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Biographie

An Albatross

Steve Vaiani (Batterie)
Kyle Fisher (Orgue, Synthétiseur)
Edie B. Gieda III (Chant)
Jon Novakovich (Guitare)
Jason Hudak (Basse)
Jeff Gregorio (Saxophone)

An Albatross vient de Philadelphie (Wilkes-Barre) et débute son histoire par une tournée en 1999. Ces premiers concerts permettent au groupe d'écouler leur 1ère démo et de sortir un 12", Eat Lightning, Shit Thunder, sur When Humans Attack. La version digitale voit le jour l'année suivante sur Bloodlink Records. We Are The Lazer Viking, mémorable album de 8 minutes, sort en 2003 sur Ace Fu Records mais c'est grâce à Blessphemy, l'album suivant, et des concerts aussi courts que décalés, que An Albatross marque définitivement les esprits. En 2008 le groupe intègre un saxophoniste avant de sortir The An Albatross Family Album.

9 / 20
1 commentaire (15/20).
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The An Albatross Family Album ( 2008 )

Que dire sur ce disque de An Albatross si ce n'est qu'arriver au bout d'une traite est une véritable performance en soit. A trop vouloir étirer les lignes d'un propos dont la force mise sur la fulgurance et l'immédiateté avant tout, le groupe de Pennsylvanie est malheureusement tombé dans une auto-parodie castratrice vraiment fatigante. An Albatross était pourtant - et déjà - une sacrée caricature, une sorte de clown avec des oreilles de Mickey armé d'un railgun rose fluo, mais avec assez de matière pour tenir en haleine sur un gros quart d'heure. Se taper The An Albatross Family Album, c'est comme s'envoyer leurs précédents disques au ralenti et parasités de remplissages vains et tièdes. Je ne parle pas de l'ajout plutôt bienvenu - mais trop timide - d'un saxophone à leur bordel, mais de choses comme ce long discours pseudo-évangéliste type New Order horripilant à souhait ("The Hymn Of The Angel People") et la tendance de certains morceaux à s'empêtrer dans une guimauve qui ne leur sied définitivement pas ("Starving On Rabbit Meat"). Même les morceaux les plus courts semblent interminables ("Floodgates Released") tant l'épuisement des idées est palpable .

Un peu comme un animal qui trouverait dans ses derniers instants de quoi donner encore quelques ruades, An Albatross clôture son portrait de famille avec un très bon morceau de plus de 6 minutes (1/4 de l'album tout de même). Un coup de théâtre céleste, littéralement epico-kitch et génialement branlé, qui laisse sous-entendre que non, An Albatross ne se serait pas encore cramé toutes les plumes à force de jouer du sabre laser. Ils tournent en ce moment avec Aids Wolf, un groupe lui aussi un peu à court de carburant, surtout depuis que Arab On Radar a décidé de ressortir le viseur.

A écouter : 3,000 Light Years By Way of the Spacehawk - Neon Guru
16 / 20
3 commentaires (18.33/20).

Blessphemy (of the Peace-Beast Feastgiver and the Bear-Warp Kumite) ( 2006 )

Suite à une tournée bien remplie annonçant la suite de leur spectacle, les clowns de An Albatross étaient clairement attendus au tournant. D'une part parce qu'il faut bien avouer que leur screamo-boule à facettes fut sans aucun doute une des meilleures choses arrivées récemment au genre, mais aussi parce que rebondir suite à un tel engouement n'est pas chose aisée.

Sur le papier, An Albatross a mis les bouchées doubles, voir triples, puisque Blessphemy dure 27 minutes, soit plus de 3 fois We Are The Lazer Viking. Sur le principe, l'oiseau n'a pas changé de cap et vomie plus que jamais sa mixture explosive de "powerscreamopopdisconoiseleronica" à l'énergie hardcore. On est donc toujours en présence de morceaux très courts (à peine plus d'une minute en moyenne), épileptiques et sans pitié pour nos gueules. Au delà de cette marque de fabrique clairement établie, An Albatross parvient à enchaîner les nouvelles, et surtout bonnes, idées sur la totalité de ce nouveau méfait. Malgré un décalage omniprésent et un don certain pour surprendre à chaque mesure de manière spontanée, on a presque envie de dire que la musique des américains est désormais maîtrisée par ces derniers. Cette impression est sans aucun doute le fruit de l'étonnante constance de l'ensemble. Si sur les précédents efforts, les gaziers semblaient combler le vides entre les étincelles, la performance est ici devenue un véritable feu d'artifice ininterrompu. An Albatross affirme un caractère mais aussi un style qui va bien au delà d'une simple dérivation éphémère du screamo ou du grind. Le clavier toujours très cheap, les quelques cuivres bien intégrés ("The Illumination Of The Nation") et les samples technoïdes ("I Will Swim Into The Lazer Eye") associés aux partitions traditionnelles ne donnent jamais dans la surenchère pour faire mouche. Le dosage est au poil.

Si l'effet de surprise était un bel atout pour les premiers efforts de An Albatross, c'est bien la maîtrise et la personnalité qui permettent ici aux américains de tirer leur épingle du jeu. Bessphemy prouve aux mêmes titres que le Hell songs de Daughters! que le hardcore barré sous amphétamine a encore des choses à inventer. A noter que comme à leur habitude, An Albatross met le paquet sur le contenu multimédia (vidéos / photos) pour ceux n'ayant pas eu la chance d'apprécier leurs pitreries en direct.

Ecoutez "Hairobics" sur leur page MySpace.

A écouter : et surtout aller voir
15 / 20
1 commentaire (15.5/20).

We Are The Lazer Viking ( 2003 )

Avec son visuel dégueulasse aux couleurs fluos, j'aurais parié sur un skeud poppy au clavier cheap as fuck. 10/20. Le clavier kitch pointe bien son nez, mais dans une bouillasse "grindy screamo electro dance rock'n rollesque". A vos souhaits !  Daughters! et The Locust ne sont pas bien loin du combo de Philadelphie, comprenez des titres très courts, intenses, parfois débiles, et surtout, ne reposant sur aucune armature. 11 titres pour une durée totale de 8 minutes et 22 secondes : éjaculation précoce à chaque coup de rein ? 
Quoi qu'il en soit, An Albatross mange sans complexe à tous les rateliers et régurgite en bloc un patchwork multi-influences compact et loin d'être de mauvais goût. Le chant écorché et épileptique vient clairement se caler dans une mouvance screamo hardcore, le jeu de batterie vise le blast-beat et les guitares s'orientent souvent vers un rock'n roll supersonique et noisy à souhait. Il en résulte un esprit loufoque et décadent au croisement des films de John Waters, des cartoons de Tex Avery, du rock'n roll 70's et d'un trip hallucinatoire ultra rapide. Rien que ça.
Pour remplir un peu le disque, les saltimbanques ont intégré une plage cd-rom, qui pour une fois, a un réel interêt. La classique galerie posage est accompagnée de plus de 40 minutes (plus de 4 fois la durée du disque tout de même) de vidéo de plusieurs concerts. L'image est crade, le son tout juste honorable, mais le tout donne une trique phénoménale rien qu'à la pensée de les voir un jour (re)débarquer de part chez nous. On aura rarement fait un neuf aussi bon avec du vieux.

A écouter : The Revolutionary Politics Of Dance - Let's Get It On With It