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Biographie

Alrakis

Comme souvent dans le Black-Metal on ne connait que peu de chose au sujet d'un groupe. On sait seulement qu'Alrakis vient de Berlin en Allemagne et pratique un Black-Metal Atmosphérique évoquant l'espace et son étendue vaste et mystérieuse. Un premier album traitant de cette thématique sort en 2010, intitulé Omega Cen.

Chroniques

Alpha Eri Omega Cen
13.5 / 20
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Alpha Eri ( 2011 )

A la vue du logo de Alrakis, affublé d’un nouveau nom d’album et d’une pochette au moins aussi classe que celle de Omega Cen, j’avoue avoir presque défailli. Le souvenir des excellents moments passés à l’écoute des mid tempo et des ambiances  immobiles de ce black metal spatial a rejailli, et une fois les larmes de mes yeux épongées et une bonne inspiration de prise (roh mais quelle fillette), il était temps de repartir dans le vide intersidéral pour de nouveaux sommets.

J’ai parlé de nouvel album, mais en réalité Alpha Eri est une sorte de réédition, ou réadaptation de Omega Cen. Vous y trouverez des pistes présentes dans ce dernier, comme M20, Gas und Staub Zwischen den Sternen, Verteilung der Nebel im Raum, ou encoreu NGC 3242 (Ghost of Jpiter), mais avec un mixage différent. Oooh que oui.

Si vous reconnaîtrez aisément les riffs et mid-tempo des titres originaux, impossible de ne pas remarquer également la nouvelle production qui éclaircit l’ensemble du CD de façon magistrale. Les guitares sont plus glaciales que jamais, chaque note résonnant intensément avant de s’évanouir dans le lointain. Le chant s’est rapproché de nous, les râles plaintifs de A1V sont bien plus distincts que dans Omega Cen, et le sieur se permet même d’user de sa voix parlée entre deux titres. Sans faire repartir Omega Cen à zéro, on appréciera tout de même gentiment ces petits ajustements. Ah oui, comment ne pas mentionner la batterie, qui elle aussi s’est vu octroyé plus d’espace dans nos esgourdes éveillées par ces bruitages de satellites et d’étoiles qui implosent. Que ce soit la caisse claire, le kick ou les cymbales, tout a été revu à la hausse.

Ces changements étaient-ils réellement indispensables ? Certains apprécieront sans doute, tandis que d’autres regretteront l’aspect plus cru de Omega Cen. Le mieux est encore d’écouter les deux versions et de se faire sa propre opinion.

Outre la prod, ce que l'on retiendra surtout de Alpha Eri, c’est malheureusement son manque d'équilibre. La mise à la trappe de la violente IC4703 y est pour beaucoup. Pourquoi avoir éventé l’album d’une pièce qui créait le contraste le plus fort d’Omega Cen, une tempête stellaire qui nous soufflait comme pas deux alors que l’on dérivait doucement dans l’espace, redonnant par-là même un souffle quasiment vital au CD. De fait, malgré la qualité des compos plus lentes, Alpha Eri souffre du manque de violence. Paradoxal quand on entend A1V multiplier les coups de cymbale sur les mid-tempo de Gas und Staub Zwischen den Sternen et Sternenstaub, dénaturant quelque peu le voyage et la contemplation des grands espaces.

Alpha Eri termine donc sa course… euh, sa marche tranquille dans un calme d’une bonne vingtaine de minutes, qui devient, et c’est triste à dire, quelque peu lassant malgré, encore une fois, la beauté de ces plages ambiancées.

Peut-être aurait-il mieux fallu qu’Alrakis réédite Omega Cen dans son intégralité, ordre des compos compris. L’aspect plus ou moins anecdotique de la nouvelle production serait sûrement bien mieux passé. Ou alors, A1V nous offre un réel nouvel album, que j’espère ne pas devoir attendre trop longtemps !

A écouter : l'album précédent, puis celui-là

Omega Cen ( 2010 )

Oubliez ces notions restrictives que sont l’espace et le temps. Allongez-vous, respirez calmement, fermez vos yeux, et laissez votre esprit transcender votre corps. Laissez-le s’évader, s’élever haut, très haut dans le ciel. Laissez là votre pauvre enveloppe charnelle, et regardez la terre s’éloigner petit à petit. Votre quartier vous apparaît en entier, puis votre ville, votre pays, le continent.. Vous traversez une première couche de nuages cotonneux et contemplez le ciel d’un bleu azur s’étendre à l’infini. Vous continuez votre ascension, allant de plus en plus vite. La Terre vous apparaît en entier, vous dépassez la Lune, Mars, le Soleil énorme, toujours plus vite. Vous finissez par sortir de notre système solaire, à des milliards d’années lumières de notre bonne vieille planète.

Nous y voilà. L’espace. Le vide intersidéral. Les galaxies tourbillonnantes. Les géantes gazeuses. Des étoiles naissent, d’autres meurent. Au milieu de ce chaos pourtant si bien orchestré se détache une silhouette qui semble nous attendre. Alrakis. Cette entité, composée d’un seul être, va être votre guide le temps d’un voyage que vous n’être pas prêt d’oublier.

Comme dit plus haut, Omega Cen est un album à écouter sans être pressé. Les premières notes donnent le ton, mais attendez-vous tout de même à des variations toutes aussi réfléchies et efficaces les unes que les autres. Nous parlons d’ambiances, de sons, parfois de voix écorchées qui vont se perdre dans la profondeur infinie de l’espace. La batterie donne le tempo, que ce soit pour suggérer la contemplation comme sur Verteilung Der Nebel Im Raum ou Gas Und Staub Zwischen Den Sternen, ou nous montrer des puissances inconcevables à l’œuvre sur un IC4703 mouvementé et tonitruant, évoquant bien évidemment les redoutables productions de Darkspace. Sur ces pistes, le son des instruments nous semble lointain, mais garde un aspect sale, cru, agressif. Les puissances se déchaînent, les guitares se fondent en un amas spectral et envoûtant, entêtant même, alors que la batterie nous assène sa rythmique soutenue et changeante à la double pédale, et se détache incroyablement de l’ensemble, menant la ronde. Le temps de ces pistes, nous assistons en une dizaine de minutes au résultat de milliards d’années, des systèmes planétaires naissant et mourant devant nos yeux alors que nous fonçons à toute allure à travers le vide.

Mais les pièces maîtresses de l’album, celles qui vous feront réellement perdre le sens des réalités, ce sont les pièces jouant sur l’ambiance et la contemplation. De sombres nappes de claviers posent une note basse, sur laquelle viennent progressivement se greffer des bruitages, des tintements clairs, des chœurs lumineux subtils, des chants de créatures aux proportions inimaginables et plus vieilles que le temps qui nous montrent la voie vers les splendeurs insondables que recèle l’univers. Ces êtres font naître dans votre esprit des images de paysages stellaires magnifiques aux couleurs et aux formes grandioses, et nous font prendre conscience de l’insignifiance de nos existences à côté de ce qui est en train de se passer là-haut.

Le voyage prend fin avec Sirius qui, du haut de ses trois minutes, vous fait redescendre sur Terre et réintégrer votre chair et vos os, alors que Alrakis, lui, attend patiemment votre prochaine visite, que ce soit le temps de ré-appuyer sur play une  fois l’album fini, ou dans quelques milliards d’années.

A écouter : M20, Jupiter, IC4703, NGC 3242 (Ghost Of Jupiter)
Alrakis

Style : Black-Metal Atmosphérique
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Origine : Allemagne
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