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Biographie

Ansur est né en 2003 à Drammen, dans la banlieue d’Oslo en Norvège. Groupe de black metal comme il en existe des centaines dans ce pays qui, rappelons-le, est la terre d’éclosion du genre, le trio enregistre rapidement une demo avec les moyens du bord, dans un style alors encore très peu personnel. Néanmoins, Nerbilous Production, label sud-coréen (!) propose aux norvégiens de ressortir officiellement l’enregistrement, nommé pour l’occasion Carved In Flesh. Les retombées sont toutefois limitées, et Ansur se remet à la composition. Les voix explorées cette fois-ci sont différentes, principalement grâce à plusieurs changements de line-up, et le groupe s’aventure vers des notions musicales plus progressives et la recherche d’une identité forte et unique. C’est ainsi que dans un home-studio, après plusieurs mois d’enregistrement, est créé Axiom, le premier opus du groupe. Cette fois-ci, il est remarqué par le puissant label Candlelight Records, et bénéficie en 2006 d’une sortie internationale.

Chroniques

Warring Factions Axiom
15 / 20
2 commentaires (17.25/20).
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Warring Factions ( 2008 )

Après leur premier album remarqué en ces pages web en 2006, Axiom, Ansur faisait son retour en avril dernier avec un second disque intitulé Warring Factions. Poursuivant sur la même lignée black metal, avec tout ce qu'elle présuppose de voix criardes et de riffs ad hoc, Ansur a su néanmoins trouvé son originalité à travers une thématique mélant mysticisme et vie extra-terrestre, pour le moins inhabituel dans le genre (hormis Hypocrisy et quelques autres).

La musique est ce que l'on retient surtout de cet assemblage hétéroclite. Elle explore des contrées acoustiques et jazzy, avec l'apport du saxophone et de claviers sur The Tunguska Incident. Il s'en dégage un parfum d'Amorphis voire d'Enslaved, en ce qu'elle peut avoir de psychédélique 70's. L'originalité faisait défaut au premier opus, mais ici les influences semblent mieux absorbées, et autorisent le groupe à une certaine emphase et des débordements progressifs bien maîtrisés. Bémol concernant le chant, proche d'un Quorthon, donc pas toujours très juste, qu'il soit black ou clair.

Pas toujours également inspiré (Phobos Anomaly, ennuyeuse variation black atmo'), Ansur garde tout de même quelques atouts en réserve. A commencer par un morceau de bravoure intitulé An Exercise in Depth of Field, où l'arsenal musical est passé en revue de façon un peu laborieuse et non sans collages impétueux par moments (la césure country à la 5ème minute), mais aussi avec un foisonnement certain de sonorités, solos impressionnants, claviers imbriqués et structure progressive pas mal troussée. Le dernier tiers se révélant le meilleur entre cavalcade et harmonie acoustique.

Le reste de l'album tient ses promesses de diversité et offre le même tempérament aventureux. Un petit côté classicisme rock se dégage même de l'ensemble le temps par exemple de At His Wit's End, avec cette harmonie précieuse surgie d'un clavier 70's et d'un solo de guitare superbement touché. On retrouve sensiblement les mêmes ingrédients musicaux sur Cloudscaper par ailleurs. Septième et dernière piste, Prime Warring Eschatologist rassemble les forces vives d'Ansur pour une explosion finale, entre vélléités prog', sons 70's et enchevêtrement de guitares pour un résultat plus traditionnellement black. Pas leur plus grande réussite sur cet album, en dépit de dérives pianistiques et acoustiques, accalmie apaisante dans la débauche métallique.

Ansur délivre donc une proposition musicale intéressante, quoiqu'inégale, dont la thématique fantasmatique n'est pas le point fort, mais ne fait pas oublier les qualités mélodiques et la richesse des ambiances de certains morceaux.

 

3 titres en écoute .

A écouter : The Tunguska Incident, At His Wit's End, An Exercise in Depth of Field
14.5 / 20
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Axiom ( 2006 )

Les groupes mélangeant les univers antinomiques que sont le metal extrême et la musique progressive commencent à être légion. Pourtant, si le death semble se prêter à ce type de mélange, Enslaved reste véritablement le seul d’entre eux à avoir trouvé l’alchimie nécessaire à la confrontation entre le black metal et les sphères de cette forme de musique longuement mûrie au cours de la deuxième moitié du XX° siècle. Tout fraîchement débarqué de Norvège, et, je vous le donne en mille, produisant une musique à cheval entre le black et le prog’, Ansur joue donc les bêtes curieuses, et même la poule aux œufs d’or (toutes proportions gardées s’entend) pour Candlelight qui a d’entrée signé le groupe pour son tout premier enregistrement, Axiom. Il est vrai qu’avec tout ça, Ansur a de sérieux arguments dans le caleçon, et pour peu que ceux-ci vous fassent de l’oeil, il serait franchement idiot de ne pas y aller de votre écoute concernant ce premier effort.

Axiom est pourtant un morceau de bravoure pour l’auditeur, au moins à la hauteur de la somme de travail qu’il a nécessité. Six mois d’enregistrement dans un home-studio norvégien, à peaufiner les détails, arranger des structures jusqu’à atteindre le but voulu, chercher le son parfait, Ansur ne s’est pas moqué de nous, pour sur. Le résultat est donc, mise à part la production, à la hauteur de son ambition : imbitable et presque dérangeant de complexité. 44 minutes en 6 titres, Axiom respecte les standards de la scène dont il revendique clairement l’affiliation, et propose un metal palpitant, imprévisible et éparpillé, pour le plus grand désespoir des premières écoutes que vous aurez à lui offrir. Si vous passez outre, les portes d’une épopée flamboyante s’ouvriront à vous, car sous des aspects très rebutants, Ansur fait preuve d’une rare maîtrise de son art. Ici, il n’est pas vraiment question du côté psychédélique qu’a pu développer Enslaved sur un Monumension par exemple, mais plus de longues progressions bien faites mais souvent très froides. Le jeune groupe norvégien emboîte le pas de ses aînés, tels qu’ils ont su le faire cette année sur Ruun : tout est bien fait, bien imbriqué, chaque élément a été pesé pour être à sa place, et Axiom se révèle être un disque très bien équilibré, même s'il manque cruellement d'âme la plupart du temps. Les amateurs de riffs à rallonges successifs organisant une sorte de voyage épique (mais pas au niveau des sens à mon goût), seront ravis. Toutes les mélopées galopantes et interminables que développe Ansur participent grandement à sa personnalité, et les progressions se déroulent de manière très inattendue. Les ambiances s’enchaînent et ne se ressemblent pas, osant les cassures rythmiques, l’alliance de la froideur d’une technique démonstrative à la légèreté de plans lyriques et galvaudés, ou encore les contrastes de la violence du black metal épique et de la finesse de nappes gothiques sublimes. Chaque instrument joue d’ailleurs sur Axiom un rôle très pesé, passant du premier plan au rôle de soutien discret, sans jamais trop en faire, et même si la production, un des points noirs du disque, a plutôt tendance à mettre en arrière plan le chant (assez peu présent au final) et les divers arrangements du clavier, Ansur en sort comme étant un véritable groupe au sens idéaliste du terme, où chacun a son importance sans empiéter sur le travail de l’autre.

Axiom est un disque qui ne s’embarrasse pas de complexes. Presque naïf tant il brasse de techniques musicales, d’influences, et les allie de manière subtile, il fait pourtant preuve d’une maestria de réalisation et montre à quel point Ansur a un potentiel de composition plus qu’indéniable, de surcroît dans un genre où les explorations sont encore plus que possibles et donc difficille. On regrettera cette production liée au manque de moyens, et la trop grande versatilité des structures utilisées, victimes de leur concept même qui aurait souvent tendance à devenir une démonstration presque soporifique. En tous les cas, la formation norvégienne se positionne d’entrée comme l’un des acteurs à venir de l’évolution nécessaire du black metal (et du metal en général), et la tutelle de Candlelight ne saurait qu’en améliorer le rendu.

A écouter : Si l'on a pas peur de s'embarquer dans un album de metal progressif...
Ansur

Style : Black Metal Progressif
Tags :
Origine : Norvège
Site Officiel : ansursite.com
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