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Biographie

Baths

Baths, c'est le nom du projet de musique électronique formé par Will Wiesenfeld en 2007. Né en 1989 à Tarzana, un quartier de Los Angeles, il étudie le piano très tôt, dès l'âge de quatre ans, mais abandonne à l'adolescence pour se consacrer à des recherches expérimentales qui lui permettront de former [Post-Foetus] et Geotic dans une veine plus Ambient. En 2010, il sort sont premier album avec Baths chez le label Anticon. Cerulean y développe une musique électronique entre IDM, Glitch et Pop. C'est trois ans plus tard qu'il revient avec un album différent de ses premiers travaux nommé Obsidian.

Chronique

15.5 / 20
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Obsidian ( 2013 )

Il y a trois ans, Will Wiesenfeld se faisait connaître sous le pseudonyme de Baths avec son premier album Cerulean à l'approche originale entre IDM, Glitch et discrets arrangements Pop plus surprenants, localisé quelque part entre Boards Of Canada et Panda Bear. Avec Obsidian, Baths explore de nouvelles tonalités, choisi une approche plus Pop, mais prend également une tournure plus noire et mélancolique.

En 2011, Will Wiesenfeld contracte une infection à l'E. Coli et resté cloué au lit pendant plusieurs mois. Angoisses personnelles, peur de la mort et pensées morbides font parti de son quotidien. Renforcés par ses recherches sur la peste noire et les visions de l'enfer à travers les âges, cet état d'esprit se reflète bien évidemment dans sa musique ornée d'une pochette qui n'inspire pas franchement bon augure. Obsidian n'est donc pas l'archétype du disque d'Electro dansant et positif. Sans être non plus un pavé massif et dépressif, Obsidian trouve le juste milieu en tirant les qualités de la roche dont il tire son nom, à savoir une pierre sombre et opaque aux multiples teintes, mais qui reflète la lumière. Cet album, c'est exactement ça : des zones d'ombres subtilement éclairées. 

Volontairement introspectif, cathartique même, devrait-on dire, Baths fourmille d'idées, brouille les frontières et ne les rend pas immédiatement assimilables. Il vous faudra plusieurs écoutes pour commencer à effriter cette obsidienne, mais c'est après détermination que l'on perçoit les finesses et les forces de ce disque. Les pistes s'enchaînent pourtant avec facilité. Elles gardent parfois une légèreté de ton et une certaine l'accessibilité que trouvait dans Cerulean, sauf que la chaleur et l'acidité d'avant ont été gommées au charbon. Les ombres occupent désormais l'âme de Will Wiesenfeld et pourtant, en parfait funambule, la musique trouve l'équilibre entre parties acoustiques et éléments électroniques (Phaedra). Un gros travail a été fourni sur les arrangements qui semblent s'imbriquer avec osmose, en témoigne l'ouverture Worsening qui assemble piano, guitare dissonante, beats déglingués, cliquetis électroniques et voix paisible.

Sur Miasmy Sky, Baths tente, avec réussite, le mélange d'une mélancolie Glitch rappelant I Am Robot And Proud et beats dansants et chaleureux à la Caribou, alors que No Eyes nous rentrera forcément dans la tête grâce à son refrain (And it is not a matter of, if you mean it / But it is a matter of, come and fuck me). Avec ce Obsidian il en faut peu pour que le mot douceur se transforme en douleur et c'est ce que symbolise au mieux No Past Lives au piano presque enfantin, mais aux rotations rythmiques de fin du monde avant que l'auteur ne finisse les nerfs à vifs, en pleur, à pratiquement hurler ses textes. Saississant! Même punition pour Earth Death encore plus abrasif qui édifie un autel à Burial. Un coup d'œil vers les paroles encore une fois (Come kill me / I see so alone) vous indiqueront les humeurs dangereuses de son auteur, même si Inter conclue le disque sur une note plus heureuse et légère, comme apaisé par la mise à nu effectuée.

Obsidian est donc une petite perle noire et brillante de cette année 2013. Certes, il est différent de Cerulean et pourra déconcerter les fans à la première approche, mais il est travaillé, intelligent et donne envie d'y revenir régulièrement. Baths y prouve qu'il n'est pas de ces artistes Electro / Pop éphémères qui tombent dans l'oubli après un premier opus remarqué. S'en est une certitude. Reste à lui souhaiter un parcours aussi long que créatif et inspiré.

A écouter : No Eyes, No Past Lives, Earth Death
Baths

Style : IDM / Electro / Pop / Glitch
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Origine : USA
Site Officiel : bathsmusic.com
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