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Biographie

Archive

Le parcours d’Archive est, en bien des points, chaotique et instable. Né en 1994 autour de Darius Keller, Rosco John, Danny Griffiths et Roya Arab, le groupe sort Londinium en 1996 mais les tensions internes et certaines difficultés avec leur maison de disque les amènent à splitter. Darius et Danny continue malgré tout avec une nouvelle chanteuse, Suzanne Wooder, s’éloignant du trip hop originel pour se rapprocher de la pop mais là encore, Take My Head, sorti en 1999, sonne comme un échec pour le groupe. C’est lors de cette période que Craig Walker (ancien chanteur de Power Of Dreams) intègre le groupe, remplaçant Suzanne au chant. Le trio est enfin réuni et donne naissance à un monument : You All Look The Same To Me sors en 2002 et est défini par le groupe comme ce qu’est enfin Archive. Entre trip hop, électro, rock et pop leur musique est sombre, mélodique, hypnotisante, grandiose … Les critiques sont unanimes, ce troisième album a beaucoup du chef-d’œuvre. En 2003, sors la bo de Michel Vaillant qui, même si à mes yeux reste encore très loin de You All Look The Same To Me, conforte Archive dans un statut de formation à part … Souvent comparé à Pink Floyd ou encore Radiohead, le groupe a su construire un univers et un style qui leur sont propres. En avril 2004 paraît Noise qui encore une fois ne parvient pas à convaincre l'ensemble du public. Aujourd'hui, de la formation originelle ne demeure que Keller et Griffiths qui se sont entouré de nombreux musiciens et vocalistes pour mettre au monde leur dernier album : Lights.

Chroniques

Noise Unplugged
17.5 / 20
2 commentaires (17/20).
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Noise ( 2004 )

Archive est de ces créatures que l’on ne domine pas dés les premiers instants, l’apprivoiser nécessite que l’on s’y consacre, que l’on plonge sans retenue parmis cet amas de boucles, boîtes à rythmes, claviers, guitares et voix entrelacées dans une logique d’agression de la fibre sentimentale. L’assaut n’est pourtant jamais violent, au contraire : les tympans jubilent, les neurones s’agitent, bercés ou excités … pourtant je suis touché avec une précision déstabilisante et me retrouve flottant dans des eaux que je ne suis pas habitué à explorer. Là où You All Look The Same To Me avait de loin atteint cet objectif, Michel Vaillant m’avais légèrement laissé sur ma faim. Il m’aura fallu attendre Noise pour qu’elle soit enfin pleinement satisfaite. Bien plus énergique, bien plus pop également, il possède une intensité différente de celle des précédents efforts mais n’en reste pas moins un rejeton d’Archive, identifiable au bout de quelques instants et en tout point. Moins complexe, souvent plus accessible, chaque éclat est un vrai délice auditif.
Pour les novices il suffira de s’arrêter sur un Fuck U au chant fluide, refrain entraînant, sphères électriques jouissives, breaks surprenants … tout est réunis pour séduire, reste à ne pas se montrer trop hostile à cette identité particulière au groupe. C’est peut-être plus avec des titres dans la veine de Waste que je trouve la matière pour étancher ma soif mélodique : une intro entièrement tourné vers la pop, aux limites de la ballade, les minutes passent, une rythmique inquiétante voit le jour, la machine s’emballe, la voix se pose (s’impose même …) poursuivie par une meute de claviers rageurs rabattus par de discrètes et subtiles guitares … à savourer les yeux fermés, les attributs auditifs grand ouverts.
Archive n’œuvre pas dans la sobriété mais n’a pas pour autant recours à d’illusoires artifices pour charmer. Sleep laisse rêveur par cette superposition de nappes de sons empruntant autant à des territoires électroniques qu’organiques. De cette fusion naît un hybride, détourné des clivages entre genres, à la croisée de trajectoires parallèles ; un paradoxe aussi savoureux qu’intriguant, saisissant avec forces mes entrailles. Cette facilité à contourner les règles et normes, à détourner les regards et attirer l’attention me laisse rêveur. Du très électro Pulse au doucereux mais troublant Love Song (ici encore le groupe prends un malin plaisir à briser la mélodie, à la salir avec talent et saturation pour creuser au plus profond de nous même …), un seul pas est à franchir. On ne se surprend jamais lassé par les compos, tellement absorbé par les notes on ne distingue à aucun moment une seul trace d’ennui.
On se pense à tout instant maître de la créature, capable de dominer chaque recoin et parcelle des mélodie et rythmiques. Pourtant, force est de constater que le contrôle nous échappe, Archive va bien plus loin que l’on aurai pu l’imaginer et le prédateur se retrouve proie. Je n’ai jamais pris autant de plaisir à me faire dévorer …

A écouter : Fuck U, Waste, Sleep, Pulse ...
14.5 / 20
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Unplugged ( 2004 )


Archive a profité de la fin de l’enregistrement de Noise pour nous offrir un live d’un concert accoustique en privé. Et il en ressort Unplugged. La galette vaut le coup d’œi, voire un peu plus. En effet, peut-être même séduira-t-il les sceptiques ou les déçus de Noise, comme ce fut mon cas.
L’ambiance est confinée, Archive reçoit en petit comité avec Craig Walker au chant et à la guitare ainsi que Steve Harris (guitare) et Darius Keeler au piano. On retrouve avec plaisir des nouvelles versions de Fuck U, Noise ou Sleep, très épurées : la voix de Craig Walker frise à chaque instant avec le faux et le naisilliard (avec pour point paroxismique ses envolées sur Me and You ; à croire que le mixeur avait des bouchons dans les oreilles ce jour-là) ; mais la mélodie des titres prend du relief dans la simplicité. Là où Archive était passé à côté de superbes titres dans Noise, Unplugged leur redonne tout un potentiel. Le piano sur Conscience est d’une tristesse qui n’a d’égal que sa beauté et par desssus lequel le chant trouve sa juste position. Les petits plus d’Unplugged sont d’une part, la montée sur scène de Bruno Green (Santa Cruz) pour l’interprétation de Game of Pool qui s’intègre parfaitement à l’ensemble de la galette dans son esprit stoner rock ; et d’autre part, Archive qui reprend Girlfriend in a Coma de Johnny Marr (The Smiths) et de Steven Morrissey. La recette magique d’Unplugged réside sans doute dans son esprit « familial » et dans la courte durée des interprétations. On sentirait presque l’odeur du feu de bois et des saucisses nous chatouiller les narines tout en faisant revivre différemment le fantastique Goodbye. Bref, on pardonne à ce cher Craig de ne pas être une fine fleur du chant tant l’accoustique sied aux titres d’Archive (idéal pour emballer cet été !).
Il en ressort un bon album accoustique pour l’été qui revient mettre du baume au cœur après un Noise décidément pas à la hauteur de You All Look The Same To Me et de son regretté Again.

A écouter : Fuck U, Noise, Game of pool, Girlfriend in a coma