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Biographie

Balgeroth

Balgeroth est le dernier projet en date de Thomas Gurrath, présenté comme une version germanophone de Debauchery. In Der Hölle Spricht Man Deutsch sort en juillet 2018, accompagné de son pendant anglais Enemy Of Mankind. C'est la dernière partie du tryptique "Trinity Of Blood Gods" démarré avec Fuck Humanity par Debauchery (qui contenait d'ailleurs la première apparition de Balgeroth avec le disque Menschenhass, neuf titres de l'album enregistrés en allemand), puis Thunderbeast par Debauchery Vs. Blood God.

Chronique

In Der Hölle Spricht Man Deutsch ( 2018 )

Ça fait des mois que cette chronique traîne. Sur un coin de brouillon, comme dans un coin de mon esprit. Ç'aurait pu être vite fait, mais l'album s'est fait délaisser plus vite encore, un peu comme sur les deux itérations précédentes de la "Trinity Of Blood Gods" mise en place sur les trois projets de Thomas Gurrath (Debauchery, Blood God, et celui dont on est en train de parler, Balgeroth). Il faut dire, il sortait quasi en même temps que le dernier Atrocity, alors difficile de lutter. Et puis il y a quelque temps, j'ai réécouté Kings Of Carnage, en y prenant toujours autant de plaisir que quand je l'ai découvert, et ça m'a interpelé. Parce qu'au fond, il n'est pas si différent de In Der Hölle Spricht Man Deutsch. Pas plus recherché, pas plus intelligent, plus ou moins les mêmes ingrédients, et pourtant, il était d'une efficacité monstrueuse là où les derniers opus s'écoutent sans remous, sans accroche. Alors j'ai eu envie d'y revenir, pour essayer de comprendre. S'ils ne sont pas si différents, pourquoi un tel écart dans le ressenti ? (Attention spoiler : si vous attendez une réponse formelle à cette question, vous risquez d'être déçus.)

Là, une voix me souffle : « Non mais la langue, c'est quand même une différence de taille. » Alors déjà, j'expulse cet intrus de chez moi, et ensuite je lui réponds (on pourrait objecter que je fais les choses dans le désordre). In Der Hölle Spricht Man Deutsch, en enfer on parle allemand, c'est sûr, ça nous change de l'anglais habituel. Mais l'argument ne fait pas mouche, du moins pas dans le sens où "c'est moins bien". Déjà parce que musicalement, ça ne change rien. Ensuite parce que Fuck Humanity (de Debauchery) et Thunderbeast (de Blood God, avec son disque en version Debauchery) n'étaient pas mieux. Et enfin, surtout, parce que Balgeroth a lui aussi son pendant debaucheryen fourni avec : Enemy Of Mankind, soit exactement les mêmes chansons mais dans la langue de Shakespeare plutôt que dans celle de Goethe (haha, évoquer Shakespeare et Goethe en parlant de Debauchery, c'est drôle non ?... non ? bon, on enchaîne). Et mis à part l'effort de ne pas traduire mot à mot (In Der Hölle Spricht Man Deutsch devient un Teutonic Hell plus adapté à ce changement), la V.O. paraît un cran au-dessus ; l'album étant spécifiquement conçu pour être en allemand, ça paraît d'ailleurs un peu logique. « Et la voix, pardi ! » Je réexpulse, et cette fois je n'oublie pas de fermer à double-tour. Mais là oui, ça tape un peu plus juste. Le growl est devenu moins profond, moins guttural, et ça se ressent. Effet du temps ou volonté de faire autrement, difficile à dire, mais l'impact est amoindri. Sauf que ça n'explique pas tout.
Allons lorgner du côté de la musique, alors. Oui, mais si on a déjà dit que c'était la même recette qu'avant ? Il faut croire que la sauce ne prend pas à tous les coups. Si Blutgott Blitzkrieg ou In Der Hölle Spricht Man Deutsch marchent pas mal du tout, on ne peut pas en dire autant du reste. Les morceaux plus rapides comme Schlachte Den Teufel ou Sternenkind manquent de mordant et passent sans qu'on y fasse vraiment attention, d'autres comme Jenseits Des Himmelstors ou Knochenheim ont de bonnes idées mais s'enlisent et donnent l'impression de traîner en longueur, et les plus mid-tempo (Blutmusik, Menschenfeind), quant à eux, voudraient reposer sur leur groove mais peinent franchement à convaincre. Dans l'ensemble, ce n'est pas mauvais, ne me faites pas dire le contraire. Pourtant, la formule a beau demeurer fondamentalement la même, ici ça reste simple mais ça loupe le coche de l'efficacité.

Voilà. Pour le coup, je ne suis pas sûr d'avoir répondu à la question de ce qui sépare Kings Of Carnage de ce dernier opus. C'est un peu comme la différence entre le bon et le mauvais chasseur, au fond (ou entre le bon et le mauvais Harde Rock, pour rester dans la musique) : ça se remarque tout de suite mais c'est difficile à expliquer. Ou alors restons pragmatiques : le bon, c'est celui qui a tendance à bouger de son étagère, et l'autre, c'est celui qui prend la poussière.

L'édition limitée contient un troisième disque, Götter Der Vernichtung, qui consiste en neuf versions Balgeroth d'anciens titres de Debauchery (autrement dit des réinterprétations en allemand). Ça s'écoute, d'autant que musicalement c'est encore ce qu'il y a de plus intéressant dans cette sortie. Mais marteler un passage en cinq syllabes quand il est prévu pour quatre, mine de rien, ça perd en impact. Davantage une curiosité qu'autre chose.

A écouter : Blutgott Blitzkrieg, In Der Hölle Spricht Man Deutsch
Balgeroth

Style : Death Metal / Death'n'Roll
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Origine : Allemagne
Site Officiel : https://www.blutgott.com
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