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Biographie

Art Of Burning Water

Bien que le premier album de Art of Burning Water soit sorti en 2006, le groupe n'en est pas à ses balbutiements. En effet, c'est en 2001 que ce trio anglais a décidé de se lancer avec comme principe fondamental de tout faire par lui même. Dans cette optique, The Voyage of the Pessimistic Philosoph : An Ode to Believers of the Prevailing Law of Sod, sort sur SuperFi Records et House of Stairs, le propre label de Art of Burning Water. Il faut attendre 2010 pour pouvoir jeter une oreille sur le second opus du combo, Love You Dead, qui sort sur le label français Swarm Of Nails.
Musicalement parlant, le combo s'oriente vers un sludgecore agressif, sorte de point de rencontre entre Taint, Keelhaul et The Melvins.

Love You Dead ( 2011 )

Hardcore Noisy et grésillant, un brin de Converge que l'on a connu sur Petitioning the Empty Sky avec ce chant éreintant (toutefois pas aussi nasillard que chez Coleman), une succession de riffs dénués de raison soutenue par une base rythmique solide et encore plus déchainée que le reste : Art Of Burning Water joue sur un terrain connu et ratissé depuis un bail. Pourtant, loin de nous faire un bis repetitas insipide avec Love You Dead, le combo a les crocs, joue gros, gras et fort, comme il a su le montrer sur The Voyage of the Pessimistic Philosoph : An Ode to Believers of the Prevailing Law of Sod
Love You Dead peut, en l'apparence, emprunter énormément à Converge, mais l'incorporation de plans totalement sournois et des compos efficaces et intelligentes lui évitent de se perdre dans le sillon des Américains. Ce nouvel opus a un monstrueux potentiel qui est dévoilé au fil de l'eau, même si la succession finale "Whitman, Price and Haddad" / "Nicaragua" (où l'on retrouve la structure du dernier morceau de The Voyage of the Pessimistic Philosoph : An Ode to Believers of the Prevailing Law of Sod) reste le passage le plus destructeur de l'album, sans pour autant souffrir d'un tempo effréné comme les précédents titres. Un peu à la manière d'un Haust, en néanmoins plus massif, Art Of Burning Water joue sur un Hardcore teinté de black, même si ici le cocktail s'avère plus orienté vers les racines punk.

Avec Love You Dead, Art Of Burning Water se la joue purement malsain ("Hüsker dü happiness?"), ivre de fureur ("Only Choking") ou colère froide ("Nicaragua") avec pourtant des compos qui ne se cantonnent pas à un vaste grésillement entre deux coups de cymbales. Une seule écoute du titre "Tapdancing on Landmines" (avec des plans hargneux au possible) devrait sans peine vous convaincre.

A écouter : Tapdancing On Landmines - Nicaragua - Only Choking

The Voyage Of The Pessimistic Philosoph : An Ode To Believers Of The Prevailing Law Of Sod ( 2006 )

Dans un souci DIY jusqu'aux bouts des ongles, Art of Burning Water aura pris son temps pour poser la première pierre d'une discographie démarrant en trombe. Avec son superbe artwork signé Yunicorn, ce brulôt nourri par le venin de Keelhaul, une assise rythmique implacable façon Taint et une interprétation sauvage très hardcore dans l'esprit, est un véritable confirmation de la montée en puissance de la scène sludgecore et la révélation d'une formation bien décidée à exprimer avec fureur sa vision de ce bas monde. Une vision pessimiste élégamment introduite par une courte plage faisant place à un violon déchirant, inquiétant et désespéré annonciateur d'un cataclysme inexorable.

Mené par un batteur tentaculaire empilant à chaque frappe de son jeu tribal et puissant les briques fondatrices d'un mur sonore agressif et virulent, Art of Burning Water enchaîne des morceaux brefs et pachydermiques dépassant rarement les 2 minutes et déversant sans concession aucune une rage dévastatrice. Les riffs bien pensés apportent énormément de variation à l'ensemble et permettent à chaque morceau d'attirer l'attention par leur inventivité en plus de coller une claque par leur puissance de feu. On retiendra ainsi le groove renversant de "Like Two Pigs Rotting (Last Guys Finish Nice)" ou le véritable hachoir musical qu'est "Standing Jubilantly Beneath the Sword of Democles" .
D'une manière générale, Art of Burning Water ne laisse que peu de place au chant mais ce dernier apporte beaucoup de relief lorsqu'il intervient. Oubliez ici les habituels vocaux gutturaux associés au genre et pensez plutôt aux tirades hardcore à la Jacob Bannon (Converge). De prime étonnante, la tendance ne confère que davantage de personnalité et de cachet à l'ensemble et devient au fil des écoutes un des attraits principaux, sous réserve d'apprécier les étirements peu académiques de cordes vocales. En guise d’aboutissement et pour démontrer qu'ils sont capable d'aller plus loin, le trio conclu par un long et superbe morceau neurosien traçant sa voie entre sludge aérien, chevauchée épique et distorsion électrique.

Servi par une production de feu conservant toute la rudesse du son, ce premier pas de Art of Burning Water place la barre très haut et les inscrit comme une  référence du genre. Espérons seulement que moins de 5 années leur seront nécessaires pour donner une suite !

A écouter : Standing Jubilantly Beneath the Sword of Democles - Like Two Pigs Rotting (Last Guys Finish Nice)