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Biographie

Beast In Black

En 2015, les Finlandais de Battle Beast se séparent du guitariste et membre fondateur Anton Kabanen. Celui-ci s'entoure alors de Yannis Papadopoulos (Chant), Mate Molnar (Basse), Sami Hänninen (Batterie) et Kasperi Heikkinen (Guitare) pour créer son nouveau groupe, Beast In Black. Un premier album, Berserker, sort en novembre 2017 sur le label Nuclear Blast Records.
En 2018, le batteur est remplacé par Atte Palokangas. Peu après, la formation s'attèle au deuxième opus, From Hell With Love, qui voit le jour en février 2019.

From Hell With Love ( 2019 )

C'est avec un Berserker encore tout frais à l'esprit que l'on se penche sur cette deuxième galette de Beast In Black ; un peu moins d'un an et demi entre les deux, c'est qu'on n'a pas eu le temps de s'en lasser. Et alors que From Hell With Love vient caresser nos esgourdes, deux constats assez contradictoires s'imposent. D'un côté, la première écoute donne cette impression pas forcément agréable que l'album se permet moins de libertés que son prédécesseur. Mais d'un autre côté, à y réfléchir, les plus ou moins Finlandais (le bassiste est hongrois et le chanteur grec) nous fournissent exactement ce qu'on pouvait en attendre, et ça marche du tonnerre (comment ça l'expression est périmée ?).

Soyons honnêtes, le petit pincement de déception aura beau s'effacer très vite, il n'en survient pas moins, au premier abord, en constatant que From Hell With Love va moins loin que son aîné. Moins heavy : où sont passés les passages hargneux que l'on pouvait rencontrer dans Zodd The Immortal ? Moins barré : pas d'« écart de conduite » à la Crazy, Mad, Insane, le combo semble désormais bien plus recentré sur son genre de prédilection. Moins démonstratif aussi, d'une certaine manière : musicalement, Berserker ne donnait déjà pas dans la technicité, mais Yannis Papadopoulos semblait bien décidé à exposer toute l'étendue de sa palette vocale (ou Kabanen composait de façon à la lui faire étaler, au choix) ; ici, il est toujours aussi doué et pertinent, mais on perd un peu de l'effet « Non, c'est lui qui chante ça ? » (coucou Blind And Frozen).
Enfin bref... Moins, moins, moins, mais s'il est vachement moins bien, il mériterait une vachement moins bonne note, non ? Parce qu'au fond, on reste avec quoi ? Du Heavy pas trop heavy mais pas trop soft non plus, qui n'hésite pas à s'acoquiner avec l'Europop et dynamisé à grands renforts de synthé (et c'est là qu'on va mettre un plus au lieu d'un moins : l'ancrage dans les années 80 est encore plus prégnant qu'il y a un an et demi) ? On n'oublie pas la power-ballade de rigueur, et hop, emballé c'est pesé ? Eh bien oui, c'est un peu ça, mais pas seulement, heureusement. Parce que Beast In Black connaît sa formule sur le bout des doigts, s'y donne à fond la caisse, et le résultat est là : chaque titre est un véritable tube en puissance, ceux qui ont été mis en avant par le biais de clips (qui eux aussi fleurent bon les eighties : From Hell With Love, Sweet True Lies) ou d'une lyric-video (Die By The Blade) tout autant que les autres, et le tout s'enchaîne sans jamais faiblir ni lasser. On évoquait la power-ballade ? Elle est bien là, au milieu de la tracklist, elle s'appelle Oceandeep, et elle peut paraître un peu simpliste, mais voilà : elle a de l'âme et parvient à s'autojustifier, loin des passages un peu mous et ennuyeux qu'on a par trop l'habitude de rencontrer. Et pour finir le disque, Beast In Black va jusqu'à s'approprier Killed By Death (de Motörhead) et No Easy Way Out (de Robert Tepper, un titre connu pour apparaître sur la bande originale du film Rocky IV ; on vous a dit que le groupe baignait dans les années 80 ?), les arrangeant à sa sauce pour proposer deux bonus qui ne dénotent pas.

Pour conclure la chronique de Berserker, on espérait un deuxième album de la même trempe. Au final, c'est un peu difficile à comparer, ne serait-ce que parce que l'effet "bonne surprise" est éventé. Mais à défaut d'être plus varié, From Hell With Love est au moins aussi efficace, et il a lui aussi de bonnes chances de rester un sacré moment dans les platines, et pourquoi pas de se rappeler à notre souvenir au moment d'établir les tops de fin d'année. Alors au risque de se répéter : que demander de plus ?

Berserker ( 2017 )

À l'heure qu'il est, j'aurais plutôt pensé chroniquer From Hell With Love, sorti depuis un peu plus d'un mois, histoire de coller davantage à l'actualité. Mais parfois, outre l'envie ou l'inspiration, ce sont des aléas tout bêtes qui font qu'on parle de tel disque plutôt que de tel autre. Une commande qui a pris un sacré retard, dans le cas présent, et me voilà à poser les oreilles une fois de plus sur Berserker. Il faut dire, la longévité de ce disque a de quoi surprendre. Nouveau groupe de l'ex-Battle Beast Anton Kabanen (qui en avait composé les trois premiers opus avant d'en partir ou d'en être évincé pour une raison X ou Y), qui plus est officiant dans une veine très similaire, j'aurais cru le « consommer » de la même manière : beaucoup d'écoutes pendant un mois ou deux, puis plus grand chose en attendant le suivant. Mais non, après plus d'un an, ce Beast In Black réclame encore ses tours de platine.

À première vue, la formule ne semble pourtant pas tellement différente de celle appliquée par Battle Beast, si ce n'est le timbre de voix (et accessoirement le sexe) du vocaliste. À savoir, un Power Metal efficace, qui rend hommage aux années 80 tout en jouissant d'une production moderne. Musicalement, la fine équipe n'a rien à envier à ses compatriotes, et côté chant, si le rendu est forcément différent, il n'empêche que le choix de Yannis Papadopoulos (rien à voir avec Rastapopoulos) est ultra pertinent et colle parfaitement aux morceaux en proposant une performance tantôt douce (Ghost In The Rain), voire dynamique tout en restant claire (le premier couplet de Blood Of A Lion, la prestation quasi-féminine assez impressionnante sur Blind And Frozen), tantôt officiant dans un registre semi-saturé plus heavy (Beast In Black, entre autres) proposant de belles envolées dans les aigus. À noter qu'à l'occasion, Kabanen vient également pousser la chansonnette d'une voix plus écorchée (tout particulièrement sur Zodd The Immortal - et oui, une petite lumière se sera allumée dans les yeux des amateurs, une partie des paroles est directement inspirée du manga Berserk de Kentaro Miura).
Mais le chant ne fait évidemment pas toute la différence. Au fond, Berserker est le témoignage d'une créativité décomplexée, qui se serait affranchie de ses contraintes, se permettant d'aller plus loin que par le passé, que ce soit dans un Heavy plus poussé, plus incisif (Zodd The Immortal évoquant les moment les plus énervés de Judas Priest) ou se lâchant dans une dimension Metal-Electro-Dance délurée (Crazy, Mad, Insane, qui par certains aspects rappellerait presque Amaranthe), en passant évidemment par les influences Hard Rock à synthé (le début de Eternal Fire a comme un côté Europe). Et le meilleur dans tout ça, c'est que la sauce prend, donnant un album varié tout en restant cohérent, ultra accrocheur et jamais lassant, même après de nombreuses écoutes.

Avec Berserker, Beast In Black frappait fort et juste pour un premier opus qui en outre semble résister au temps. Que demander de plus ? Un autre album de la même trempe, ce serait déjà bien, mais on aura sûrement l'occasion d'en reparler.

A écouter : Zodd The Immortal, Beast In Black, et tout le reste