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Biographie

Accept

Fer de lance du Heavy Metal allemand, Accept est formé en 1968 en tant que Band X par Udo Dirkschneider (chant) et Michael Wagener (guitare), avant de changer de nom en 1971. Le groupe trouve son batteur en la personne de Franck Friedrich mais ne devient réellement actif qu'à la fin des années 70, période à laquelle Wolf Hoffmann (guitare) et Peter Baltes (basse) en deviennent membres (et en resteront d'ailleurs les seuls membres permanents), tandis que Jörg Fischer devient second guitariste, Wagener étant devenu producteur.
C'est sous ce line-up qu'est enregistré le premier album éponyme (parfois appelé Lady Lou), qui paraît début 1979. Peu après, Friedrich quitte le groupe, remplacé à la batterie par Stefan Kaufmann. S'ensuit un second album éponyme, renommé ultérieurement I'm A Rebel (d'après un titre composé à l'origine pour AC/DC) afin d'éviter les confusions. Breaker, en 1981, permet à Accept de tourner en dehors de l'Allemagne, notamment en Angleterre où ils font la première partie de Judas Priest.

Durant les années 80 naîtront plusieurs controverses, notamment au sujet de supposées sympathies nazies, qui s'avéreront sans fondement.
Jörg Fischer quitte le groupe en 1982. Le guitariste Herman Frank est recruté quelques mois plus tard mais ne participe pas à Restless And Wild, qui apporte une véritable reconnaissance. Le succès se confirme avec la sortie de Balls To The Wall fin 1983. Fischer reprend son poste pour la tournée de 1984, et le line-up restera stable pour les deux albums suivants. Metal Heart (1985) marque une évolution dans la musique d'Accept avec notamment une approche plus mélodique et l'incorporation de synthé et d'éléments de musique classique, et deviendra lui-même un classique. La tournée passe alors par le Japon, où sera enregistré le live Kaizoku-Ban. Le groupe revient toutefois à un son plus agressif sur Russian Roulette en 1986. Au cours de la tournée, Peter Baltes, Wolf Hoffmann et Gaby Hauke (manager et parolière d'Accept et épouse d'Hoffmann) décident d'emménager aux États-Unis.
Les musiciens composent alors des titres plus orientés Hard FM, qui ne conviennent pas à Udo Dirkschneider. Le chanteur décide de fonder son propre groupe de Heavy Metal, U.D.O. (dont le premier album, Animal House, est cependant composé par Accept). Il faut alors attendre 1988 pour que soit recruté son successeur, David Reece (ex-Dare Force). Jörg Fischer, quant à lui, quitte définitivement l'aventure peu avant l'enregistrement de Eat The Heat, qui sort en 1989. Pour la tournée, Jim Stacey (ex-Breakpoint) prend le poste de guitariste vacant. Toutefois, ni l'album ni la tournée ne reçoivent le succès escompté. À cela s'ajoutent des problèmes de dos du batteur Stefan Kaufmann qui le contraignent à une hospitalisation, et surtout des conflits internes entre Reece et les autres membres, menant à une première séparation fin 89.

Suite au succès du double album live Staying A Life (enregistré en 1985 et sorti en 1990), le groupe se reforme en 1992 avec Udo Dirkschneider au chant et sans second guitariste. Objection Overruled (1993) est composé dans le style Heavy qui a fait la renommée d'Accept et se voit bien accueilli. Durant l'enregistrement de l'album suivant, Stefan Kaufman est de nouveau victime de problèmes de dos. Il est alors remplacé par Stefan Schwarzmann (ex-Running Wild, ex-U.D.O.). Death Row, et surtout Predator deux ans plus tard, marquent des évolutions stylistiques pas toujours bien reçues des fans. En outre, de nouvelles tensions opposent Dirkschneider à Hoffmann et Baltes. Accept se sépare pour la seconde fois en 1996, le chanteur reformant U.D.O. et Hoffmann se consacrant désormais essentiellement à une carrière de photographe professionnel.

Le groupe se réunit de nouveau en 2005 pour une série de festivals, reprenant Herman Frank au poste de second guitariste. Udo Dirkschneider rejette toutefois l'idée de participer à un nouvel album, et il faut attendre 2009 pour que Baltes et Hoffmann rencontrent le chanteur Mark Tornillo (ex-TT Quick) à l'occasion d'un simple jam. C'est finalement la renaissance d'Accept. Blood Of The Nations sort en 2010 et se voit bien accueilli, de même que Stalingrad deux ans plus tard. Blind Rage, en 2014, est suivi du départ de Frank et Schwarzmann qui préfèrent se consacrer à leur groupe Pänzer. Ils sont remplacés respectivement par Uwe Lulis (ex-Grave Digger, ex-Rebellion) à la guitare et Christopher Williams à la batterie. C'est sous cette configuration que sort le quinzième album studio, The Rise Of Chaos, en août 2017.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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The Rise Of Chaos ( 2017 )

Quand on considère l'historique d'Accept, avoir sorti trois albums d'affilée sous le même line-up depuis la reformation relève presque de l'exploit. On commençait à les croire stables et réglés comme une horloge avec une sortie bisannuelle, nous voilà détrompés. Il aura cette fois fallu attendre trois ans pour voir le successeur de Blind Rage, avec du changement du côté de la batterie et de la seconde guitare. Inutile toutefois de s'attendre à un quelconque revirement, Hoffmann tient toujours fermement la barre avec pour mot d'ordre : écrire les chansons comme il l'aurait fait il y a trente ans, tandis que Mark Tornillo, avec son timbre éraillé, prouve une fois de plus si besoin était qu'il n'y a pas lieu de regretter l'absence du frontman historique Udo Dirkschneider.

À première écoute, on aurait pourtant tendance à se dire que l'album n'apporte pas grand-chose, que le groupe est peut-être passé en pilote automatique. Et puis on se surprend à y revenir, à écouter les compositions d'une oreille plus attentive, et à se dire que finalement elles ne sont pas si faciles que cela, plus riches qu'on ne l'aurait cru. Alors le constat s'impose : Accept ne se cantonne pas à son Heavy Metal par laxisme. Il le fait par passion.
Les dix titres, sans révolutionner le genre, se montrent dignes d'un héritage lourd d'une quarantaine d'années tout en jouissant d'une production résolument moderne. En bref, c'est du Heavy ultra classique, mais question efficacité, ça se pose là. Les textes sont comme d'habitude assez sombres, abordant la situation politique mondiale et l'impression de chaos généralisé (Die By The Sword, The Rise Of Chaos, Race To Extinction), l'addiction (Hole In The Head), la crédulité des masses (Koolaid, qui s'appuie sur une référence au suicide collectif de la secte du temple du peuple en 1978) ou encore la perte de repères dans le monde moderne (Analog Man, avec son côté Hard Rock qui renforce l'aspect rétro du propos), sans toutefois s'interdire quelques pointes d'optimisme (No Regrets, What's Done Is Done).

Certes, on pourra toujours déplorer l'absence de nouveauté, on ne s'interdit notamment pas de rêver que Wolf Hoffmann s'inspire de son penchant pour la musique classique (mis à profit dans son album solo Headbangers Symphony) pour l'inclure dans son groupe principal au-delà de quelques brefs clins d'œil, mais Accept insuffle suffisamment d'énergie et de conviction à ses morceaux pour qu'on se dise que, s'ils étaient sortis dans les années 80, ils seraient probablement eux aussi devenus des classiques. Faire encore preuve d'une telle ferveur au quinzième album, n'est-ce pas déjà suffisant pour un groupe de cette trempe ?

A écouter : The Rise Of Chaos, Koolaid, Analog Man...