Découverte
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Biographie

Anaal Nathrakh

Anaal Nathrakh est un groupe de Metal extrême nihiliste originaire de Birmingham et composé au départ du trio Irrumator (Basse / Guitare / Programmation), V.I.T.R.I.O.L. (Chant) et Leicia (Basse). Son nom vient de la formule magique "Anál nathrach, orth' bhais's bethad, do chel denmha" prononcée par Merlin dans le film de John Boorman, Excalibur datant de 1981 et signifie "le souffle du serpent" en ancien irlandais. Anaal Nathrakh débute en 1998 comm un groupe de Raw Black Metal et enregistre deux démos : Anaal Nathrakh et Total Fucking Necro en 1999. L'année suivante, Leicia quitte le groupe qui restera désormais sous la forme d'un duo, en dehors de ses rares prestations live. Leur premier album, The Codex Necro sort en 2001 chez Mordgrimm suivit par l'ep When Fire Rains Down From The Sky, Mankind Will Reap As It Has Sown en 2003. Anaal Nathrakh évolue alors comme un groupe de Black Metal brutal assez classique inspiré de formations comme Mayhem ou Darkthrone, mais en 2004, avec la sortie de Domine Non Es Dignus chez Season Of Mist, le duo anglais prend une nouvelle orientation en mélangeant Grindcore / Death Metal / Metal Indus et Black Metal.

Ce qui devait rester exclusivement comme un projet studio, fini par évoluer et Anaal Nathrakh réalise son premier concert le 15 décembre 2005, suivit le lendemain par une date avec Narcosis et Ramesses. En 2006, le groupe sort Eschaton dans la même veine que le précédent album avec l'apparition de Shane Embury (Napalm Death) et d'Attila Csihar (Mayhem) sur certains titres. Toujours très prolifique, Anaal Nathrakh enchaîne avec Hell Is Empty And All The Devils Are Here en 2007 chez Feto Records et In The Constellation Of The Black Widow chez Candlelight Records. En 2011, Anaal Nathrakh livre un album plus accessible qu'auparavant, Passion, suivit l'année suivante de Vanitas qui paraissent tous deux via Candlelight Records.

Chroniques

Desideratum Vanitas
12 / 20
4 commentaires (15.13/20).
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Desideratum ( 2014 )

Il y a toujours une certaine amertume à voir un groupe que l’on affectionne se brûler les ailes. Surtout lorsque celui-ci a pendant un temps grandement marqué les esprits et contribué à développer sa vision personnelle de la musique. Pour Anaal Nathrakh, l’heure de gloire fut celle de sorties comme Total Fucking Necro, ou encore Hell Is Empty And All The Devils Are Here, véritables révolutions en leur temps où les compteurs de violence et d’originalité étaient semble-t-il à bloc. Qualifier le reste de l’œuvre du duo comme un « ventre mou discographique » serait pour autant injuste, mais à l’écoute de ce Desideratum, il semble légitime de s’interroger sur cette sorte de « syndrome ACDC » qui s’abat sur les britanniques. Chronique diagnostic d’un album un peu trop pâle.

A ce stade de la lecture, certains s’indignent sûrement. Certes on ne peut pas relever de ratés criants dans la composition de cet album. La machine Anaal Nathrakh est lancée dès la première piste avec un morceau introductif aux riffs découpés façon « Modern Metal », nouveauté pour les Britanniques qui n’a rien de déplaisant si tant est que l’on ne soit pas hermétique à cette tendance. On découvre même quelques incursions électroniques/indus qui parsèment l’album (« Unleash », « A Firm Foundation Of Unyielding Despair »), approche plus synthétique que l’on retrouve jusque dans le son de Desideratum tout entier. De quoi décevoir les fans habitués à un rendu plus raw, comme sur In The Constellation Of The Black Widow par exemple. Mais là où le bât blesse, c’est dans l’absence d’originalité dont fait preuve un groupe qui ne sonnait pourtant comme aucun autre il y a quelques années. Les deux géniteurs du « Necro Metal » s’engluent et ne proposent que très peu de nouveauté. Manque de témérité dû à la récente signature chez Metal Blade ? Possible, toujours est-il que Desideratum  s’obstine à nous proposer encore et toujours ce même schéma de morceau, constamment réchauffé dans les dernières sorties : intro, gros bourrinage et screams, refrain en voix claire haut-perchée, on répète deux-trois fois, fin. La recette est usée et les riffs semblent tous se mélanger. Un constat amer.

Pourtant, que l’on adhère ou non, Anaal Nathrakh prouve que ses créations sont aptes à se renouveler. « Sub Specie Aeterni » adopte notamment un penchant presque D-Beat dans ses premières secondes et apporte une énergie plus Punk, tandis que les guitares plus aérées sont moins fondues dans le mix. Le titre éponyme quant à lui met en œuvre quelques passages plutôt Groovy ponctués de kicks aux frontières de la Hardtech, tout comme l’intro de « The Joystream ». De manière générale, découvrir Mick Kenney et Dave Hunt avec cette galette n’est pas à proscrire et les auditeurs non familiers avec les gars de Birmingham pourraient y trouver leur compte. Mais le duo ne révolutionne pas son style et a su habituer à mieux.

Redondant et sans véritable patte, cet album qui était sans doute l’une des sorties les plus anticipées de l’année en terme de Metal Extrême s’avère assez décevant. A raison d’une sortie tous les deux ans environ, Anaal Nathrakh stagne ou se repose sur ses lauriers. Le concept même s’il est bien exécuté techniquement, est à bout de souffle et ne convainc qu’à moitié, l’auditeur se perd et l’on en vient à écouter l’œuvre d’une oreille distraite. Un seul mot d’ordre donc pour le prochain skeud, surpassez-vous et surprenez-nous.  

15 / 20
3 commentaires (17.67/20).
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Vanitas ( 2012 )

Accueillons l'apocalypse comme il se doit encore une fois. Car les gars d'Anaal Nathrakh sont bien décidés à ne pas laisser nos oreilles se reposer. Un peu plus d'un an après Passion et quelques mois après la sortie du troisième album de Fukpig, le duo anglais semble toujours prendre un malin plaisir à réaliser ses tortures auditives.

Anaal Nathrakh demeurent ces passionnés d'ultra violence, de débauche et de sauvageries sonores véritablement éprouvantes. Vanitas ne déroge pas à la ligne de conduite que se sont fixés les deux fou-furieux et reste dans la continuité de Passion. Dans le genre « on te chope et on te viole les oreilles sur place », n'es crainte, tu vas être servis. Du blast, il y en a à la pelle, avec une boîte à rythme sacrément méchante, sans temps-morts, à l'extrême limite de s'enrayer et la production intense n'est là que pour rajouter une couche sur la virulence des rythmiques. Anaal Nathrakh ne serait rien non plus sans son chanteur aliéné qui aurait du finir dans un asile depuis bien longtemps. Gris aigus complètement possédés, vociférations gutturales d'une profondeur hallucinante, et chant clair théâtral volontairement forcé, mais qui décuple la grandeur de certain refrains. Ecoutez In Coelo Quies, Tout Finis Ici Bas pour vous rendre compte des capacités vocales de Dave Hunt. Enfin, Anaal Nathrakh c'est aussi une suite de riffs ravageurs tous plus inspirés les uns que les autres avec Forging Towards The Sunset et sa puissance de destruction incroyable ou Of Fire, And Fucking Pigs porté par des leads cinglantes à la Dissection.

Malgré leur propension à nouer Black Metal chaotique et Grindcore bestial, Vanitas est un album qui est étonnamment accessible. Derrière le nihilisme dont font preuve leurs auteurs, chaque titre possède un plan que l'on retient assez facilement, une ligne mélodique qui marque, un blast d'énergie démentielle. Par exemple, To Spite The Face sonne à la limite du Death mélodique et Todos Somos Humanos est réellement jouissif, d'une sauvagerie rare. Même si certaines compositions font effet de tube, cela n'enlève en rien la démence et la noirceur des morceaux car Anaal Nathrakh semble avoir trouvé la bonne formule pour ajuster mélodie, folie et brutalité avec une production chirurgicale. De plus, Vanitas se montre varié sur sa dizaine de titres et se permet quelques petites choses plus ambiancées comme le dissonant Feeding The Beast aux hurlements qui donnent des sueurs froides ou bien quelques titres plus symphoniques comme A Metaphor For The Dead.

Finalement, Vanitas est assez difficile à juger. D'un côté, certains y verront un enchainement de titres de folie qui tabassent grâce une mélodie, un refrain ou une rythmique ultra catchy, à un niveau rarement atteint par le groupe. De l'autre, l'album se retient beaucoup trop facilement, se révèle être presque trop propre, trop lisse pour que les écoutes ne soient pas lassantes au bout d'un moment. Un comble pour un genre qui se veut aussi excessif et hermétique. Ceci étant précisé, les premières écoutes font très mal et leur violence abusive est cathartique, donc, même si tu ne l'écoutes qu'une petite dizaine de fois avant de t'en lasser, ça reste toujours un tour de force que peu de groupes sont capables de réaliser.

A écouter : Todos Somos Humanos, Feeding The Beast