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Biographie

Bastard Priest

Formé en 2001 en Suède dans le comté de Stockholm, Bastard Priest fait parti des jeunes groupes du renouveau du Swedish Death Old School. Après une première démo non commercialisée produite en 2007, les jeunes Inventor et Matt Mendoza sortent un nouvel effort tiré à 200 exemplaires chez Blood Harvest et Zombie Ritual en septembre intitulé Merciless Insane Death, couronné de réussite car déjà épuisé après seulement deux mois de sa sortie. Elle est rapidement repressée début 2009.

Chronique

16.5 / 20
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Merciless Insane Death ( 2008 )

Revival Thrash, New Wave Of Old School Swedish Death Metal ( sic )...c'est une tarte à la crème de dire que les retours en arrière vont bon train ces temps-ci. Le premier vient d'arriver au sommet et profite pleinement de sa gloire présente (Gama Bomb en mainstage au prochain Hellfest, c'est pas rien), et on lui souhaite (tout du moins aux meilleurs, comme les timbrés de Warbringer et pas les mous du genou d'Evile) de ne pas tomber trop vite dans les oubliettes médiatiques et la médiocrité artistique. En revanche, le deuxième commence à pointer le bout de son nez et vient tout juste de prendre l'ascenseur.
Grâce aux récentes publications traitant du death old school suédois et des stars d'alors qui le sont souvent encore aujourd'hui (Entombed, Unleashed, Dismember pour ne citer que les plus connus ), le genre est revenu sous les projecteurs, permettant ainsi à une jeune génération de prendre la relève. De façon pieusement identique à leurs prédécesseurs, à coup de demo K7 (ressortez vos vieux magnétos) et d'imagerie cradingue fleurant bon le mauvais goût gore de l'extrême 80's et l'absence de photoshop au profit des ciseaux et de la colle.
C'est dans ce tas qu'on peut trouver les deux jeunes loups, Inventor se chargeant des pelles et Matt Mendoza des fûts, de Bastard Priest. Tout un programme à la vue du nom, qui tranche par son parti prit du côté du brutal, du crue et du mal élevé, contrastant avec les productions metal modernes ambitieuses et complexes comme Neuraxis, Gojira ou Hacride.
La démo K7, anachronique objet de culte au pays du death bien gras, est composé de 5 titres, 4 compositions et une reprise, dont les titres exhument un vocabulaire qu'on aurait crut perdu 10 ans plus tôt : Under The Hammer Of Destruction, From Beyond, Merciless Insane Death ou encore Graveyard Sacrifice, autant de nuages de poussières qui reviennent de plus en plus au goût du jour.

Musicalement, Bastard Priest tient toutes ses macabres promesses. Dès le début, on sait que le duo ne fera pas de prisonnier. Tempo bloqué à fond de plancher et production graveleuse "à l'ancienne" (j'ai de plus en plus l'impression de faire la promo de la nouvelle moutarde de Dijon), c'est un véritable mur de guitare qui nous fonce droit dessus, rapide, tranchant et sans concession, on reconnaît immédiatement la patte suédoise par ce son si caractéristique gras et sombre. Côté chant là non plus aucune surprise. Caverneuse, glaireuse et éraillé, la voix d'Inventor nous remet en mémoire les vieilles gloires du swedish death, le talentueux L.G Petrov en tête dont son timbre est assez proche. Ses éructations sont remarquablement ponctuées des fameux "ourgh" popularisés par Tom G. Warrior  au sein des fameux et très à la mode par les temps qui court Hellhammer et Celtic Frost. Et si je vous dis que la batterie ne fait rien d'autre qu'assener un d-beat rageur et supersonique typiquement Crust, comme Tonton Carnage l'a fait avant eux, parfois ponctué de blast, je vois les plus exigeants d'entre vous s'étouffer de nausées. Assez, Assez, me criez-vous, on a comprit. Ce sont deux jeunes abrutis refoulant bien évidement la bière et la sueur qui nous balancent encore une fois une vieillerie de swedish death old school avec une dévotion quasi-fanatique aux limites du clonage. Le genre que "les amateurs apprécieront", mais que nous qui sommes devenu allergiques à la poussière à force d'aller traîner dans le grenier à papa ne pouvons plus supporter. Hé bien oui, vous avez raison. A ceci près qu'à la deuxième lecture, passé l'évidence suédoise, on devine une influence non négligeable de Black/Thrash, conséquence directe d'écoutes trop importantes de Sarcofago ou Hellhammer (ça commence à sentir l'océdar). Derrière tout ce fatras, l'influence Crust donne un léger côté Rock'n'roll au tout, incarné par l'ultime piste qui n'est autre qu'une reprise des compatriotes Crusty de Bombanfall, le tout en suédois dans le texte, qui ne dépareille pas avec le reste.

Alors oui, on peut trouver que Bastard Priest n'est qu'une copie ultra pompée sur tous les plans et trouver ça gonflant, mais il n'est pas possible de nier la grande qualité de cette démo tant en terme technique ( irréprochable des musiciens ) que musicale. On a beau avoir écouté ca des centaines de fois, pouvoir citer une palanquée de groupes qui font les mêmes galettes (ou K7) et trouver que le terme " New Wave Of Old School Swedish Death Metal " est d'un ridicule de haut niveau, on ne peut qu'apprécier la sacrée baffe qu'on se prend à l'écoute des œuvres de Bastard Priest et leurs consorts, dont on ne se lasse pas. Et qu'on espère que ca continuera, mais attention à l'overdose.

A écouter : tout, avec une prfrence pour Graveyard Sacrifice