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Biographie

Amplifier

Amplifier est un groupe de rock alternatif originaire de Manchester, composé de trois membres, avec à la guitare et au chant Sel Balamir, à la basse Neil Mahony et aux futs Matt Brobin. Le groupe se forme en 1998, sort une démo l'année suivante et tourne essentiellement au royaume uni où ils se font connaître lentement mais surement. Après avoir signé en 2002 sur le label anglais Music for Nations puis fait la première partie de Deftones lors d'une de leurs tournées européenne, le groupe se lance dans l'écriture d'un premièr album éponyme qui sortira le 6 juin 2004 et qui sera très bien accueilli par les critiques et médias anglais. Après une tournée intensive en Europe et au royaume uni courant 2004-2005, le groupe enregistre un EP de 6 titres intitulé The Astronaut Dismantles HAL puis entre à nouveau en studio après avoir écumé différents festivals (ouverture du download festival notamment) début 2006 pour leur deuxième album, intitulé Insider. L'album est alors toujours aussi bien accueilli par la critique, sorte de rock stoner aux sonorités parfois psychédéliques, qui ne manque pas d'être remarqué par certains groupes à la notoriété déjà établie qui proposent à Amplifier de faire certaines dates en leur compagnie (Opeth, Porcupine Tree, Cloudride) tout au long de l'année 2007. Les chansons d'Amplifier sont bien souvent centrées autour d'un énorme mur de son où pédales d'effets et autres gourmandises sonores ont la part belle, donnant à leurs albums un ton bien souvent psychédélique et toujours incisif. Amplifier nous emmène en voyage entre stoner, rock pysché et rock progressif, et nous propose en janvier 2011 leur troisième galette, un double album intitulé The octopus, déjà disponible en écoute à cette adresse.

15.5 / 20
3 commentaires (14.5/20).
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Mystoria ( 2014 )

Seulement un an après un Echo Street qui se positionnait comme un mini virage dans la discographie du groupe, Amplifier remet le couvert avec Mystoria, cinquième album pour une formation qui a désormais trouvé un line up stable, su s'exporter avec succès (le groupe semble passer sa vie sur les routes), et réussi à s'introduire dans les charts anglais (97ème dans le top 100 anglais) et allemands (91ème position). Ce genre de classement n'a plus beaucoup de sens aujourd'hui, mais la performance reste néanmoins remarquable pour le souligner.

Trois an après un The Octopus qui avait mis une claque à tout le monde, Amplifier, cette entité boulimique, qui n'a de cesse d'alimenter ses set lists et d'élargir sa communauté de fans, avec en moyenne depuis 2010 un nouvel album ou EP tous les ans, continue son bonhomme de chemin sur la piste du rock progressif. Très éloigné des sonorités et de la complexité des deux albums précédents, le groupe revient à ses premières amours en terme de composition et d'écriture, à savoir des titres plus courts, un peu plus massifs, comme l'étaient Insider ou Amplifier
Encore un album différent en somme, qui ne sonne pas aussi prog que The Octopus, pas aussi psychédélique que Echo Street, et pas aussi brut qu'Insider, mais qui se situe plutôt au carrefour de ces trois ambiances, qu'ils savent si bien façonner et faire résonner avec brio. 

L'album démarre sur les chapeaux de roue avec un tryptique punchy (Magic Carpet / Black Rainbow / Named After Rocky), qu'on a pas forcément l'habitude de voir chez les mancuniens, à savoir trois titres assez heavy, légérement stoner, qui font tout de suite penser à Mastodon, avec toujours cette petite touche de prog psychédélique qui est propre aux britanniques. Viendront Cat's Cradle et Bride, deux titres rock/pop pour souffler un peu, juste avant de se prendre Open Up et OMG en pleine face, duo de compositions prog' central (deux fois six minutes) au groove glacial, distillant des doses massives de guitares distordues et autres wah wah tellement caractéristiques du groupe. Qui sera conclu de la plus belle façon, avec un dernier duo plus intimiste (Crystal Mountain / Crystal Anthem), aux sonorités cristallines, chaudes, avec ce qu'il faut d'arpèges magnifiques et de riffs stratosphériques, d'un space-rock venu d'une autre planète.

Cet album est en définitive très étonnant, intéressant par bien des aspects, et son développement se révèle être assez atypique. Très différent dans la construction - par rapport à Echo Street ou The octopus, qui étaient tous deux des albums massifs, très lourds à digérer - Mystoria se veut plus léger, plus aérien, plus pop parfois. Amplifier nous a proposé un concept album incroyable (The Octopus), un petit frère psychédélique (Echo Street), et avec ce dernier effort en date, quelque chose de moins ambitieux, moins prog, synonyme de diversité musicale et d'efficacité, plus terre à terre, plus dense et au final bourré de textures complexes, et de clins d'oeil pas forcément explicites aux précédents albums ainsi qu'à diverses formations (dans le désordre Pink FloydGenesis, Depêche Mode, Mastodon et même Muse parfois). 

Bref, encore un très bon moment de passé avec ce groupe qui ne cessera de m'impressionner. Si vous avez aimé les précédents albums, vous aimerez celui-ci ; peut être un peu moins que les autres, mais sachez que pour vous il est déjà trop tard, vous ne le savez peut être pas encore, mais ce groupe fait désormais partie de vos favoris !

A écouter : Le début, le milieu, et la fin !
16.5 / 20
6 commentaires (15.9167/20).
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Echo Street ( 2013 )

Amplifier n'aura donc de cesse de brouiller les pistes, de toujours se positionner là où les modes et leur carrière atypique ne devrait pas les emmener, d'embrumer mon cerveau et d'y laisser les traces profondes et sinueuses propres aux grands groupes de prog. Étonnant. Leur discographie complète est un pied de nez complet à l'industrie, que ce soit la lourdeur de leurs débuts, les efforts plus agressifs (Insider) ou un des meilleurs albums concepts qu'il ne m'ait été donné d'écouter (The Octopus), un nouvel album du groupe, c'est maintenant leur marque de fabrique, c'est avant tout une nouvelle aventure, un nouvel embranchement sur une route chaotique qui n'en finit pas de surprendre.
Ce quatrième album, c'est l'anti-octopus parfait, c'est à la fois une bonne nouvelle pour le groupe qui fait alors montre d'une sérénité impressionnante, et une mauvaise nouvelle pour tous les fans de The Octopus qui ne s'y retrouveront pas forcément. Tout y est différent : le son, les ambiances, les membres (départ du bassiste Neil Malhony, arrivée d'Alexander Redhead à la quatre cordes, et arrivée de l'ex Oceansize Steve Durose comme seconde guitare), un label (Kscope : Porcupine Tree, Anathema, Steven Wilson entre autres) alors que Balamir avait toujours, et c'était un des thèmes forts de The Octopus, dit qu'il ne vendrait pas son âme en signant sur un label... Les gens changent, les idées aussi, la musique en pâtit souvent. Pas avec ce groupe. Pas avec ces mancuniens là, qui depuis Insider ont trouvé leur voie, ont façonné leur style à grands coups de voyages cosmiques psychédéliques...

A ceux qui étaient habitués à ce son lourd, lancinant, souvent sombre, jamais facile d'accès, et bien voici un album nous révélant une nouvelle facette du combo qui baigne presque entièrement l'album, une sorte de mix très anglais oscillant entre shoegaze (Matmos), rock atmosphérique (Echo Street) et psychédélique (The Wheel, Extra Vehicular), avec des relents de post grunge, le tout baignant dans un mur de son très épuré, toujours plus lent, se recentrant un peu plus sur la voix (Matmos, Where the River Goes), mettant les guitares un peu au second plan, sans toutefois oublier quelques escapades flamboyantes, à la lourdeur palpable (Paris in the Spring, Extra Vehicular), dont seul le groupe en connaît la recette.

Album parfait pour mélomanes avertis, qui laisse toujours sans voix à la première écoute, ce Echo Street est bon, très bon, huit morceaux pour une moyenne de 7 à 8 minutes par piste, aucune facilité, que ce soit dans le ressenti immédiat ou plus tardif, c'est ça aussi de faire bien (et j'insiste sur le bien) des albums complexes, c'est qu'on y revient avec plaisir et qu'on y découvre toujours de nouveaux éléments qui participent à la richesse et à la grandeur du groupe.

L'album est en quelque sorte coupé en deux, avec une première partie (Matmos, The Wheel, Extra Vehicular) concentrée sur un rock psychédélique et atmosphérique qui vous mettra littéralement KO, entre un Procupine Tree et un Oceansize plus doucereux, et une seconde partie plus acoustique, moins sombre et moins oppressante.
Les références au rock anglais sont légions, et on ne peut s'empêcher de penser aux Pink Floyd sur l'ensemble de l'album, c'était déjà le cas sur The Octopus, c'est désormais beaucoup plus évident ici, du titre de l'album aux escapades psychédéliques à l'ancienne (Echoes, Shine On), et mêmes aux ballades électro acoustiques rappelant avec grand plaisir des titres moins connus du flamand rose (Fearless, A Pillow Of Winds, ...) tout s'inscrit dans une mouvance d'héritage assumée et convaincante.

Au final ce nouvel opus d'un des tout meilleurs groupes de rock progressif actuel est un petit bijou à mettre entre toutes les mains des amateurs de prog, moins ambitieux que The octopus, moins intéressant aussi (le double album précédent avait quand même fait très fort) mais bien mieux produit et plus abouti musicalement (la première partie de l'album au moins) confirme l’émergence de la "carte d’identité sonore" du groupe, véritable édifice dense et créatif.
C'est la grosse claque qui vous attend, moins évidente et moins violente (que sur The Octopus) mais certainement tout aussi durable dans le temps...

A écouter : En entier...
17.5 / 20
13 commentaires (16.69/20).
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The Octopus ( 2011 )

Le poulpe. Un nom d'album osé, qui interpelle, tout comme cet artwork énigmatique et épuré au possible représentant une pieuvre dont les tentacules s'enroulent et se déroulent pour former une arabesque étriquée ! Serait il possible de pondre un album concept autour de la thématique du poulpe ? La réponse est oui. Vous en doutiez ? Si Insider, leur deuxième album studio marquait une certaine maturité dans l'écriture et la composition, et proposait un éventail de chansons rock sacrément bien arrangées, ce dernier album du trio mancunien semble confirmer l'évolution musicale que semble prendre le groupe. Bien qu'ils n'aient jamais caché leur penchant pour les arrangements psychédéliques et autres effets planants, ceux ci n'avaient pour but que d'agrémenter ce fameux "mur sonore" autour duquel ils construisaient leur musique. C'est très nettement le cas sur l'album Insider, où la base de pratiquement toutes les chansons s'établit autour d'une musique rock péchue, à la limite du stoner, sur laquelle ils viennent ajouter une couche d'effets psychédéliques qui donne au final un album très intéressant à écouter. Mais on sentait bien que cette dimension musicale si particulière leur tenait à cœur, et cette fois ci avec The Octopus, la base musicale n'est plus le rock pur et dur, mais bien une ambiance, une atmosphère, à partir de laquelle ils construisent leurs compositions. Cela paraît anodin, mais cette fois ci la dimension psychédélique, les arrangements sonores et cette aura particulière ne sont plus anecdotiques ou relégués au second plan, ils deviennent le fil conducteur de cet album... tentaculaire !

Double galette concept de plus de deux heures, The Octopus est un album abouti, extrèmement réfléchi, qui possède plusieurs facettes musicales toutes plus jouissives les unes que les autres. Tantôt progressif et flirtant avec des Pink Floyd ou des King Crimson, tantôt un brin plus agressif, ce troisième album d'Amplifier nous emmène dans une aventure électrique surprenante, à 10 000 lieues de ce que pouvait proposer Insider ou leur premier album éponyme. Même s'ils n'ont jamais trouvé le public qu'ils méritent amplement, nos 3 anglais ont toujours su créer une musique élégante, énergique, avec des paroles léchées et des mélodies impeccables, mais ce dernier album est vraiment celui du virage artistique, l'album qui les enterrera, ou au contraire les révèlera comme un groupe qui a su tirer son épingle du jeu.

The Octopus est avant tout une expérience musicale, une œuvre qui se veut intemporelle et artistiquement en dehors du système et de la relation groupe/maison de disque. Amplifier a décidé avec ce troisième album de faire... ce qu'ils voulaient vraiment. Tout est expliqué sur ce site, sorte de page de promotion suivant la sortie de l'album où ils expliquent les tenants et aboutissants de ce qu'ils espèrent faire de cet opus. Je ne retiendrais qu'une phrase : "The Octopus is a kind of ongoing experiment in creating and evolving something much more than just some record by some band. There are no time limits to it's growth. We are fedup with all the faceless and valueless rubbish that seems to invade every level of modern life". Un brin prétentieux ? Pas du tout, leur démarche artistique est vraiment honorable, et sort un peu de l'ordinaire, ils ont décidé en quelque sorte de faire la musique qui leur ressemblait, sans se prendre la tête avec un système de production qui étouffe la créativité de bon nombre de groupe. Courageux !
Très bien, les trois compères ont mis plus de trois ans à nous pondre cet album, se sont trouvé une sorte de philosophie de vie qu'ils ont appliqué à cet album, y ont mis toute leur énergie créative, mais ça n'explique toujours pas le poulpe ! Pourquoi avoir choisi cet animal étrange comme totem ? Leur réponse est simple : "The octopus is not a thing... like God, it's a type of process". D'accord. Juste un trip ? "Basically we’re just 3 hippie slackers who are making it up as we go along and don’t have any long term goals apart from just having fun trying to spark off something bizarre and unique". On dirait bien, et même s'ils essaient, de leur propres moyens, de fonder un culte du poulpe (véridique), leurs seules intentions sont de rallier des gens dans leur quête humaniste. Quand je vous disais que c'était l'album de leur carrière !

Rentrons maintenant un peu dans le détail, sans toutefois analyser l'ensemble des chansons, ce serait trop long. Parlons juste de l'album en général, car celui-ci aurait très bien pu ne comprendre qu'une seule et unique chanson, tant tout s'enchaîne à la perfection. Ce qui frappe en premier lieu, ce sont les clins d'œil à différents groupes de rock progressif des années 70-80 que l'on peut trouver tout au long de l'album, comme cette introduction (The Runner) qui fait tout de suite penser à celle de Dark Side of the Moon, la chanson Minion's song qui possède des similitudes dans les riffs de guitare avec ce que pouvait produire un King Crimson dans les années 70 ou encore le morceau Interglacial spell et ses trompettes faisant écho à Atom Heart Mother, toujours de Pink Floyd. On pourra citer d'autres groupes comme Porcupine Tree ou Rush, qui ont très certainement inspiré le groupe. Deuxième chose assez remarquable, l'exercice de ce double album concept est particulièrement léché, les chansons sont très longues, possèdent des points d'entrée et de sorties qui les relient toutes pour former quelque chose de très pointu, mention spéciale à cette atmosphère étouffante que le groupe a su développer avec brio. Tour à tour hypnotiques, aériennes ou incisives, les compositions d'Amplifier sont un pur concentré d'émotions. Et là vous allez me dire, encore un album long et chiant d'un groupe qui se croit malin avec ses compositions inaccessibles pour le commun des mortels. Certains le diront, et ils auront raison sur  certains aspects, cet album n'est pas facile à appréhender, doit être écouté plusieurs fois avant d'être apprécié à juste titre, en bref, un album pas vraiment "easy listening". Ceux qui aiment les albums concepts, les compositions fleuves, la musique et les arrangements complexes, la puissance et la profondeur d'une œuvre bien travaillée devraient au contraire trouver cet opus absolument génial.
Une introduction des plus bizarres où l'on entend des bruits de pas au loin, un beat sonore cardiaque qui accélère, qui s'emballe, et qui débouche finalement sur une note de piano inquiétante. Le trio entre ensuite dans le vif du sujet et nous propose Minion's song, superbe chanson de presque six minutes, avec ses envolées au piano, dévoilant des chœurs magnifiques, juste avant de prendre un virage rock and roll des plus épatants. Tout s'enchainera par la suite de la même façon, des phases d'introduction psychédéliques ou planantes, des phases de pur rock and roll d'une propreté époustouflante, le tout enrobé par un halo glacial mis en scène par la voix et les textes de Sel Balamir, qui semble tout particulièrement apprécier le thème de l'espace et de la science fiction. Des chansons comme Interstellar, The Octopus ou The Emperor sont de véritables joyaux de rock progressif magnifiquement interprétées, qui haussent le niveau de l'album et prouvent que le groupe a réussi là une performance sans précédent, leurs précédents albums étant, sur le plan musical et technique, bien moins aboutis. L'expérience musicale est une franche réussite, on sent bien le groupe tout au long des compositions explorer de nouveaux sons, de nouveaux horizons musicaux, c'est le cas notamment sur des morceaux comme Trading dark matter on the stock exchange, qui est un morceau vraiment bien agencé : petits effets de style pour démarrer une très longue chanson (11 minutes 33), groove d'ambiance, et Sel Balamir qui vient de sa voix hypnotique nous chatouiller les oreilles, juste avant que la guitare ne prenne le relais pour un passage planant vraiment convaincant. Fermez les yeux, Amplifier vous emmène dans l'espace. Un régal. Je vous laisse découvrir les autres chansons qui mériteraient toutes un petit paragraphe tellement elles sont réussies.

Au final, Amplifier accomplit avec ce troisième album une performance inespérée, on s'attend à du rentre dedans de la part de nos trois anglais, mais c'est au final une déferlante de compositions orchestrées avec brio, qui pousse désormais le groupe dans la catégorie "Rock Progressif". C'est d'autant plus une réussite que le groupe a produit leur dernier bébé tout seul, sans maison de disque, avec un message humaniste fort, nous prouvant que l'on peut encore faire de la musique intelligente en s'amusant, sans moyens (ou peu) le tout sous le signe... du poulpe. Un animal étrange pour un album étrange, espérons que cet effort musical surprenant rencontrera le succès qu'il mérite.

Si vous voulez aider Amplifier à se faire connaître et si vous voulez participer au culte du poulpe, c'est par ici. Allez y jeter un œil c'est plutôt barré !

A écouter : tout nu dans un champ