logo Artas

Biographie

Artas

Artas fut formé en 2006 en Autriche, et compte actuellement cinq membre à son actif. Le groupe opère dans un métal thrash / death moderne flirtant avec les premiers Machine Head et Soulfly / Cavalera Conspiracy / Sepultura, que ce soit en terme de musique ou d'état d'esprit rebelle et dénonciateur.
Artas sort The Healing en 2008, album attendu comme le prophète censé renouveler les bases du métal, et Riotology en 2011, album dans la droite continuité du premier. 

Chroniques

Riotology The Healing

Riotology ( 2011 )

Tel un Children of Bodom des temps modernes, Artas fait porter à sa mascotte des vêtements de couleurs différentes pour chaque album. Sauf que cette fois, ce n’est plus sur des ruines fumantes qu’elle est représentée, mais bien en pleine ville, menant drapeau à l’épaule une troupe d’insurgés contre ce système qui nous opprime, mmmvoyeeeez ?

Avec Riotology, Artas pousse encore plus loin le concept de la musique fédératrice face à la tyrannie, la corruption, le capitalisme sauvage, le fascisme (Rassenhass, la haine raciale). Le groupe veut être la bannière sous laquelle se réunissent les gens opprimés venus de tous les horizons. Un coup d'oeil au nom des titres et on se fait rapidement une idée des paroles qui se veulent encore une fois accusatrices et dénonciatrices: The Day The Books Will Burn Again bien sûr en référence à l'autodafé perpétré par les nazis, Le Saboteur, No Pasaran!, réseau social antifasciste et anticapitaliste international... Et saluons encore une fois les efforts d'interprétation qu'a fait le groupe pour nous offrir des titres en anglais, allemand, espagnol, et français sur Le Saboteur! Une réel point positif pour les Autrichiens, mais on regrettera qu'ils aient abandonné le côté festif les refrains à gueuler à tue-tête (LOI LOI LOI LOI LOI!!)

Avec un concept fort qui pourrait être la preuve d’une certaine maturité, on pourrait se dire qu'Artas a évolué et a corrigé les défauts de son précédent pamphlet, The Healing. On pourrait aussi croire que c’est cette maturité que l’on retrouve sur le disque, notamment à travers une meilleure gestion de l’agencement des pistes, des hurlements mieux maîtrisés, un soupçon de mélodie fort appréciable mais pas encore suffisant (Fortress Of No Hope, The Suffering Of John Doe, les violons de Between Poets And Murderers)... Oh oui, Artas a vu les choses en grand, et a voulu faire de cet album un laissez-passer VIP pour la cour des grands, reniant ce bac à sable merdique qu’est l’underground. Le cœur y est, c’est sûr. Les tripes aussi, quand on voit la propreté de l’ensemble des pistes. Mais on ne peut s’empêcher de sentir une volonté de faire comme tous ces groupes en vogue qui proposent des accalmies faciles (« ballades métalliques »), aussi vulgaires qu'insipides. Ainsi, on est gênés à l’écoute de 05, Surrounded By Darkness We Are Able To See The Stars, ou encore du break de The Suffering Of John Doe. Pourquoi? Illustration:

No more tears for those that are dying
for those that are crying
We are soldiers born to fight
for a peaceful world.


Sérieusement ? On est chez Bullet For My Valentine là ? Ou chez Green Day (no offense)? Bordel on nous parle de revolution, de renverser des barrières, de tagger les murs, ça vole pas bien haut mais on se laisse doucement prendre au jeu, et là paf : un chant pour ado « rock » aseptisé digne de Ouïe FM qui passerait Lonely Day ou Nothing Else Matters. Du coup, le reste du CD passe nettement moins bien, on est beaucoup plus enclins à zapper dès que la voix clean se fait entendre, de peur de nouveau avoir à souiller nos oreilles sensibles avec des paroles niaises et mille fois entendues. Autant sur The Healing les titres plus calmes / moins rentre-dedans étaient corrects, autant sur Riotology, elles foutent vraiment les glandes. Et comme une réaction en chaîne, on se rabat sur les titres bourrins, qui constituent heureusement la (très forte) majorité du disque. Mais persiste le même problème que sur The Healing: les gros titres s’enchaînent mais ne décollent pas, ou peu (aucun solo), et surtout paraissent interminables et sont difficilement mémorisables tant ils se ressemblent: ce riff d'une platitude extrême de The Grin Behind The Mirror - Part 1, Ashes Of Failure...

Le constat est plus que mitigé pour ce nouvel opus d’Artas: on voit d’un côté qu’ils ont su prendre en considération quelques unes des critiques qui leur ont été adressées, mais de l’autre surgit le désir de gloire via une sorte de prostitution musicale comme on en voit de plus en plus. Peut-être est-ce du à la prise de conscience de leur potentiel que les Autrichiens ont voulu sauter des vitesses. Attention toutefois à ne pas caler.


A écouter : Fortress of No Hope, Le Saboteur
12 / 20
1 commentaire (12/20).
logo amazon

The Healing ( 2008 )

Défini ni plus ni moins comme le groupe annonçant la nouvelle ère du métal, Artas aura fait couler beaucoup d’encre lors de la sortie en 2008 de The Healing. Mixant allégrement death, hardcore et thrash, le « new metal » des Autrichiens fut aussi encensé que décrié. Que cache donc cet album à la pochette fort sympathique aux tons chauds représentant une silhouette aux allures Madame Mort qui porte un drapeau sur son dos?  Nouvelle ère du métal ? Ou réédition « sauce moderne » des œuvres des grands noms du passé? Sans plus tarder, un élément de réponse qui assouvira votre curiosité.

Autant le dire tout de suite : si les premiers abords de The Healing peuvent être charmeurs, quelques écoutes de plus vous donneront vite la nausée. 
« Rooh t’es un quand même un peu dur là Dafredz, ça tabasse sévère ! »
Ai-je affirmé le contraire ? Que nenni ! Comment ne pas succomber au jeu varié et implacable du batteur ? Aux riffs effrénés et inlassables des guitaristes ? Aux interjections des chanteurs (« OUH ! » « WEUAH ! »), qui naviguent entre punk, thrash et death et qui se payent le luxe de chanter en anglais et en allemand ? A ces « ballades métalliques » que sont Through Dark Gates et A Song Of Ice And Fire ? A la reprise de Gangsta's Paradise par Coolio ? Malheureusement, si la forme y est, ce n’est pas le cas du fond.


Comme a pu le faire Machine Head sur Burn My Eyes, les Autrichiens nous livrent un métal qui se veut couillu, révolté et dénonciateur, le tout avec un côté « street », preuve à l’appui avec les photos du groupe lorsqu’ils posent avec cagoules, écharpes autour du nez etc. La comparaison avec Machine Head s’arrête hélas ici. Car là où Burn My Eyes apportait, grâce notamment à son mixage, une musique violente, corrosive et haineuse, The Healing a un arrière-goût lissé, voire aseptisé, voire carrément uniforme, qui nuit à la crédibilité du disque.

Cela aurait pu passer pour un problème mineur si l’album n’avait pas été si long : 13 titres d’environ 4 :30 minutes en moyenne. Même avec les quelques accalmies suscitées, il est bien difficile d’ingurgiter The Healing de A à Z. Encore une fois, prises individuellement, les titres portent chacun leur lot de bonnes idées et se révèlent être entraînants, voire entêtants. On s’imagine déjà en concert en train de hurler les refrains de Barbossa, Kontrol, From Dirt We’ll Rise (presque tous les titres en fait). Mais le fait est que The Healing s’essouffle rapidement, et étrangement dès l’ouverture Barbossa, on sent que le groupe en fera trop. A qui la faute? Probablement à la lourdeur ambiante, à ce son d’avion à réaction qui a fait un arrêt dans nos écouteurs, au timbre de voix des chanteurs qui s’époumonent sans jamais nous faire vibrer plus d’une seconde. Le facteur « prise de risque » égal à zéro y est lui aussi sûrement pour quelque chose.

Peut-être est-ce tout le tapage médiatique qu’a créé The Healing à sa sortie qui ne rend la désillusion que plus mordante. Peut-être la note aurait-elle été moins sévère si Artas n’avait pas été érigé en Messie censé révolutionner l’art métallique. Le fait est que les Autrichiens vont devoir plancher dur pour relever le niveau et proposer quelque chose d’un peu moins prévisible et un peu plus burné, merci d'avance!

A écouter : Barbossa, The Healing, Blut, Gangsta's Paradise
Artas

Style : Thrash / Death / Hardcore / Punk
Tags : - -
Origine : Autriche
Myspace :
Amateurs : 2 amateurs Facebook :