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Biographie

Ad Patres

Ad Patres est fondé en fin 2008 à Bordeaux par le batteur Alsvid (SethEnthroned) avec le souhait de perpétuer l'esprit originel du Death Metal. Celui-ci s'entoure alors d'Arnaud Pecoste (Basse), Olivier Bousquet (Guitare), Canard (Guitare) et Axel Doussaud (Chant) pour enregistrer une première démo en 2010, ce qui leur permet d'ouvrir pour le Hellfest 2011.  L'enregistrement du premier album a lieu sous la houlette de Mathieu Pascal (Gorod), puis Scorn Aesthetics parait fin 2012 via Kaotoxin Records.

Chronique

15.5 / 20
1 commentaire (16/20).
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Scorn Aesthetics ( 2012 )

Le Death Metal, le vrai. Pas celui ultra technique et faussement brutal, ni celui à mosphart ou à outrance mélodique. Ici on va parler des fondements du Death Metal, lorsque le genre était encore synonyme d'intégrité et de puissance. C'est cette idée que défend avec ferveur Ad Patres sur son premier album, Scorn Aesthetics sorti via le label Kaotoxin Records.

On pourrait craindre en premier lieu un disque très, voire trop classique, où Ad Patres tomberait les deux pieds dans l'old-school sans grand intérêt, mais il n'en est rien. Les bordelais ont su éviter les pièges inhérents au genre et vont faire une grosse démonstration de talent d'écriture et d'efficacité de tous les instants. C'est simple Scorn Aesthetics c'est du blast, du growl et de sacrés riffs pour te retourner la tête. Rien d'original dans la création, mais un parfait dosage des éléments qui nourrissent les racines ensanglantées du genre avec une pointe de brutalité rappellant des groupes comme Suffocation ou Benighted.

Ad Patres n'invente rien de nouveau c'est un fait. Mais ce n'est ni son but, ni là où on les attends. Par contre, il excelle dans son art brut et te piétine sans vergogne de ses blasts de forcenés (que l'on décerne une médaille de guerre à Alsvid pour son pilonnage des tympans depuis plus de quinze ans). Tout, du premier sursaut de violence en passant par la moindre ligne de basse, se mue en une terrible force meurtrière. Une cohésion qui force le respect. Si au premier abord, Scorn Aesthetics se révèle être plutôt massif, Ad Patres sait aussi lever le pied par instant, expulser un break incroyable de derrière les fagots ou poser quelques lignes mélodiques qui permettent de respirer.

Scorn Aesthetics se targue aussi d'être suffisamment varié. Les tirs d'obus s’enchaînent, sans pause ou presque, mais ne se ressemblent pas, car l'album n'est pas empilement de riffs ou de blasts interchangeables et suivent une ligne directrice aboutie et élaborée. Chaque titre ou presque possède d'ailleurs son moment phare, son riff assassin (In Vivo), son break jouissif (All That Remains), son solo bien senti (The Lock). A titre exemple, un morceau comme Circles Of Red est synonyme d'excellence dans la formule Ad Patres : riffs prédateurs et carnassiers, rythmiques enragées, chant guttural puissant. 

En outre, là où Scorn Aesthetics n'aurait pu qu'être qu'un bon disque de Death Metal parmi tant d'autres, il arrive à dépasser ses ambitions en n'étant pas qu'un « album qui tabasse ». D'une part parce qu'il se dégage de cet album une véritable ambiance pesante et sinistre, chose assez rare dans un style où beaucoup ont oublié cette composante et d'autre part parce que les bordelais maîtrisent et ne lâchent à aucun moment leur sens du groove féroce. Le genre de chose qui fait très largement la différence.

Ici s'arrête les louanges, mais tu auras compris que Scorn Aesthetics est un très bon disque de Death Metal, tout simplement. Et plus que n'être qu'un hommage au genre, il est la relève fière, ambitieuse et dévastatrice, promise à un bel avenir.

A écouter : Circles Of Red, All That Remains