Albums du moment
Pochette Quadra
Pochette Lokabrenna Pochette The Fallen Crimson
Chroniques
Pochette Hällas
Pochette Carnivore
Pochette Bloem
Pochette Sisyphus
Découverte
Pochette What's Hidden Devours

Biographie

Belle And Sebastian

Depuis leur création, en 1996 en Ecosse, Belle And Sebastian ont toujours été associée à une certaine idée cosy de la pop anglaise. A l'origine un projet scolaire de Stuart Murdoch et Stuart David, le groupe sort un premier disque, Tigermilk, cette année-là.
Avec l'arrivée d'Isobel Campbell (qui collaborera plus tard avec Mark Lanegan) et de Sarah Martin, Belle And Sebastian défend une pop de chambre harmonieuse, à double voix féminine/masculine. If You're Feeling Sinister (1996) et, surtout, The Boy with the Arab Strap (1998) scellent cette image de préciosité en même temps qu'ils permettent aux Écossais de se faire connaître.

Entre changements de line up et de label, allers et retours de ses membres, Belle And Sebastian devient majoritairement le projet de Stuart Murdoch, jamais trop pressé d'enfiler les sorties, évoluant perpétuellement entre nostalgie des mélodies passées et évolutions plus actuelles - comme en témoigne le dernier album en date, Girls in Peacetime Want to Dance.

Chronique

Girls in Peacetime Want to Dance ( 2015 )

Belle And Sebastian n'a peut-être jamais parlé d'autre chose que d'amour tout au long de sa discographie, son propos paraît plus évident que depuis quelques années. En un sens, Girls in Peacetime Want to Dance en est un prolongement évident, une ode à une nouvelle vie créative dont se sent investi Stuart Murdoch, le principal compositeur du groupe, après avoir été diagnostiqué d'un syndrome de fatigue chronique.

Virevoltant. Girls in Peacetime... œuvre dans le même sens que le film de Murdoch, God Help The Girl, récemment sorti : déroulant ses morceaux avec un entrain un peu gauche, le disque se veut porteur d'une énergie pop emplie de légèreté et d'insouciance après un ...Write about Love (2010) parfois lénifiant, globalement décevant. Les Écossais ont donc décidé de la jouer virevoltante, comme sur "Nobody's Empire" ou "Allie". Avec ce début pimpant et groovy, Belle And Sebastian compose à l'évidence en temps de paix et s'offre un break frais et étonnant. Au fur et à mesure, on comprend que de folles idées ont dû guider les compositions de Girls in Peacetime.... Tant bien que mal, il a toutes fallu les faire entrer dans une galette, et au diable l'homogénéité. Au fond, un bouquet de fleurs ne tire-t-il pas son charme du foisonnement de couleurs ? Peut-être, mais les teintes peuvent jurer entre elles et le bouquet devenir, de fait, trop garni.

Kitsch. Indéniablement, malgré ces différences, le disque a été travaillé - une habitude chez Belle And Sebastian, qui a toujours su se montrer délicat (If You're Feeling Sinister offrait une jolie bouffée d'optimisme, et on retrouve ici de beaux moments quand les mélodies suspendent leur vol - "The Everlasting Muse", "Play for Today"). Cependant, là où les choses semblaient auparavant se faire naturellement, Girls in Peacetime... donne souvent l'impression de vouloir en faire un poil too much. Les arrangements forcent le trait, quand ils font pas tomber le morceau dans un kitsch absolu ("Enter Sylvia Plath" et sa rythmique de vieux qui veut rentrer en club) ; un titre comme "Nobody's Empire" aurait gagné à laisser vivre sa mélodie sans que l'on focalise son attention sur les touches de synthés en arrière-plan. A force de faire le beau, Girls in Peacetime... lasse sur la durée. C'est bien un défaut que l'on doit aux jeunes amoureux que de vouloir toujours trop en faire. Belle And Sebastian a bien vingt ans, après tout.

Album ambivalent, pas toujours juste et parfois déroutant, Girls in Peacetime... n'en garde pas moins cette confortable nostalgie à laquelle mon esprit a associé Belle And Sebastian (la magnifique et rêveuse "Today (This Army's for Peace)" et ses voix entremêlées, "The Cat with the Cream" est un morceau qui possède la patte classique du groupe). Si ces moments se font plus épars, ils existent. Espérons que le groupe garde au moins un pied sur Terre, avant que l'ivresse du bonheur ne lui fasse faire trop n'importe quoi.