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Biographie

Apostle Of Solitude

Apostle Of Solitude se forme à Indianapolis aux Etats-Unis sur les cendres de The Keep en 2004 autour de Chuck Brown (Guitare / Chant, The Gates Of Slumber), Corey Webb (Batterie) et de Brent Mclellan (Basse). Paul Miller (Guitare) se greffe peu après mais part rapidement, laissant la place à Justin Avery. 2005 voit la sortie de la première démo du groupe. Après quelque temps passé sur la route et les planches, la formation sort un ep, Embraced By The Black, à la toute fin de l'année 2006. Le premier album du groupe, intitulé Sincerest Misery, voit finalement le jour fin 2008, chez Eyes Like Snow Records, la branche Doom Metal de Northern Silence Productions. Il est suivi en 2010 de Last Sunrise, qui a la lourde tâche de succéder à un disque acclamé comme l'une des meilleures sorties du genre depuis une dizaine d'années.

Après deux splits en 2011 avec Dawnrider puis Rituals Of The Oak et The Flight Of Sleipnir, le groupe se sépare de Justin Avery et fait venir Steve Janiak (The Gates Of Slumber) à la guitare et au chant. Bob Fouts (ex The Gates Of Slumber, ex Nachtmystium) remplace également le départ de Brent à la basse. Ce dernier ne reste qu'un temps et c'est Dan Davidson qui occupe le poste entre 2013 et 2015. Apostle Of Solitude revient en 2014 avec un nouvel album, Of Woe And Wounds, qui parait en 2014 chez Cruz Del Sur Music. Mike Naish (Shroud Of Vulture) remplace Dan à la basse en 2016 puis la formation enregistre From Gold To Ash qui parait en 2018, suivit en 2021 d'Until The Darkness Goes qui confirme la bonne vitalité de leur Traditionnal Doom Metal.

Last Sunrise ( 2010 )

Apostle Of Solitude sortait en 2008 un premier album accueilli par beaucoup comme une des meilleures sorties Doom Metal des années 2000, rien que ça. Probablement -légèrement - surcoté, Sincerest Misery  n’en demeure pas moins un très bon album de Traditionnal Doom Metal et c’est donc tout naturellement que l’annonce de l’arrivée imminente de son petit frère a été reçue avec un certain enthousiasme.
 
Du moins avant de voir cette pochette, qui figurera à coup sûr au hit parade des artworks les plus laids de 2010. Mais bon, hormis cette énorme faute de goût, Apostle Of Solitude démontre que son sens du groove est toujours aussi affûté avec son Doom Metal traditionnel au feeling très Rock qui avait fait mouche deux ans auparavant. Le tempo est encore une fois assez lent, avec une bonne dose de riffs ultra mélodieux et jamais chiants ainsi que quelques interludes instrumentaux bienvenus (Last Sunrise, Other Voices). Autre point fort du groupe, le chant clair répond lui aussi à nouveau présent en véhiculant une bonne dose d’émotions qui transpirent la sincérité (Hunter Sick Rapture, December Drives Me To Tears, Frontiers Of Pain).

En clair, Apostle Of Solitude réutilise exactement la même recette que sur son album précédent et le fait bien. C’est cependant logique que l’effet de surprise se fasse cette fois-ci absent, laissant l’auditeur quelque peu sur sa faim. La seule innovation majeure réside dans le fait que le groupe s’est cette fois davantage attaché à exprimer une mélancolie qui semble lui coller à la peau. Tout évoque ce sentiment, des riffs au chant et évidemment à travers les paroles qui ne parlent que d’amours perdus et autres joyeusetés, sans pour autant tomber dans la niaiserie la plus infâme (Coldest Love). Et il fallait le faire, car la lecture de certains passages ferait presque frémir - ou doucement rigoler, c’est selon - ("How I long to be with you in Heeeeeeell…"). En ce sens, la démarche du groupe ressemble beaucoup à celle de Warning qui avait lui aussi réussi à mêler amour et Doom Metal sans jamais être ridicule.

Finalement, ce disque ne souffre pas de vrai défaut, si ce n’est la présence de certains titres dispensables car par trop classiques (Acknowledging The Demon, Sister Cruel, Frontiers Of Pain). Passons également sur les six (!) titres bonus de l’édition vinyle qui n’ont absolument aucun intérêt. Pour information, il s’agit de reprises au mieux passables (Streetside de The Obsessed), au pire vraiment mauvaises (Mary And Child de Born Against), mais la plupart du temps juste inutile (Astro Zombies de The Misfits). On pourrait également évoquer le certain déséquilibre de la tracklist avec des compositions très courtes au début et très longues à la fin. Il aurait peut-être été plus judicieux de réagencer tout cela afin d’aérer un peu la fin du disque qui tend à traîner quelque peu en longueur.

Quoi qu'il en soit, Apostle Of Solitude confirme avec ce Last Sunrise que Sincerest Misery n’était pas qu’un simple acte isolé, mais bien le fruit du travail d’un groupe qui trace mine de rien son chemin et s’impose comme une des valeurs sûres de la scène Doom Metal des années 2000. On regrettera tout de même le manque de prise de risque (sauf si l’on considère que le choix d’une telle pochette était risqué) de la formation qui a semble-t-il trouvé la formule qui lui convient et n’a pas l’air trop pressé d’en changer.

Sincerest Misery ( 2008 )

Apostle Of Solitude poursuit sa progression somme toute logique : après une démo, un ep et voici donc un premier album, Sincerest Misery, sur lequel le groupe perpétue, comme beaucoup avant lui et espérons-le, encore pas mal après, la tradition du Doom Metal au sens noble du terme. Non pas que le genre eût été adoubé par des monarques, mais plutôt par des princes de comptoir au fin fond du Maryland. Chacun son histoire, hein.

Donc oui, voilà un groupe de Doom Metal qui répète consciencieusement ses gammes : tempo lent, riffs pachydermiques, le mot "suicide" dans la tracklist (A Slow Suicide, forcément), voix claire qui, pour les fanatiques de la comparaison douteuse, évoque Simon Matravers (Solstice, sur Lamentations), bref tout y est. Il y a même une reprise de Black Sabbath, à savoir Electric Funeral version Doom Metal, sauf que manque de bol, c’en était déjà avant. Du coup, rien d’original ici, comme chez 90% des groupes du genre, mais comme chez ces mêmes groupes, vous avez beau avoir déjà tout entendu, ça marche quand même.

Oui parce qu'il y a ce qu’il faut de rythmiques plombées (A Slow Suicide, Last Tears, Warbird, Sincerest Misery (1,000 Days)), de groove délicieux (The Messenger, Confess), de mélodie savamment dosée (l’instrumentale The Dark Tower), de soli fidèles aux codes du genre (A Slow Suicide), de discrets éléments psychédéliques (This Dustbowl Earth) pour faire de cette galette un bon disque de Doom Metal qui ne plagie ni ne révolutionne quoi que ce soit. Quant aux trois morceaux bonus, en fait issus de l'ep Embraced By The Black, ils permettent de témoigner, sinon des progrès, du moins de l’intégrité du groupe qui ne veut que déclamer encore et encore sa flamme pour les choses lentes.

Et malgré ce manque d’originalité, l’album est vraiment très plaisant à écouter. C’est toujours sympa de voir un groupe se faire plaisir comme ça et d’être capable de tirer son épingle du jeu en évoluant dans un style aux carcans aussi inflexible. Bien sûr, certains diront que ce disque est inutile, mais la musique étant affaire de passion, avoir affaire à de vrais passionnés est toujours rafraîchissant.

Au final,  pour un premier album, Apostle Of Solitude frappe fort avec ce Sincerest Misery, délivrant du pur Doom Metal qui devrait faire plaisir à tous les fans du genre, voire pourquoi pas permettre aux plus sceptiques de s’imprégner du style en douceur. On peut également le compter comme l'un des disques du genre de l’année qui n'est malheureusement pas des plus faramineuses.