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Biographie

Animal Collective

Quatuor, puis trio (avec le départ de Deakin en 2007), Animal Collective prend ses origines en 2000 dans le Maryland sous l'impulsion de Avey Tare (David Portner), Panda Bear (Noah Lennox), Geologist (Brian Weitz) et Deakin (Josh Dibb).
Après divers albums sous des noms différents, le groupe sort son premier opus Here Comes the Indian sous le nom qu'on lui connait, en 2003. Présentant alors au grand public un premier aperçu de sa pop psychédélique, Animal Collective joue une musique dense, riche en effets, perdue dans un magma d'effets bruitistes.

L'année suivante, Sun Tongs est le nouveau fruit de la collaboration entre Avey Tare et Panda Bear à sortir, toujours aussi exotiquement riche en couleurs. Supporté par le label FatCat Records, le groupe fait les premières parties de múm et Four Tet. Occasions au cours desquelles Avey Tare rencontre Kristín Anna Valtýsdóttir, une des anciennes voix du groupe islandais avec laquelle il se marie et signe, en 2007, Pullhair Rubeye, qui possède la particularité de pouvoir être écouté en lecture normale, arrière ou lecture rapide.

En 2007, double évènement pour le groupe et ses membres, puisque, en septembre, sort Strawberry Jam et fait écho à l'album solo de Panda Bear, Person Pitch, plus intimiste et réservé dans ses sonorités. Après une grosse tournée, Deakin quitte le groupe et le trio retourne en studio pour enregistré l'EP Water Curses en 2008. Merriweather Post Pavilion est à ce jour le dernier album du groupe. Divers morceaux avaient déjà filtré lors de concerts et, avant même sa sortie, il avait été fait meilleur album de 2009 (!).

Chronique

16 / 20
6 commentaires (15/20).
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Merriweather Post Pavilion ( 2009 )

Animal Collective auraient-ils tué 2009? Merriweather Post Pavilion n'est, depuis quelques mois, qu'une rumeur désincarnée que déjà, chaque signe (lives de mauvaise qualité sur YouTube, DVD, artwork...) ou note perdue contribue à faire vivre la chose. A toutes ces annonces éparpillées, c'est le webzine américain Pitchfork (webzine ès bons-goûts-branchouillards) qui répond le premier en décochant la première salve. Le nouvel opus du collectif animal se voit bardé d'un 9.6 / 10 qui annihile déjà tous les espoirs placés dans l'année qui débute. Animal Collective, et après?

Rien ne pourra être dit ici qui n'aura été entendu ailleurs, mots collectés dans des espaces publics vite échauffés. Cette chronique ne visera rien d'autre, donc, qu'à être un patchwork d'impressions assimilées puis régurgitées comme ce Merriweather Post Pavilion n'a pour d'autre but que de détruire la pop et de la réinventer. Imposture? Certes. Mais, incontestablement, le quatuor de Baltimore livre ici son travail le plus abouti dont les premières lignes avaient déjà été tracées sur l'album et l'EP qui l'ont précédé, Strawberry Jam (2007) et Water Curses (2008). Jamais, Animal Collective n'aura aussi bien équilibré ses compositions entre murs psychédéliques et envolées pop (les clap clap de "My Girls"), entre classicisme instrumental et loufoquerie technoïde (l'ouverture "In the Flowers").

De "In the Flowers" à "Brothersport", master piece finale et en un peu moins d'une heure, le groupe redéfinit la pop, bourré d'influs qu'il est, sur fond de samples décalés, de murs colorés de synthétiseurs, de beats technoïdes, d'instruments traditionnels (didgeridoo sur "Lion in a Coma"). Le psychédélisme sonore de Sun Tongs (2004) ou Feels (2005) laisse désormais plus de place aux mélodies qui s'échappent en filigrane, chaque morceau contenant son instant de bravoure, chaque effet venant disputer à son aîné sa capacité à faire danser.

Car, MPP est catchy malgré son aspect étourdissant. Car, derrière chaque première impression, se cache cet instrument, cet air qui nous avait échappé à première ouïe. Ecoutez ce timide piano, cet air lancinant de xylophone derrière les méandres électroniques. Voyez ce collage sonore insensé. "My Girls" devient intemporelle. "Bluish", ballade pop par excellence, illumine. Un peu comme si, à rallumer la lumière, se présentait un paysage chaque fois différent sous nos yeux. L'album, à l'image de l'hypnotique pochette, semble en mouvement perpétuel, se renouvelant de lui-même, révélant chaque fois une orchestration différente. Inépuisable source de fraîcheur.

Que la hype se fatigue (et vite!) et Merriweather Post Pavilion restera comme une pierre marquante. Pour le groupe et pour le reste. A l'abri dans son monde, Animal Collective fait voleter ses notes, riches et colorées, avec insouciance. 2009 commence fort. Très fort.

Merriweather Post Pavilion est sorti le 20 janvier 2009 chez Domino Records.

A écouter : pour tuer l'anne.