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Biographie

Being As An Ocean

C'est inspiré d'un Hardcore passionnel à la Defeater et de promesses à Dieu que naît Being As An Ocean début 2012 à Alpine en Californie. Joel Quartuccio (Chant), Tyler Ross (Guitare), Jacob Prest (Guitare), Ralph Sica (Basse) et Shad Hamawe (Batterie) sortent leur premier album, Dear G - D … à la fin de l'année chez Invogue Records. Celui-ci reçoit de bonnes critiques ce qui permet au groupe de tourner avec Counterparts, Hundredth et Liferuiner. Cependant, l'année suivante est liée au départ de Shad et de Jacob, alors remplacés par Michael McGough (Guitare / Chant - The Elijah) et par Connor Denis (Batterie - Sleep Patterns). Sous ce nouveau line-up qui leur inspire de nouvelles possibilités musicales, Being As An Ocean compose un nouvel album en 2013. How We Both Wondrously Perish voit le jour en 2014, toujours chez Invogue Records.

16 / 20
1 commentaire (13/20).
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Being As An Ocean ( 2015 )

Seulement un an après How We Both Wondrously Perish, Being as an Ocean revient avec un nouvel opus intitulé sobrement Being as an Ocean. Évoluant en principe dans un hardcore mélodique de belle facture, le groupe a décidé d'accentuer les passages plus posés et le chant clair. Pour quel résultat?

Le premier morceau Little Richie mixe chant crié et clair, passage en spoken words, le tout sur une composition finalement pas loin du screamo. Cette chanson donne le ton d'un album résolument plus mélodique, mais pas moins hargneux, en témoigne Ain't Nobody Perfect. D'une manière générale le groupe privilégie l'alternance entre passages énervés et moments plus calmes, par l'utilisation du chant clair et de riffs rock, et d'attaques hardcore en règle. Un morceau comme The Zealot's Blindfold en est le parfait exemple, idem pour Forgetting Is Forgiving The I un peu plus loin sur le disque. 

Avec de tels partis pris la musique de Being as an Ocean est plus accessible que jamais, ce qui ne signifie pas qu'elle soit plus banale. Le groupe réunit suffisamment d'éléments disparates pour accrocher l'auditeur. Sleeping SIcarii fait ainsi appel à des chœurs pour étendre encore un peu plus la palette. Par ailleurs les lyrics sont plutôt intéressants, évoquant notamment la violence paternelle dans Ain't Nobody Perfect ou la place de Judas dans les esprits de Being as an Ocean sur Judas Our Brother

Dans sa quête de sens, le groupe fait donc souvent mouche avec des paroles vraiment recherchées, un gros plus pour un album globalement homogène. Avec le spoken word utilisé de façon extensive, entre ombre et lumière, St. Peter s'avère à ce titre une autre réussite à l'actif de ce nouvel album. On apprécie également la rage contenue de The World As A Stage. Cette rage diluée dans le chant clair et le spoken words où les passages plus mélodiques n'en est pas moins un des points forts du disque, comme en témoigne le diptyque Sins Of The Father ...And Their Consequence qui revient encore sur le thème du père violent et de ses conséquences sur le fils. 

Being as an Ocean nous livre donc un bon album, varié dans ses approches, tant musicales que vocales. La profondeur des lyrics est un autre point fort du disque. En clair, une jolie réussite. 

A écouter : un album homogène
15 / 20
3 commentaires (16.17/20).
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How We Both Wondrously Perish ( 2014 )

On le sait, le cap du deuxième album est toujours crucial, que se soit pour le groupe bien entendu, mais également pour les auditeurs. Celui-ci est d'autant plus difficile à franchir quant il s'agit de succéder à un bon, voire à un très bon disque. Malheureusement pour Being As An Ocean, la suite de Dear G - D..., sans être une véritable déception, n'est pas complètement à la hauteur de nos attentes.

Notons en premier lieu que cette nouvelle création est différente de la première sur plusieurs points. Les postes de batteur et de guitariste rythmique ont changé, du coup, les rythmiques saccadées comme sur The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget ne sont plus à l'ordre du jour, les influences qui tiraient parfois vers le Metalcore se sont envolées, de même pour les aspérités d'un Hardcore émotionnel plus diluées en une sorte d'Emocore à chant clair relativement cliché. Il est clair que la venue de Connor Denis du groupe de Punk-Hardcore Sleep Patterns et celle de Mickael McGough du groupe de Post-Hardcore The Elijah ont bouleversé les compositions de Being As An Ocean. Ainsi, le groupe évolue désormais dans un registre plus codifié du Post-Hardcore / Post-Rock et on ne peut pas leur en vouloir d'avoir voulu éviter la redite, c'est tout à leur honneur, mais le problème, c'est qu'en chemin, ils ont aussi perdu une partie du sel qui donnait toute la saveur à leurs morceaux.

En contrepartie, Being As An Ocean a gagné en maturité. A l'image de la pochette, leur musique est plus posée, plus réfléchie, bien moins marquée par la fougue d'une Hardcore émotionnel abrasif. Joel Quartuccio cri moins, favorise toujours les passages en spoken word (The Poets Cry For More), mais délègue beaucoup plus la parole à Mickael McCough pour un registre uniquement constitué de chants clairs. Et c'est sans doute là qu'est le reproche à faire à ce How We Both Wondrously Perish, en user de façon quasi systématique comme beaucoup trop de groupes dans le genre alors qu'il n'y en avait pas besoin alors que Connor le dosait bien mieux sur Dear G - D... et avec une émotion sincère. Being As An Ocean évite de justesse de tomber dans la niaiserie ambiante (sauf la fin Natures digne d'une reprise des Poetic Lover), et d'une manière générale, l'album regorge de belles choses et joue toujours sur la corde sensible.

Il convient de garde cette idée en tête, cette ligne directrice d'un groupe qui compose toujours avec grâce, avec sensibilité que se soit dans les mélodies ici ou là (Mediocre Shakespeare ou L'Exquisite Douleur), les paroles qui serrent l'âme (Even The Dead Have Their Tasks : « Throughout the years, I've chosen a big family, And the weight of their absence, Has brought me more than once to tears, I wake from sleep violently, Only to witness those lives and faces, Disappear slowly behind me, (I'm drowning) » ) ou cette batterie / spoken word sur The Poets Cry For More) qui suivent les pulsations du cœur. On sent les ambiances travaillées, des bouts d'expérimentations qui siéent parfaitement à certaines rêveries (Grace, Teach Us What We Lack) l'ajout de claviers discrets (We Drag The Dead On Leashes) et de trompettes (Mothers) pour des teneurs plus calmes et rafraîchissantes. Mais Being As An Ocean garde cette part d'ombre, traite du combat contre la maladie (Mothers) libère sa colère (Death's Great Black Wing Scrapes The Air) et s'éloigne légèrement, par la même occasion, des thématiques chrétiennes qui unissaient Dear G - D....

Si à première vue, How We Both Wondrously Perish est déconcertant, c'est à force d'écoutes qu'il travaille au corps et à l'esprit et que l'on fini par apprécier cette nouvelle orientation musicale de Being As An Ocean. Même les chants clairs qui rebutaient finissent par convaincre et nous faire dire que l'on tient là un bon disque de Post-Hardcore. Car l'on sent l'application et l'envie à travers ces douze titres. Il ne manquait que le grand frisson.

17 / 20
4 commentaires (14.5/20).
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Dear G - D ... ( 2012 )

Je pourrai jouer la carte de la facilité en vous disant que si vous avez apprécié Hands ou Devil Sold His Soul, il y a de fortes chances pour que Being As An Ocean ne quitte plus votre platine pendant des semaines, devienne la bande son de vos journées et hante même vos nuits. Je pourrai aussi vous dire d'aller immédiatement visionner le clip de The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget dont vous n'en ressortirez pas indemne. La chronique pourrait se limiter à ces deux phrases, mais ce serait faire injure à ce groupe qui mérite qu'on en dise un peu plus sur eux.

Il n'aura fallu que deux clips pour que Being As An Ocean concentre tous les regards, accumule les vues, captive toutes les attentions. En deux morceaux, le groupe avait déjà remué beaucoup de choses, rendu fébrile de nombreux auditeurs en vue de leur premier album. Ils ont su toucher là où ça faisait mal. Et du bien. En soit, la formation californienne n'apporte rien de très différent qu'on n'aie pu entendre chez DefeaterPianos Become The Teeth et La Dispute, au détail près qu'il en propose une synthèse inspirée, sincère et passionnée entre Post-Hardcore, Emo, Post-Rock et quelques bouts de Metalcore dans les riffs et les rythmiques saccadées. Difficile de rester de marbre face à ces guitares célestes et pleine d'émotions qui s'entremêlent dans ses voix arrachées. Car c'est bien là le dessein du quatuor, provoquer les serrements au cœur, qu'on les trouve dans la pureté des mélodies, dans la beauté des paroles ou la fureur des cris. Avec effervescence, Being As An Ocean montre les crocs, brise les chaînes et construit aussi des titres agités avec Salute E Vita ou This Room Is Alive très Touché Amoré dans son application.

J'en viens maintenant à un point très important : les paroles. Neuf cas sur dix, j'en ai jamais rien eu à cirer de ce que pouvais raconter un groupe, mais Being As An Ocean n'est définitivement pas comme les autres. De ceux qui savent saisir l'auditeur, qui prennent aux tripes comme rarement. Parce que Joel Quartuccio a mis toute sa foi au service de sa plume. Et que l'on soit croyant ou pas, difficile de rester insensible à l'intensité de ces lyrics quelles soient clamées en spoken words, hurlées avec ivresse ou en chant clair divin. Par exemple « You see love's a funny thing the way it lingers in the mind. No matter what you do or the passing of time. That ember still glows for those lovers behind. No matter if it's well remembered. That light still shines. » issu de The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget. m'a tout particulièrement marqué, mais Dear G - D... possède beaucoup d'autres moments forts comme « I know should feel free, yet I continue to sing this sad refrain. I can't sleep and food has lost its taste; God, I'm so sick of this place. » sur This Loneliness Won't Be The Death Of Me ou « We are all your creation. You love us all the same. A father doesn’t sit idly by while his children are maimed. I’ve seen true grace. I promise you we will never feel the lick of those flames. » de If They'Re Not Counted, Count Me Out. Being As An Ocean incorpore même un discours éloquent de Mohandas Gandhi extrait de On God paru en 1931, à la fin du bienveillant It's Really Not As Complicated As You're Making It Out To Be.

Being As An Ocean est un coup de cœur tout particulier, de ceux qui n'arrivent que très rarement dans l'année. Il y a tellement de choses à dire sur cet album, mais ça serait gâcher son contenu de tout y révéler ici. Le plus important, c'est que Dear G - ... est un disque qui vient des tripes, qui vient du cœur, touché par une grâce providentielle. Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour saisir le propos de Being As An Ocean. Ne passez pas à côté.

A écouter : au moins The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget