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Biographie

Ataraxie

Ataraxie est fondé à Rouen fin 2000 par Jonathan Thery (chant et basse) sur les ruines du groupe de black metal Reign Of Evil. Il s’entoure de Pierre Senecal (batterie), Sylvain Esteve (guitare) et Clément (guitare), ex-Reign of Evil, rapidement remplacé par Frédéric Patte-Brasseur. Le groupe donne alors dans une sorte de Death Black « doomisant », mais le style évolue rapidement vers un Doom  Death de qualité. Le groupe sort ainsi sa première démo The Other Path en 2003, qui est immédiatement acclamée par la critique.
Après de nombreux concerts locaux, le groupe se forge une jolie réputation et se joint aux grands du Doom, ouvrant aussi pour S.U.P ou rejoignant pour quelques dates le Doomination of Europe en compagnie de Morgion, Mourning Beloveth et The Prophecy, ou encore partageant l’affiche du Dutch Doom Day II avec Evoken et Desire.
Puis l’année suivante, l’album Slow Transcending Agony est enregistré sous la houlette de Kris Belaen (AbortedIn Quest, Pantheist…) et sort en Juin 2005 chez les japonais de Weird Truth. Le succès est immédiat et propulse le groupe au sommet de la scène Doom française et le place parmi les meilleures formations du moment. Un nouvel album est attendu pour 2007. Anhédonie sortira finalement en 2008, très bien reçu par la critique l'album permet au groupe de continuer son chemin. Bethlehem's Bastardes en 2009, Project X en 2011 et enfin L'Être et la Nausée en 2013, imposeront définitivement Ataraxie comme une valeur sûre du mouvement Doom Death. 



 

16.5 / 20
1 commentaire (17.5/20).
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Anhédonie ( 2008 )

  Avec la sortie de Slow Transcending Agony, Ataraxie s’était imposé d’emblée comme le pilier de la scène Doom française, sans que personne ne trouve rien à y redire. Trois ans plus tard, le groupe revient avec un nouvel opus, intitulé Anhédonie, qui était pour le moins attendu.

  Ataraxie a définitivement la classe. Classe comme la pochette du disque, belle par sa sobriété, comme l’était déjà celle du précédent album. Classe aussi par le nouvel esthétisme du groupe, qui s’affiche dorénavant costard-chemise-cravate sans paraître présomptueux le moins du monde. C’est plutôt l’image d’un groupe plus mûr, plus sûr de lui, davantage conscient de sa force qui est évoquée ici, et c’est exactement le cas sur cet album.

  Car oui, Ataraxie a progressé. L’effet de surprise a beau être passé, la recette a beau être à présent connue depuis le temps, il n’empêche ; ça marche toujours aussi bien. Sur le plan strictement musical, on évolue en terrain déminé, avec un Doom Death racé qui joue toujours aussi brillamment sur l’alternance entre accélérations Death Metal & descentes au enfers Funeral Doom (Silence of Death, Anhédonie) soutenu par un chant tantôt growlé, tantôt transformé en hurlements stridents reconnaissables entre mille (Anhédonie, Avide de Sens) –on sent par ailleurs l’importance qu’a Funeralium dans le perfectionnement de ce registre de chant. Néanmoins, même a ce niveau de petites innovations se font sentir avec l’apport d’un chant chuchoté voire même presque parlé (Avide de Sens) qui convient à merveille aux passages chantés en français (Walking through the land of Falsity), ce qui ajoute davantage encore de caractère à l’ensemble.

Parlons-en d’ailleurs, de ces passages en français. Sur ce disque, Ataraxie, qui mélange à nouveau chant français et anglais, réussi encore une fois à ne pas se vautrer, ce qui tient à peu près du miracle puisque, sans aucunement remettre en question la qualité par ailleurs réelle des textes, le français demeure une langue ardue à mettre en musique, d’autant plus avec ce type de sonorités. Or ici, le mélange prend aisément, et le cocktail est toujours aussi savoureux avec des paroles très noires qui collent parfaitement à l’atmosphère toujours aussi désespérée qui suinte de la musique d’AtaraxieJ’aimerais tant que cette réalité disparaisse dans l’effroi général/Et que toute cette pathétique humanité se noie en un onirisme lacrymal »).

Un ensemble pour le moins… noir donc. Bien sûr, on savait où l’on mettait les pieds, mais pour le coup ce n’est plus un simple pas dans l’obscurité, c’est carrément le grand saut et, à ce titre, le nom du disque est pleinement justifié ; car l’anhédonie, « perte de la capacité à ressentir des émotions positives et fréquemment observée au cours de la dépression et de la schizophrénie » règne en maîtresse absolue ici. Avide de Sens, piste colossale et touchante, se charge de synthétiser à merveille le propos du disque en resservant tous les éléments de l’album afin de constituer la meilleure des conclusions possibles à ce disque, celle qui suggère l’abandon pur et simple de celui qui s’enfonce lentement dans la folie. Ataraxie va mal, le contraste n’aura jamais été aussi vif entre son patronyme et sa musique, mais qu’importe, puisque à la fin « tout signe de vie s’efface et l’anhédonie prend place… »

Quoi qu’il en soit, avec Anhédonie les Hauts Normands livre une nouvelle perle et semblent en passe de tutoyer les sommets. L’album se place évidemment en tête des meilleures sorties Doom de l’année, et a priori rien ne pourrait l’en déloger. Décidément un grand disque.

Tracklist: 01. Origin, 02. Silence of Death, 03. Walking through the Land of Falsity, 04. Anhédonie, 05. Avide de Sens. Un medley en écoute .

A écouter : D'un bout l'autre
18 / 20
3 commentaires (18.33/20).
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Slow Transcending Agony ( 2005 )

  Nous sommes en 2005, et tous les doomeux sont occupés à décortiquer le monumental Antithesis of Light délivré par les seigneurs du Doom Death, Evoken pour ne pas les nommer. Ce que peu savent, c’est qu’Ataraxie, petit groupe français, après une démo plus que prometteuse et de nombreux concerts, prépare un album qui fera date dans l’histoire du genre. Cet album, c’est Slow Transcending Agony.

 

Step into the Gloom… Quel titre pouvait mieux convenir en guise d’ouverture à Slow Transcending Agony ? Car c’est bel et bien pas à pas que nous pénétrons dans le monde lugubre et torturé d’Ataraxie, portés par le rythme lancinant de cet instrumental qui se mue petit à petit en un ensemble terriblement oppressant et menaçant, comme annonciateur de la tempête à venir.
Tempête qui se fait déluge lorsque l’on saisit à quel point le groupe a évolué et progressé pour nous pondre un vrai disque de Doom Death, débarrassé de ses influences Black Metal qu’on ne retrouve qu'à la toute fin de l'album, dans un déchaînement incroyable de violence.
Déluge qui se fait maelström lorsque que l’on réalise que ce que l’on tient entre ces mains est un vrai joyau noir. Car n’ayons pas peu des mots : nous avons affaire ici au Doom Death dans sa plus parfaite expression, à savoir des parties mid-tempo proches du Funeral Doom entrecoupées d’accélérations typiquement Brutal Death Metal (Funeral Hymn, Another Day of Despondency), qui rappelleront tantôt dISEMBOWELMENT, Evoken, Mournful Congregation ou Morbid Angel.

Toutefois, la vraie originalité de ce disque provient du chant, car même s’il est en Anglais la plupart du temps, celui-ci ose proposer des passages en Français qui, loin de dépareiller, confèrent une certaine classe au groupe et contribuent grandement à l’atmosphère evil et désespérée qui se dégage de cet album, un peu à la manière de Worship (Je n’ai que faire de cet habit de chair qui me dégoûte, I’ll soon blow my brain out sur le morceau titre). Ataraxie est en effet le premier groupe de Doom depuis Worship à avoir réussi à incorporer des passages en Français sans donner dans le ridicule, et ce succès les places légitimement en chefs de file de la scène Doom en France.

Difficile de dégager un titre parmi les autres, car les cinq pistes figurent toutes au panthéon des meilleures réalisations Doom Death. Chacune d’elle prend tellement aux tripes qu’on ressort brisé de cet album, anéanti mais aussi admiratif devant tant de talent. Peut-être L’ataraxie est-elle encore plus parfaite que les autres, pic émotionnel de cet album et symbole de l’univers sans espoir dans lequel le groupe se complait (Je voudrais atteindre l’ataraxie que je mérite tant, l’absence d’émotions dans cette âme mourante, qui saura me libérer enfin de ces tourments). Car si l’ataraxie est « l’absence de troubles de l’âme », il s’agit indubitablement de l’âme d’un mourant tandis que son esprit glisse vers l’infini… en une lente en transcendantale agonie.

 

Ainsi Ataraxie marquera son époque en proposant un album parfait en tous points, qui surpasse Antithesis of Light, car rien ne peut stopper ce souffle cataclysmique qui ne laissera que cendres, telle la pochette de l’album.
Bien malin celui qui aurait pu prédire le raz-de-marée engendré par Slow Transcending Agony. Aujourd’hui encore, des questions restent en suspens : étions-nous réellement prêts à ça ? Comment est-ce possible qu’un tel album ait pu émerger d’un pays où la scène Doom en est encore à ses balbutiements ? Le débat reste entier, mais tout le monde s’accorde sur un point, au moins : Slow Transcending Agony est le meilleur album de Doom Death de ces cinq dernières années, et Ataraxie son meilleur représentant, aux côtés d’Evoken.

L'ataraxie est dispo en écoute sur le myspace du groupe.

A écouter : Pour rayonner de chauvinisme