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Biographie

Author & Punisher

Author And Punisher est un one-man band créé par Tristan Shone en 2004 en Californie. Tristan est un artiste complet, doublé d'un ingénieur de talent. Il s'est illustré dans bon nombre de forums internet et de magazines en proposant des tutosriels pour créer soi-même des pédales d'effets, des contrôleurs midi et tout un tas d'autres outils et d'instruments audio. Il axe son projet musical autour des instruments qu'il met au point. Il baptiste ces derniers Drone et Dub Machines en fonction de leur usage. Elles fonctionnent sur le principe de l'open source.

L'aventure musicale démarre en 2005 avec The Painted Army qu'il autoproduit tout comme Warcry en 2007. Le label Seventh Rule Recordings s'intéresse à lui et sort Drone Machines en 2010 ainsi qu'Ursus Americanus en 2012 et Women&Children en 2013, puis en 2015 il rejoint Phil Anselmo sur son label Housecore Records pour Meik En Honing. Après l'ep Pressure Mine en 2017, Author&Punisher commence à se faire connaitre avec son mélange d'Indus / Drone / Noise / Doom Metal et c'est ainsi qu'il se fait repérer par Relapse Records pour la sortie de Beastland en 2018 et Krüller en 2022. Il fait notamment plusieurs dates en compagnie de Lingua Ignota en 2019.

Chronique

13.5 / 20
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Krüller ( 2022 )

Dans la série des choses qu’on n’a pas l’habitude d’entendre tous les jours, voici Krüller (plus fort dans la langue de Goethe). Sorti chez Relapse Records en février 2022.

On est sur de l'Indus / Drone avec des grosses ambiances Post, accompagnées de néons qui réalisent une performance de paraitre à la fois actuelle et de fleurer bon les années 80. Le tempo est généralement lent, les morceaux longs et on prend le temps de développer, de nuancer, de torturer et de savourer. Avec Tristan Shone, on est avec un compositeur qui prend le temps de poser ses ambiances et qui sait comment et pourquoi développer telle ou telle chose pour avoir l’effet et le rendu qu’il souhaite. On est donc un peu sur le même profil artistique que Damian Master (A Pregnant Light).

L'ensemble est plutôt minimaliste dans l’approche, donc plutôt dans l’air du temps. On n’est jamais submergé par un trop plein d’informations sonores comme c’est souvent le cas dans ces genres d’expériences si elles sont mal dosées. La plupart du temps on a une mélodie grave, une mélodie aigue, un rythme à base de samples industriels auxquels vient s’ajouter parfois une voix bardée d’effets pour rajouter une dimension dramatique et revendicative. Au niveau des sentiments évoqués on est quelque part entre le désir, le regret, la peine et le désespoir. Un cocktail très utilisé dans une partie de l’Indus et pas des moindres (coucou Nine Inch Nails) même si musicalement on n’est pas exactement sur le même créneau. Quoiqu’il en soit, c’est bien amené et ça s’imbrique parfaitement avec la forme musicale choisie par l’auteur.

On avance au fil de l’album dans des troubles qui s’enchainent, un peu comme si on avançait avec les radars brouillés dans une espèce d’endroit inhospitalier. On découvre au fur et à mesure que l’écoute avance, le décor qui nous entoure et on y observe des paysages dignes des meilleurs films post apocalyptique. Une ambiance de suspens et de doute est tangible à tout moment et c’est l’une des forces de de Krüller. La fébrilité d’une découverte incertaine et envoutante est au détour de chaque nouvel arc sonore.

Dans les points un peu moins bons on notera des samples peut-être un peu cheaps, ou trop archétypaux, surtout en ce qui concerne les percussions. Sur les poussées de chant, on observe parfois que l’artiste est à son plafond vocal. Ça ne rend pas mal, mais on sent que s’il le pouvait, il irait un peu plus loin et n’essaierai pas de rattraper comme il peut en superposant des pistes de chants harmoniques en complément. Comme au cinéma, quand on ne peut pas faire un plan séquence impressionnant, on fait quelques coupes au montage pour produire un effet qui vient palier à ce manque de talent brut. Toujours dans les points un peu moins bon, il n’est pas certain que Krüller soit le genre d’albums qu’on s’écoute et se réécoute tous les quatre matins par pur plaisir. C’est une expérience, un voyage. On peut se le refaire à l’occasion, mais trop souvent, on en perdrait la saveur.

On est quand même sur un album abouti, réfléchi et travaillé, avec quelques défauts certes, mais si vous souhaitez vous abandonner dans une ambiance et faire l’expérience d’un voyage en terre désolée, éteignez les lumières, plongez-vous dans Krüller et partez pour cinquante minutes intenses.