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Biographie

Battle Of Wolf 359

Un des plus talentueux groupes de la scène screamo anglaise avec Kaddish et Crocus. Doté d'un patronyme inspiré par Star Trek, Battle Of Wolf 359 est originaire de Londres, actif depuis 2007 dans un emoviolence rafraichissant. Le groupe a sorti deux splits avec Singaia et Kaddish chez React With Protest. En 2009, The Death of Affect, premier album du groupe, voit le jour. Durant deux ans, Battle Of Wolf 359 a été à l'affiche du Cry Me A River Fest.

15 / 20
1 commentaire (15/20).
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Split avec Resurrectionists ( 2010 )

Sincèrement on se demande ou s'arrêtera Bow359. Après l'explosif The Death of Affect, paru l'an dernier, trois nouveaux titres moins dans une veine emo violence que celle à laquelle on était habitué mais à travers lesquels transpire une verve plus mélancolique tout en étant plus traditionnelle aussi, un peu comme les irlandais d'Easpa Measa. Sans trop forcer leur talent, les anglais jouent avec les harmonies pour nous offrir d'autres bombes où le déchet est rare, nous saisissant aux tripes avec conviction lorsque le chant de Sam se fait murmure ("Born into fire") pour achever de nous essorer avec un final ahurissant sur lequel les anglais donnent leur propre définition du punk. Groupe prolifique mais inspiré, aussi à l'aise dans les vagues de spleen que dans ses accès de fureur, Bow359 confirme avec ce split qu'il est assurément le groupe le plus intéressant du roster de React with Protest avec Kaddish et  June Paik, voire même le plus talentueux de la scène à l'heure actuelle.

Parallèlement Resurrectionists est loin d'être une formation de manches. Le style et la maîtrise ici paraissent plus assurés que sur le premier album, déjà excellent. Cinq titres pour nous plonger dans la tourmente, un vortex ou s'affrontent ondes de grind et d'emo violence pures, où la mélodie et la mélancolie n'ont quasiment pas droit de cité. Chez Resurrectionists le chaos est permanent, le groupe invoque un mur de flammes que se charge d'attiser le duo Lars et Sabine, de plus en plus sereins dans leur joute verbale, malgré des grawls toujours un peu dégueulasses comme sur "Traumtaenzer". Redoutable, certes, mais on notera également  la présence de quelques phases épiques ("XX") que le groupe serait inspiré d'exploiter davantage pour ressortir définitivement du lot.

Tracklist : 1. Rimba, 2. Born into fire, 3. Union* (Bow359 side), 4. Shein und luege*, 5. Momentaufnahm, 6. In der stille*, 7. Traumtaenzer, 8. XX (Resurrectionists).



 

A écouter : Rimba, Born Into Fire (Bow359), XX (Resurrectionists)
16 / 20
1 commentaire (16/20).
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The Death Of Affect ( 2009 )

L’Histoire du screamo depuis Heroin jusqu’à nos jours n’échappe pas à la sacro-sainte loi des cycles. L’heure actuelle est à l’emo-sunny et au ralentissement de la production scramz abrasive. De quoi donner du temps donc pour s’arrêter sur les quelques uns qui perdurent l’héritage du screamo à la dur.

Les split avec Singaïa et Kaddish avaient fait saigner quelques tympans. The Death Of Affect poursuit le travail de sappe et s’attache à énucléer les yeux fuyants, dans une violence inouïe et littéralement incarnée. Les notes glauques et froides de "Marty O.D." place l’auditeur en duel et le laisse savourer ses derniers instants de grâce. Avant que l’ampli vomisse sa foudre. D’un trait. Sur le tranchant sépulcral d’une musique qui emporte tout sur son passage. Dans la tradition d’un hardcore sans compromis,The Death Of Affect dégurgite un punk primaire et primal, agressif comme Union Of Uranus et crépusculaire comme June Paik. Rien que de l’ultra-violence crachée en postillon de haine, de la batterie suppliciée jusqu'aux cris-venins (Et là, il y a concours avec The Resurrectionists). Il faut l’entendre pour le croire. De partout pleut une rythmique pesante et destructrice, qui déblaie les chaussées et charge le macadam d’une secousse âcre et frénétique à la fois ("Surveiller", "Beneath The Paving Stones"). Au programme: De la douleur, de la douleur et de la douleur ; des deux côtés de la paroi. Et rien n'est épargner, jusqu'à la bestialité des riffs qui gueulent cette volonté toujours plus constante d’enfoncer le clou, de déverser une sauvagerie née du refus du quotidien dans un format entièrement dédier au cri et à la ruine. Il est probable que tu ne puisses pas parler de la violence sans avoir entendu cet album. Il est probable aussi que dans la forme et dans le fond Battle Of Wolf 359 soient les plus dignes héritiers d’Orchid.

Car à l’instar de leur compatriote Kaddish, à qui ils empruntent quelques breaks/riffs arpégiques torrentielles ("The God Particle", "Anfal"), Battle Of Wolf poursuit une idée plus qu’un son, une idée de résistance et de conscientisation exprimée à travers les références – inscrites dans le livret – que sont Adorno, Sartre, Marcuse ou Beauvoir, et une musique insurrectionnelle. En définitive, Death Of Affect est autant une expérience auditive qu’un manifeste politique. Et j’allais oublier le principal : le meilleur album screamo de l’année 2009.

En écoute sur myspace.

A écouter : derrière un bouclier et un mur en béton armé