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Biographie

Agrimonia

Formation scandinave originaire de Göteborg et active depuis 2005, Agrimonia n'est pas inconnu au bataillon pour autant puisqu'on y retrouve des membres de MartyrdödAtomvinter, Acursed et Dödsdömd. Le groupe sort sa première démo en 2008, démo rééditée en vinyl quelques mois plus tard par Skuld Releases.

Per - guitare

Pontus - guitare

Mange - basse

Björn - batterie

Christina - chant

16.5 / 20
4 commentaires (16.13/20).
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Rites Of Separation ( 2013 )

Il y a une grosse paire d'années, nous avions laissé Agrimonia en grande forme et en bonne compagnie avec ses compatriotes défenseurs d'une certaine idée du Crust moderne venu du froid. Quelques 34 mois plus tard, dans un contexte où tout le monde semble être arrivé au bout ce qu'il avait à dire (Icos définitivement sabordé précédé par les voisins de Totalt Jävla Mörker, les potos consanguins de Martyrdöd qui se loupent en douceur (Paranoia)), la troupe de Göteborg, bien que toujours secondée par les incendiaires M:40, se retrouve donc subitement un peu seule au monde. Attention, risque d’essoufflement au tournant

Rites of Separation n'a pourtant rien du disque de trop. Pire, il est pile à l'heure au pays qui ne fait jamais tout à fait les choses en même temps que les autres. Ce que la logique veut, Agrimonia l'ignore avec un systématisme forcené: là où beaucoup seront allés chercher le salut vers les contrés Post (Rock/Core/whatever) pour faire suite à des débuts fougueux où en s'enfonçant dans le Crust / Black aux forts relents de souffre - tendances auxquelles les suédois ont et continuent d'ailleurs d'apporter leur pierre - le quintet poursuit son exploration toujours plus loin aux limites du genre. Quitte à allègrement déborder. Évitant de confondre sophistication et surenchère, en conservant son efficacité frontale, c'est désormais vers les terres défrichées par Enslaved ou Opeth au environs du changement de siècle qu'Agrimonia s'en va combattre l'ennui. Et force est de constater après quelques premières écoutes déroutantes que la forte teinte Doom Death Mélodique et épique prise par ce Rites of Separation impose une nouvelle fois le combo dans le club fermé des formations qui doivent compter.
Avec une telle orientation et seulement cinq titres dont quatre culminant au delà des 10 minutes, il eut été aisé de se vautrer dans le remplissage prog mais Agrimonia a déjà démontré par le passé son savoir faire en matière de progressions rampantes taille maousse et, fort heureusement, est loin d'avoir perdu en route. Mieux, Rites of Separation apporte là la preuve indéniable que les suédois n'en finissent plus d'affiner leur sens de la composition à mesure qu'ils densifient leur identité musicale et se libèrent des codes. Ne jamais tout à fait oublier de crustiller ("Talion", très Sekt, "Hunted", une basse du féroce de bout en bout et quelques têtes de clous rouillés qui dépassent) tout en s'aventurant en parallèle autant chez Rapture époque Futile qu'en lorgnant sur les ambiances mystiques et urbaines de Nachtmystium, sans que l'on soit jamais complètement en mesure de capter le moment précis où chaque morceau bascule ("While Life Lies", "Talion"). D'élévations blackisantes oniriques en soli (oui), sans jamais dévier, Agrimonia a de quoi faire frémir même une oreille blasée. Le cap tenu est désormais aisément identifiable à défaut d'être, peut être, tout à fait fixé. C'est qu'à force de nous faire le coup du revirement en finesse on finirait par être méfiant.

Démonstration limpide et cohérente, Rites of Separation rend difficile l'exercice qui voudrait que l'on ressorte un morceau plus que l'autre. Agrimonia a toujours eu cette qualité. Ce troisième effort se prend à nouveau comme un tout, va toujours un peu plus haut, est encore un peu plus lumineux en restant, au mieux, grisâtre ("Awaiting"). Il ne révolutionnera rien mais contribue avec force à maintenir la flamme vivace alors même le ses auteurs, portes étendard et derniers rescapés de la famille, semblent être destinés à continuer de dériver toujours un peu plus loin de leurs origines. Composer en 2013 le disque que Novembers Doom ne sortira jamais sans avoir à brûler sa veste à patchs sur l'autel Kang est un véritable tour de force. Ne nous mentons pas. La liste des troupes de furieux ayant les épaules assez larges pour l'assumer ayant tendance à se réduire aux dernières nouvelles profitons en tant qu'il est encore temps.

A écouter : Les cinq morceaux sans en laisser une miette.
16 / 20
1 commentaire (14/20).

Host of the Winged ( 2010 )

Agrimonia deux ans plus tard. Que peut il encore bien rester à éradiquer après le passage d'une démo taille patron et le réveil - magistral - de Martyrdöd? Plus grand chose, autant être honnête.

Les deux formations siamoises ont démontré en autant d'années et de sorties toute la capacité de la Suède à se démarquer d'une scène stench paradoxalement tout aussi fantastiquement passionnée, radicale et efficace que limitée sans perdre une goutte de ce qui en fait l'essence en déplaçant sa crasse et sa fureur vers d'autres contrées musicales. Finie la crise d'adolescence, maintenant on fait du bruit intelligent.
Démarage méthode pavé dans la mare pour un retour sur la pointe des pieds deux ans plus tard ("Worms")... peu de communication, allumage en douceur: sans faire un minimum attention on aurait à peine remarqué que le quintet avait accouché d'un premier disque. Un vrai cette fois. Une pièce entière, aboutie, pour peu que l'on puisse considérer que la démo éponyme ne l'était pas déjà pleinement. Plus de cinquante minutes à vomir du goudron et le quintet avait semble-t-il encore de la hargne à revendre et des oreilles à conquérir. Presque impensable mais, dans le fond, loin d'être impossible à l'écoute de Host of the Winged. Le tracé choisi, plus sinueux que de coutume au pays des musiques extrêmes directes et sans concessions semble devoir continuer de mener la formation de Göetborg vers de nouvelles contrées de l'extrême, quelque part au croisement de la brutalité Panzer rectiligne digne d'un Bolt Thrower, de la finesse et de la liberté d'expression d'un Fall of Efrafa et de la bile d'un Wake up on Fire, d'après une formule directement héritée d'Amebix.

Dans la droite lignée de son prédécesseur Host of the Winged signe logiquement le retour des évolutions lentes, très progressives, généralement terminées en apothéose qui jamais ne se répètent du fait de la richesse et de la variété de composition hors norme des suédois sous leurs autours primaires. Une recette avec, parfois, ses fausses longueurs, feintant la répétition mais cognant invariablement, traînant sa lourdeur comme un fardeau et ne la tranchant que par intermittence à coups de guitares déchirantes, de clavier atmosphérique aux ambiances grisâtres et de mélodies désespérées. Host of the Winged est un combat de tous les instants où la moindre velléité positive est comme aspirée dans un tumulte insondable ("Unquiet"). Le grand écart entre accalmies et murs de noirceur se réduit maintenant au minimum, la tension monte au point de non retour, la pression écrase des compositions étirées au ras du sol: place à la densité étouffante d'une production au service d'un effort de composition et d'interprétation tenu de bout en bout. Au milieu de cette atmosphère qui sent le souffre et la rouille, seule la voix de Christina semble vouloir ressortir juste ce qu'il faut pour au final mieux accompagner le déluge. Si dans les premiers temps ce rendu sonore semble effacer certaines aspérités, c'est bien ce détail qui sur la durée offrira à ce disque son coté presque inusable.
Host of the Winged est tel un bloc.
Derrière l'uniformité apparente, des compositions à tiroir, des accalmies lugubres, une basse granuleuse enfouie, quelques légères incursions Black ("Cyst" notamment qui vient faire de l'oeil à Krallice), des explosions de haine au sein d'une envolée de guitares claires. "Harvest the discontent" se charge de saisir au vol la balle qu'un certain Sekt lui avait renvoyé un an plus tôt suite à un engagement du tonnerre initié par un Agrimonia peu commun. Le timing est métronomique, la démarche d'une intelligence certaine, la qualité de composition constante à ceci près qu'elle ne cesse d'évoluer. Agrimonia démontre avec maestria que l'on peut aller se frotter à la lourdeur monolithique et aux évolutions lentes du Postcore et mettre des branlées à la barre à mines Crust/Doom Death sur fond de crasse, de noirceur et de désespoir dans la même mesure. De percées lumineuses il n'y a pas besoin. Agrimonia privilégie la dynamique de morceaux longs mais d'une tenue irréprochable et la cohérence plutôt que de miser sur la variété à tout prix au détriment de l'équilibre fragile entretenu derrière une façade rustre en trompe l'oeil. Finement joué.

On peine encore un peu à identifier en quoi le groupe de Göteborg est en train de muer par moments mais si une chose est sure c'est bien que Host of the Winged le confirme, sans le moindre doute et sans le moindre temps mort parmi les formations les plus intéressantes du moment. Sans hésiter un instant entre acharnement passéiste ou hype opportuniste vite essoufflée, Agrimonia creuse vaillamment sa tranchée en choisissant une troisième voie, balafrant allègrement en diagonale une scène quelque peu encombrée par la même occasion. Bastonner comme un poids lourd avec l'agilité des catégories inférieures et une grâce singulière dans la façon d'allier les deux qui n'appartient qu'à soi. Se mettre définitivement à la marge et développer une identité singulière. Marquer durablement, frapper fort et précis plutôt que de crever l'écran à grands coups de gesticulations tout aussi impressionnantes que vaines. Tels sont les moteurs d'Agrimonia. A suivre absolument.

Tracklist: 1. Worms; 2. Cyst; 3. A disappearing act; 4. Unquiet; 5. The burial tree; 6. Harvest the discontent; 7. Departure; 8. Serum.
Host of the Winged est en écoute sur Spotify.

A écouter : En boucle. S'en imprgner et le voir se dvoiler

s/t ( 2008 )

Si le patronyme évoque clairement un ingrédient entrant dans la composition de la tisane de mémé Mouchinel, il n'est pas certain que les vertus thérapeutiques de cette herbe suédoise viennent au secours des pathologies telles que les jambes lourdes ou les genoux cagneux. Agrimonia c'est une combinaison de tout ce qui se fait de plus pouilleux en Suède, pour un résultat assez inattendu.

En début d'année, Morne avait renoué avec le crust des origines, celui d'Albion qui a donné au genre une partie de ses lettres de noblesse avec Amebix, Sacrilege ou Hellbastard. Agrimonia c'est presque le cran au-dessus. Certes on repart sur les mêmes bases, une orgie de son, une symphonie de guitare, une déflagration apoplectique. Mais là où les bostoniens revisitent le genre sans y toucher, les suédois retendent les peaux et portent les yeux vers un horizon plus nuancé tout en profitant des défrichages récents de Fall Of Efrafa ou Icos.
Cinq paliers, cinq champs de batailles où se côtoient l'odeur du sang chaud, la sueur, les larmes et les effluves d'humus. L'univers d'Agrimonia est pesant, sa démarche épique, ses titres de longues marches au travers de landes battues par le vent et la pluie, proches du chaos par les cris de douleurs de Christina - pas une voix transcendante mais un feeling qui prend aux tripes - à l'encontre du doute, de l'incertitude, de l'inéluctable ("The poison eats you alive"), des bâlafres infligées par la vie. C'est aussi de longues plages mélodiques, des espaces de décantation où reposent les esprits dans une enveloppe de spleen pas moins pernicieuse mais dont on apprécie tout de même le confort ("Leaves Fall Rotten"). Agrimonia façonne son ouvrage de manière juste, sans trop s'exposer, procédant par petites touches, prenant le temps d'évaluer les choses et de laisser ses émanations imprégner l'atmosphère. D'où des titres qui s'écoulent tel un fleuve, tantôt impétueux, tantôt paresseux, ravageant les bords par leur masse et laissant une immense impression de désolation lorsque cesse le tumulte.

Ravageur et inspiré dans un style qui réunit de plus en plus difficilement ces deux qualités, Agrimonia repousse avec talent des limites qui auront raison des pressés et des rétifs aux ambiances postcore. Suffisamment ambitieux en tous cas pour convaincre Skuld Releases de graver dans le vinyl une production qui, il y a à peine quelques mois, n'était qu'une démo.

 Tracklist : 1. The Unknown Bury Me; 2. The Decay*; 3. Scars Make Life*; 4. Leaves Fall Rotten*; 5. The Plague.

A écouter : Leaves Fall Rotten, Scars Make Life
Agrimonia

Style : Crust / Sludge / Doom
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Origine : Suède
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