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Biographie

And You Will Know Us By The Trail of Dead

Conrad Keely - chant, guitare
Jason Reece - batterie
Kevin Allen - guitare
Aaron Ford – batterie
Jay Phillips – basse
Clay Morris – piano

L'association musicale entre Jason Reece et Conrad Keely voit le jour en 1994 à Hawaii. Le duo déménage ensuite à Olympia (Washington), où Reece a déjà oeuvré au sein de Mukilteo Fairies, puis à Austin (Texas) où il prend officiellement le nom de 
And You Will Know Us by the Trail of Dead. La bande est complétée par Neil Busch (basse) et Kevin Allen (guitare). Sous cette formation, le groupe se forge très vite une réputation et sort en 1998 son premier album éponyme sur le label Trance Records, suivi un an plus tard de Madonna. En 2001, Trail of Dead fait le grand saut et opte pour la major Interscope Records chez qui sont édités les albums Sources, Tags and Codes (2002), et Worlds Apart (2005) sur lequel le quatuor devient trio suite au départ de Neil Busch.
Fin 2007, Trail Of Dead retourne en Europe pour promouvoir So Divided. Mais un différend avec Interscope occasionne une rupture de contrat.
C'est sans label que les texans entrent en studio en 2008. L'expérience est relaté dans un documentaire.
En 2009, Trail Of Dead sort son sixième album, The Century of Self.

Picture by PJ Sykes.

The Century of Self ( 2009 )

The Century of Self est probablement la meilleure sortie de ...Trail Of Dead depuis le pas mauvais mais assez racoleur World Apart et le très faiblard So Divided. Non pas que Conrad Keely semble avoir partiellement retrouvé la recette d'une inspiration qui aura enfanté les perles que sont Madonna ou Sources, Tags & Codes. Furieusement exalté et épique, on est content de voir que le groupe texan a retrouvé un fort tempérament ainsi qu'un sacré goût pour l'aventure, et ce bien au-delà de l'artwork. Entre brit pop, indie, punk, folk, musique indienne, slave ou musette frenchie ...Trail Of Dead met en avant une multitude d'influences tout en proposant un profil fusionnel qui tient la route. Le groupe d'Austin est encore aujourd'hui l'un des rares à offrir des morceaux dépassant allègrement les quatre minutes, des titres à tiroirs à l'intérieur desquels on doit farfouiller pour y trouver ce que l'on cherche.
Depuis toujours, ...Trail Of Dead a été un cador en ce qui concerne les entrées en matière. Ici, pas de dérogation à la règle : les texans nous allument avec des oeillades aussi intenses ("The Far Pavilions","Isis Unveiled") que romantiques ("Halcyon Days") qui claquent aux oreilles et nous renvoient aux plus grandes heures du groupe. Momentanément. Car les effets de séduction sont limités, surtout lorsque le rimmel commence à couler. ...Trail Of Dead en profite alors pour se repoudrer le nez avec des titres passe-partouts tels que "Bells of Creation" et "Fields of Coal" avant de reprendre sa parade au piano pour un "Inland Sea" qui rattrapera quelque peu le coup au vol, suivi par le mélancolique "Pictures of An Only Child", point culminant de l'album malgré son côté super trendy. Joli pirouette.

Pas suffisant pour nous emballer cependant. Certes ...Trail Of Dead fait preuve d'envie, aura fait des efforts, mais The Century of Self donne l'impression d'une façade replâtrée pour une grande occasion et dont le revêtement tombe à la première pluie. Conrad Keely ferait bien de changer d'air. Ca ne lui ferait que du bien.

Tracklist : 01. The Giants Causeway, 02. The Far Pavilions, 03. Isis Unveiled*, 04. Halcyon Days*, 05. Bells Of Creation*, 06. Fields Of Coal, 07. Inland Sea, 08. Luna Park, 09. Pictures Of An Only Child, 10. Insatiable (one), 11. Ascending, 12. An August Theme, 13. Insatiable (two)

A écouter : The Far Pavilions, Isis Unveiled, Pictures of an Only Child.

s/t ( 1998 )

Rares sont les groupes aptes à enfiler les perles comme l'est And You Will Know Us By The Trail Of Dead. En quatre albums, le combo texan a su mettre en place un style bien particulier où s'emmêlent rage sonique et poésie, le tout régi par Conrad Keely, véritable centre nerveux au sens propre et figuré.

Enregistré à Austin en 1998 sur le label Trance Syndicate Records, le premier album éponyme de Trail of Dead n'est peut-être pas le meilleur - pour celà voir plutôt du coté de Madonna et surtout de Sources, Tags and Codes - mais il a le mérite de poser les bases d'un punk rock aux contours, certes, définissables, mais tellement variés qu'il peut paraître vain voire arbitraire d'essayer de le confiner dans un style particulier.
Malgré cette diversité, la musique de Trail of Dead n'en est pas pour le moins homogène. Le groupe met à contribution sa rage, son énergie et son talent dans l'exécution de morceaux à la ligne de conduite radicalement noisy ("Richter Scale Madness", "Ounce of Prevention"), sur lesquelles viennent parfois se greffer des tendances plus feutrées fleurant le shoegazing ("Novena Without Faith", "Half of What") ou tout simplement pop ("Gargoyle Waiting").
Trail of Dead manie les ambiances comme personne, surprenant dans ses structures et ses sautes d'humeur. Le groupe illustre son tempérament colérique notamment par l'utilisation fréquente de guitares énervés aux accords noisy, dissonnants - parfois chaotiques ("Prince With A Thousand Enemies") - rappelant le Sonic Youth de Confusion Is Sex ou de Dirty, ainsi qu'un chant très criard, souvent éraillé.
Toutefois, lorsque vient le temps de l'apaisement, les guitares savent se faire plus légères. Adoptant un mode semi-saturé voire quasiment acoustique, les mélodies permettent l'instauration d'une mélancolie, d'une tristesse légère exacerbée par l'adjonction de touches de piano, que survole une voix claire pouvant se muer en chuchotements et en murmures, particulièrement sur "When We Begin to Steal", sorte de balade britannisante aux faux airs des Stranglers, REM ou même Dinosaur JR.

Aussi curieux que celà puisse paraître, le rock de Trail of Dead s'accompagne d'une ambiance épique, romantique, voire kitsch à laquelle n'est pas étranger l'artwork. Passionné de peinture et admirateur des pré-raphaélites, amateur d'Histoire, Conrad Keely met un soin tout particulier à confectionner un écrin à la hauteur de ses compositions. Ainsi, la front cover du livret propose un tableau figurant une scène de bataille - peut-être Hannibal contre les Romains - assez intéressante, mais, avec le recul, relativement sommaire au regard du travail effectué dans les livrets de Sources, Tags And Codes (le portrait de Baudelaire) et de Worlds Apart dont je ne saurais trop vous conseiller de jeter un oeil.

Intense, romantique, poétique, le punk de Trail Of Dead ne fait pas uniquement appel à nos capacités sensorielles les plus primaires mais nécessite également patience et attention. Seules ces deux qualités, qui avec un petit effort peuvent être regroupées en une seule, permettent d'aller au bout et de cerner le génie des texans car ce premier opus ne se donne pas la première fois, il s'apprivoise et chaque écoute procure de nouvelles sensations. En général, c'est la marque des grands groupes et la suite de la discographie démontre définitivement que And You Will Know Us By The Trail Of Dead ne boxe vraiment pas dans la même catégorie que les autres.

 

A télécharger : "Richter Scale Madness"

A écouter : "Richter Scale Madness", "Ounce of Prevention", "Half of What"