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Biographie

Aleska

Originaire de Metz, Aleska prend forme 2011 avant de devenir l'entité telle que nous la connaissons actuellement en 2012, autour de membres de Dead for a minute, Shall not kill et d’autres formations régionales. The Waiting, le premier EP, sort en juillet 2012, suivi l'année d'après par un split avec Mariesena et Bears. Des débuts plus orientés screamo, le combo ajoute un côté un peu plus lourd à sa musique, confirmé par un nouveau disque commun, cette fois avec No Vale Nada, et le EP Time Is A Curse. Le premier LP, éponyme, déboule en 2015, confirmant l'orientation Screamo / Post prise par les musiciens, suivi en 2019 par Construire ou Détruire, prenant une orientation plus Post-Rock.

15.5 / 20
1 commentaire (11.5/20).
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Construire ou Détruire ( 2019 )

A peine plus de deux ans depuis l’éponyme, et pourtant Aleska semble décidé à revenir en force. Construire ou Détruire, puisqu’il faut apposer un nom sur ce ensemble, peut s’enorgueillir de ses huit titres dont l’évolution sera un cheminement très logique après le sobre Aleska.
Teintant son Screamo de Post-Rock, si ce n’est l’inverse, le quatuor décide d’attendrir ses morceaux, de leur donnée un teinte de douceur plutôt que de fureur. Un morceau comme « Que reste-t-il ? » ne semble plus avoir sa place sur Construire ou Détruire, car même si certains passages officient encore dans les premiers amours du groupe, la part belle est faite à de lentes constructions sonores (« Construire » ou «  « Détruire ») qui s’érigent petit à petit. En architectes musicaux, les musiciens jouent avec quelques subtilités sur le travail des cordes (« Indispensables »), mêlant ce chant hurlé au socle instrumental stable pour en faire des instants solides (« La Dernière Lueur »). On jugera certains parti-pris artistiques (quelques riffs sur « Indispensables » pour lesquels je suis personnellement moins sensible ou le travail sur « Quand la lumière disparait », qui clot trop rapidement le disque) mais l’effort est là, amenant un résultat bien plus cohérent et réfléchit que la Tour de Babel.

Construire ou Détruire se pare de sublimes tenues tout au long de ses titres. Amoureux d’un Post-Rock s’unissant aux influences Screamo distillées sur huit morceaux, prenez le temps d’écouter ce nouvel opus d’Aleska. On oublie parfois un peu trop leur nom, pourtant la qualité de l’oeuvre livrée ici n’a pas à rougir d’une quelconque gêne.

Aleska ( 2016 )

Il y a quatre ans, nous abordions les premiers efforts d’Aleska, cette succession de trois titres autoproduits qui côtoyait, sur le papier, I Create, Comadre ou La Quiete. Depuis, l’eau s’est engouffrée sous les ponts, creusant un peu plus la personnalité du combo et laissant une empreinte plus caractéristique sur les septs compos de l’éponyme.

Plus proche de Cathedraal et de quelques ombres 90’s de la vague (scr)e(a)mo française, Aleska ne rechigne pas à se lancer dans un premier titre qui renouera avec les airs Post-Rock que l’on a pu connaître sur Gantz il y a quelques années. Néanmoins, là ou l’on pourrait s’attendre à des aspects parfois plus criards, les parties vocales hurlées sont plus rauques qu’habituellement, se mêlant aux spoking-words pour créer une dualité coutumière au genre. « Que reste-il » représente le parfait status-quo entre les différents titres de cet album : quelques déferlements de batterie (assez étouffés, malheureusement), un break amorçant une vocal-part scandant des mots épars en boucle avant un redémarrage en trombe, sans compter qu’il est complété parfaitement par un « Combler le vide » avec une envolée lyrique sur sa seconde moitié.
Il est intéressant de rapprocher Aleska de ses débuts et de voir qu’au final le combo fait un lien avec The Waiting, notamment au travers de « Growing Elitism » plus que « The Wait ». Via une intégrations d’éléments plus Post-Rock là ou Cathedraal avait tendance à montrer les crocs, le résultat final de cette éponyme rejoint pourtant par moments le rendu du combo des ex-Madame de Montespan, ou certains reflets de I, Robot sur leurs passages les moins fougueux. A retenir également, le changement de ton sur « Leaves, Trees and Me » sur sa seconde moitié, avec ce break inversé sur sa palette chromatique sonore : la fureur n’est que quelques secondes, et l’accalmie le fil rouge.

Au travers de cet éponyme, Aleska alterne entre ses différentes facettes, avec peut être une prod cassant parfois le côté lumineux de certains passages, mais caché derrière un artwork rappelant, la dominante jaune en moins, certains aspect de Choeur Delys de Alkalys.

A écouter : Que reste-il, synthèse parfaite de l'esthétisme du combo

The Waiting ( 2012 )

Aleska – nom en hommage à un titre de June Paik – a pris le temps de fixer son propos, de maturer ses envies et de donner corps à sa verve. Ce temps fut le maître d’œuvre. Le chemin, ample.

Il ne faudra donc pas s’étonner de retrouver sur ce 3 titres, une pléiade de genres et d’influences, car c’est ainsi qu’Aleska a conçu ce The Waiting ; au gré d’une avancée contemplative dans les méandres du hardcore au sens le plus large. Toutes ses facettes se bousculent et chahutent ainsi dans ces quelques minutes denses et de qualité. Le screamo vénéneux y fait la rencontre l’arpège emo doucereux, le rockin’ screamo postillonne sur l’emo mathy/sunny etc. C’est qu’Aleska connaît sur le bout des ongles ses classiques et prend ainsi la roue de I Create, Age Sixteen, Comadre, La Quiete pour sillonner un emo-hardcore affranchi des dogmes. Sans se donner l’air d’y toucher, The waiting mêle et entremêle de facto les filandres musculeux de Capsule (The wait) avec les notes bondissantes de Grown Ups ou d’Algernon Cadwallader ("Turtle Race"). Le tout avec des houles sonores à la Black Heart Rebellion (Finish de "Growning elitism"). Audacieux et ambitieux.

Penser un édifice qui unisse tant de pierres hétérogènes était loin d’être évident. Et pourtant Aleska propose bel et bien une bâtisse de cet acabit, mais qui ne fait ni patchwork ni puzzle désordonné. Probablement parce que le combo a bien digéré ses influences. Parce qu'il a "laissé le temps au temps". Le jeune groupe n’évite pas certaines scories et trois titres sont insuffisants pour porter un jugement parfaitement fondé, mais d’ors et déjà, on peut dire que The Waiting… donne envie d’entendre la suite.

En écoute sur le bandcamp du groupe.

A écouter : ce joli court ep