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Biographie

Ben Harper

Considéré comme l’un des artistes majeurs de la scène folk/rock internationale, le californien Ben Harper (Benjamin de son prénom), est en fait aujourd’hui bien plus que cela. En effet le jeune artiste - 37 ans à ce jour - joue une musique certes empreinte de ces deux influences (celle de Taj Mahal entre autres mais aussi Bob Dylan et... Bob Marley, deux artistes souvent repris en live) mais a su se forger un style hybride, ou plutôt ne se fixer sur aucun de ceux qu’il pratique. Apparemment au grand damne de certaines personnes, le lui reprochant parfois.
Folk, rock mais aussi reggae donc, gospel, blues, pop ou encore world music font partie du large éventail de styles entre lesquels cet artiste aux publics multiples jongle depuis maintenant plus de vingt ans (premier concert à 12 ans). Ben Harper a passé son adolescence au milieux des instruments du Folk Music Center, magasin tenu par ses grands parents contenant toute sortes d’instruments du monde entier aujourd’hui devenu musée et visible dans le clip de Better way. Il en profitera autant pour s’initier à l’art de la lutherie que pour pratiquer et tester les guitares qu’il réparait avant que cette deuxième activité ne finisse par définitivement prendre le dessus. On comprend alors aisément son goût pour La et les guitares, penchant doublé d’un talent certain.


La carrière de l’artiste métisse (au sens propre comme au figuré, l’artiste ayant des origines noir américaines, lituaniennes et cherokee) ne prendra réellement son envol que dans les années 1990, en 1992 pour être plus précis puisqu’il tournera alors avec Taj Mahal et Brownie Mc Ghee deux de ses mentors. La même année il enregistrera, avec Tom Freund, Pleasure And Pain  son premier vinyle. Au premier jet. Chose assez rare surtout pour un tel résultat et démontrant la spontanéité et la sincérité qui sont celles de Ben Harper. Il revient en 1994 avec ce que beaucoup considèrent comme son premier véritable album Welcome To The Cruel World. Très folk, cet album se démarquera des suivants par la quasi absence de percussions et son aspect très dépouillé où l’essentiel de la musique est le fait du seul Ben Harper, le plus souvent accompagné de sa Weissenborn (guitare slide, se jouant donc couchée sur les genoux), instrument qu’il affectionne particulièrement, avec lequel il se montre particulièrement habile et que l’on retrouvera régulièrement sur album comme sur scène. Entre ces deux premiers efforts Ben Harper fait un passage remarqué en France aux 15èmes Transmusicales de Rennes en décembre 1993. Ce concert, son premier hors des Etats-Unis où il reste encore dans la confidentialité, sera une véritable révélation pour bon nombre des spectateurs ayant assisté au show du californien et ils lui feront vite comprendre. L’artiste s’en souviendra lui aussi et garde d’ailleurs une certaine affection pour le public hexagonal qui l’accueillera toujours très bien. Fort de ces échos positifs et de critiques élogieuses Ben Harper va tourner par la suite avec des artistes comme, PJ Harvey, The Fugees, Neneh Cherry ou MC Solaar mais aussi jouer avec John Lee Hooker, Ray Charles ou Gil Scott-Heron pour ne citer qu’eux.


Tout s’accélère donc et Ben Harper enchaînera ensuite avec un nouvel album en 1995 : Fight for your mind qui reste dans la lignée de son prédécesseur, engagé, réfléchi et emprunt de douceur et de spiritualité. Puis viendront The Will To Live et Burn To Shine en 1997 et 1999 : deux albums bien plus rock où les incursions de guitare électrique se font de plus en plus fréquentes bien que toujours fermement enracinées dans un univers folk (que rappellent des chansons comme Two hands of a prayer, Jah work, Suzie blue…). Ces deux albums sont  enregistrés avec son groupe The Innoncent Criminals. On retrouve ici le coté engagé de l’artiste et de ses acolytes dans ce nom lourd de sens comme ils l’expliquent eux même : « C'est quelqu'un qui est catalogué comme un criminel, mais qui est innocent. De manière générale, le racisme est très présent aux Etats-Unis. De nombreux noirs sont considérés comme des criminels, alors qu'en fait, ils sont innocents. Je suis debout au coin de la rue et je suis arrêté à cause de ça. Je n'ai rien fait mais je suis noir, dans un quartier blanc. Qu'est-ce que je fais là ? Je suis un criminel. Notre nom vient de là. ». Suite à ces albums vient un premier double album live (électrique et acoustique) au titre énigmatique : le Live From Mars en 2001. Personne ne sait où il a été enregistré et le groupe ne s’est jamais montré clair sur le sujet. Cela n’a pas empêché cet album remarquable de trouver son public et de continuer à en conquérir un autre, toujours plus large.

2003 sera l’année de la consécration pour BHIC avec l’album Diamonds On The Inside et son fameux titre d’ouverture With my own two hands qu’il a été difficile de ne pas entendre à la radio à l’époque et où Ben Harper se laisse aller à ses penchants pour le reggae déjà perçus sur l’acoustique du Live From Mars ou encore en live pour les plus chanceux. Les textes sont comme à l’habitude tantôt positifs, tantôt engagés, tantôt plus sombres. Cet album est assurément son plus gros succès public et les singles classés en témoigneront.

Mais en bon touche à tout c’est avec un album de gospel enregistré avec les légendaires Blind Boys Of Alabama que Ben Harper reviendra en 2004. Là encore le succès est au rendez vous et There Will Be A Light arrive même à se classer premier des ventes en France durant quelques temps. Du jamais vu pour ce genre de musique. Cet album sera d’ailleurs suivi d’une tournée dont le concert à l’Apollo Theatre de New York, lieu hautement symbolique de la culture noire américaine sera enregistré puis édité en DVD (Live at the Apollo Theatre – 2005). Ben Harper est véritablement rentré dans la cour des grands et ça commence à se voir et se savoir.
En 2006, Ben Harper et ses Innocent Criminals nous reviennent avec le double album studio Both Sides Of The Gun, passé apparemment plus « inaperçu » que leur précédent, probablement par absence de titres étant totalement  des tubes radiophoniques en puissance, à mi chemin entre des sonorités plus proches des premiers albums et un coté plus électrique, définitivement pleinement assumé et maîtrisé par le sieur Harper. Cependant la tournée européenne en cours, souvent jouée à guichets fermés atteste du succès persistant de Ben Harper and the Innocent Criminals dont on se demande quel joli tour ils vont bien pouvoir nous jouer la prochaine fois.
Qui sait avec ce personnage atypique marchant à l’envie et à l’inspiration ?