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Biographie

Beastmilk

Beastmilk nous vient de Helsinki en Finlande. Formé en 2010 par Goatspeed (Guitare), Arino (Basse), Paile (Batterie) et Kvohst (Chant - Code, Dodheimsgard, Hexvessel), le groupe pratique un Post-Punk affûté bien loin des groupes de Black Metal précités. Leur musique serait en effet d’avantage à rapprocher de groupes comme The Cure, The Misfits ou encore Bauhaus dans son approche à la fois gothique et directe. Après deux eps sortis en 2010 et 2012, Beastmilk sort son premier album intitulé Climax en 2013 via Svart Records. Alors qu'un second méfait est en préparation, le groupe annonce subitement son split, suite à de nombreux désaccords avec Johan Snell (Goatspeed). Ses camarades décident de continuer l'aventure sous le nom de Grave Pleasures.

Chronique

17 / 20
3 commentaires (15.67/20).
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Climax ( 2013 )

Mathew McNerney, est un personnage fascinant. Quand il ne pousse pas le Black Metal dans des contrées inconnues avec ses anciens groupes que sont Code et Dpdheimsgard, il redéfinit les contours d'une Folk occulte et psychédélique avec Hexvessel. Et c'est sans parler de ses nombreux autres projets Black ou Death Metal plus ou moins en activités. Véritable touche à tout de talent, ici, le bonhomme s'éloigne pourtant largement des sphères du Metal avec un passionnant nouveau projet Post-Punk / Coldwave / Death Rock nommé Beastmilk.

Ecouter quelques secondes de Beastmilk, c'est déjà avoir une myriade de noms qui viennent à l'esprit, tous venants des années 70/80. Joy Division, The Cure, The Smiths, Killing Joke et The Misfits sont sans doute ceux qui s'imposent d'eux même et tant pis pour le name dropping sauvage. Les rythmiques martelantes à la Killing Joke, la basse froide et cinglante typiquement Joy Division, les influences gothiques et le son Coldwave de The Cure et l'incroyable voix profonde de Mathew perdue dans les caveaux d'un entre-deux Morrisey / Curtis viennent remplir le cahier des charges. En sus, les guitares tordues et puissantes rappellent leur origine nordique et soutiennent les ambiances horrifiques à l'aura Misfitsienne. Sauf que, derrière cette succession de noms qui vous feront penser à un vulgaire repompage des aînés, Beastmilk taille sa route avec un son propre où mélodies amères, ombres sinistres, rythmiques aigres et énergie envoûtante se côtoient.

Aussi impétueux qu'Interpol à son époque, Climax subjugue par le riffing aux réminiscences Black Metal de The Wind Blows Through Their Skulls, les guitares flamboyantes de Death Reflects Us, les clappements imparables de Love In A Cold World ou la mélancolie palpable de Strange Attractors. Ce serait sans compter la véritable prouesse vocale presque orchestrale de Mathew, décidément capable de chanter n'importe quel style de musique. Porté par des textes morbides ou grinçants (« oh what the future holds, there's no future » sur Nuclear Winter, le musicien propulse des titres à la froideur revigorante (« I could be your thoughts, I commit your murders, let me be your mind fucker »). Finalement, le tribal You Are Now Under Our Control résume bien, grâce à son titre, tout le pouvoir de Climax qui, mené par une écriture impeccable, ne relâche jamais son étreinte et captive tout du long de sa quarantaine de minutes.

Il en devient fascinant de voir à quel point Climax, est une sacré usine à tube. Tu peux prendre à peu près n'importe quel titre, tu es sûr de tomber sur un refrain qui te reste en tête toute ta foutue semaine de boulot. S'en est presque indécent. Pas un des dix titres n'est à jeter, gage de qualité plutôt rare sur la production toujours plus foisonnante de nos jours. De plus, sous ses apparats de musique séductrice et accessible dès la première écoute, Climax fait bien plus fort. Tu peux en effet réécouter l'album vingt fois avec toujours la même fraîcheur car les finlandais se maintiennent en parfait équilibre sur la corde raide de l'efficacité / simplicité. Beastmilk dévoile pourtant tout de suite sa ligne directrice mais prend garde à ne jamais trop être immédiat dans son approche, car ses richesses se découvrent progressivement. 

Beastmilk est encore un de ces groupes qui fait du neuf avec du vieux. Mais ils le font avec tellement de conviction et une envie de se démarquer de ce qui a déjà été dit que Climax devient un manifeste surprenant d'un Post-Punk paré pour conquérir le monde. Avec une sortie fin 2013 de chez Svart Records, dont on ne compte plus les excellentes signatures, cela parait plutôt bien parti pour. Aucun problème pour être accro, c'est de la bonne!