier ordre. Il n’y a aucun aspect sur lequel le quatuor ne brille pas, le groupe expose son talent à chaque note et chaque transition, nous plongeant dans une contemplation de ce qui sera nécessairement un des albums majeurs du genre. La scène metal québécoise peut être fière de compter dans ses rangs de tels prodiges, il ne fait aucun doute qu’ils sauront propulser leur art encore plus loin à l’avenir.

A écouter : Pour comprendre
Beyond Creation

Style : Death Metal Technique
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Origine : Canada
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