Biographie

Alabaster Suns

Alabaster Suns nait en 2008 comme un duo, au sein du groupe Capricorns en proie à une instabilité chronique de lineup depuis des mois. Ce n'est que l'année suivante que le projet prend finalement son envol et enregistre en trio puis sort un premier jet répondant tout simplement au nom  d'Alabaster Suns chez Iron Pig Recods. La formation a jusqu'à présent  partagé le même plateau des voisins stylistiques de Taint, Baroness ou encore Gods and Queens.

Chronique

13.5 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Alabaster Suns ( 2009 )

Alabaster Suns ce n'est pas bien compliqué: vous prenez Capricorns, vous vous débarrassez des soucis de lineup pour ne finalement garder que Nathan Perrier et Kevin Williams et vous montez un autre groupe pendant que le premier est dans la tourmente, en train de se battre pour finaliser, sortir son second album puis tourner dans des conditions décentes - ce qu'il réussira finalement à peu près à faire avant de s'écrouler. En bref, on garde un noyau et on repart sur une autre aventure avec des bases saines. Enfin "saines", c'est vite dit si on prend en compte la propension déjà affichée par Kevin Wiliams à balancer du rock'n'roll et du gras par paquets de mille et le fait que si le second larron avait été recruté ce n'était probablement pas pour faire du tricot...

C'est donc début 2009 que l'histoire commence réellement pour Alabaster Suns. Loin de s'afficher partout, le combo reste plutôt discret et c'est finalement sans faire grand bruit que parait quelques mois plus tard Alabaster Suns. Cinq titres pour une demi heure de musique... massive. Sans surprise, le trio envoie la pâtée, délivrant un Doom atypique teinté d'énergie hardcore, tendu, plus dépouillé que du temps de Capricorns dans la lignée duquel il s'inscrit pourtant de manière évidente. Les moyens comme les volontés ne sont visiblement plus les mêmes car la production se veut sèche comme les blés, conférant ainsi à l'ensemble un coté très direct mais forcément moins massif, monolithique et directement propice au headbang.
En dépit de cela Alabaster Suns n'est pas qu'un simple exutoire pour musiciens frustrés par l'enlisement de leur groupe. Ce premier jet a de réels arguments malgré son aspect rustre: Nathan Perrier qui s'offre quelques fantaisies des plus réjouissantes est tout sauf un manche derrière les futs, pas plus que Kevin qui n'a rien perdu de son talent pour construire quelques riffs tordus dans le sillage creusé tout en puissance par la basse d'Anthony Dearlove, le petit nouveau (Iron gang). Mais en fin de compte la vraie nouveauté apportée par ce Alabaster Suns est le chant (!). Du early-Neurosis dans le timbre (Cosmo-naut), de l'urgence rock'n'roll dans les intonations, il est le véritable élément de rupture entre Alabaster Suns et Capricorns qui s'en était toujours très bien passé, privilégiant une force de frappe beaucoup plus pernicieuse pour briser des nuques en rythme. Il n'est pour l'instant guère impressionnant et même assez perfectible mais fait son office en attendant, pourquoi pas, de pouvoir amener d'avantage de profondeur à l'ensemble auquel il s'intègre.

Sorte de River, Bear Your Bones raccourci et recadré, Alabaster Suns assure le boulot avec sérieux et laisse entrevoir de belles promesses pour l'avenir du groupe qui doit encore prendre son indépendance vis à vis de l'ogre Capricorns. En témoigne l'accalmie instrumentale Alabaster suns qui semble soudain un peu perdue au milieu de tous ces riffs incisifs et de ces cassures rythmiques (The world got lighter), là où le grand frère savait parfaitement intégrer ce genre de passages. Un trou d'air pardonnable mais assez révélateur du travail restant encore à accomplir. Ceci dit, même si les trois musiciens ne sont pas des débutants, la prestation est tout à fait correcte pour un (nouveau) début. L'expérience accumulée en tant que trio sur scène et l'intégration complète d'Anthony Dearlove au processus d'écriture pourraient donc bien amener tout ce petit monde à nous pondre assez vite quelque chose de croustillant. Wait & see.

A écouter : En attendant la suite.
Alabaster Suns

Style : Post Hardcore / Stoner Doom
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