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Biographie

Abysse

Groupe originaire de Cholet, Abysse met quelques temps avant de se lancer dans le grand bain en 2006 avec son premier huit titres Eight Hours Before Dawn dans lequel il pose les premières pierres d'un édifice toujours en construction que viendra compléter De Profondeur En Immersion, sorti en 2007. Le groupe revient dès l'année suivante avec un nouvel EP prometteur sous le bras répondant au nom de Le Vide Est Forme.

Il faudra patienter quatre ans avant de voir débarquer le premier album, En(d)grave, chez Black Wave Promotion. Le bon accueil critique du disque leur permettra de tâter du Hellfest et du Motocultor l'année suivante. Abysse émerge à nouveau quatre années plus loin (en 2016 donc) pour nous gratifier de son metal toujours instrumental à travers un deuxième album : I Am The Wolf.

15 / 20
2 commentaires (15.5/20).
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I Am The Wolf ( 2016 )

En 2012 Abysse nous livrait En(d)grave, premier album de haute tenue, déployant un (post) metal instrumental déjà fort bien agencé, assez mature pour son âge. Quatre ans plus loin voilà les Choletais de retour avec un second pavé de sept titres, au visuel très classe, promptement nommé I Am The Wolf.

Mordant, carnassier, mais sachant aussi faire preuve de douceur et de compassion aux moments opportuns (notamment sur le langoureux Frozen Flesh), ce deuxième long accentue le brouillard qui entourait les intentions stylistiques éparses du groupe tout en solidifiant le propos. Bien qu’il n’en manquait pas, le quatuor semble avoir gagné en assurance et l’objet dans son entièreté paraît finalement plus structuré, quoiqu’un peu court. Une alchimie renforcée aussi, qui se ressent dès l’entame du bestiau par un Persuasion tout à fait explicite.

Comme c’était le cas sur En(d)grave, le rendu est clair et puissant, sublimant une batterie centrale, aux frappes mesurées, précises, au diapason d’une basse qui creuse grassement sa propre tombe, tandis que les guitares alternent les plans lourds et mélodiques ou soli judicieusement intégrés, de manière fluide et cohérente, à des lieux de l’astiquage de manche, sans occulter la nécessité d’un groove quasi-permanent (le grassouillet et chaloupé I Am Ready To Be Her Son). Une atmosphère épique et résolument terrienne se dégage de l’ensemble, dans la lignée abstraite des Chicagoans de Pelican et des incontournables Tool ou Cult of Luna, voire même des compatriotes de Gojira, nous enveloppant au fur et à mesure, dévoilant ses grisants détails à force d’écoutes, et nous achève par un morceau-fleuve délicieusement aérien (Reality and Secret), d’abord un brin mystique et flamboyant, puis investi d’un piano délicat pour finir sa course au fond de sa tanière, rassasié et reposé.

Abysse est revenu plus fort, plus confiant, plus tout en fait, et on ne manquera pas de savourer des prestations scéniques à la hauteur qualitative de l’objet. Le metal instrumental n’est toujours pas une pratique courante dans nos sous-sols, mais les Choletais en ont déjà défini quelques lumineux contours.

Disponible à toutes les sauces sur Bandcamp.

A écouter : C'est mieux qu'à lire.
15.5 / 20
16 commentaires (16.91/20).
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En(d)grave ( 2012 )

Quatre ans. Tel était, au matin de la release party de son premier album, le délai écoulé depuis la dernière apparition d'Abysse au programme des sorties. Quatre ans à retenir son souffle c'est long d'autant plus que le quatuor a, vu de l'extérieur, peu ou prou passé la moitié du temps écoulé en quasi-hibernation. Pourtant, à chacune de ses (rares) sorties Abysse aura exposé une franche envie d'en découdre, affichant des prétentions et un niveau de virulence en hausse régulière qui laissaient augurer du meilleur pour un Long Play que l'on n'attendait presque plus. Bouclé fin 2011, En(d)Grave débarque enfin au printemps 2012.


En(d)Grave, bien qu'issu de l'imagination d'un groupe qui s'est un peu trop fait oublier, reste le premier album d'une formation déjà débrouillarde qui s'est en prime laissé le temps de développer un son déjà prometteur. Les premiers frémissements sont d'ailleurs explicites au possible quand à la teneur des trois quarts d'heure à venir: en dépit de son mutisme forcené et de sa discrétion Abysse a continué sa mutation. Remuant, racé et définitivement ferme sur ses bases, c'est un nouveau visage que dévoile le quatuor dès Eagle Of The Haast / Ten Thousand Changes. Ses contours, reconnaissables mais toujours aussi difficilement identifiables se sont affirmés, affermis voire franchement durcis. Toujours sans extravagance particulière, les choletais avoinent avec une force que l'on ne leur connaissait jusqu'à présent qu'en live un Metal plus fort en progressions longue durée, plus complexe et, surtout, beaucoup plus puissant et explosif que par le passé. Impose la force de son propos plus qu'il ne la dévoile timidement.

Et surtout Abysse continue de sonner comme Abysse. Mais en mieux. La mal nommée Mastodon et sa lointaine voisine Light For Wheke auront beau soulever quelques inquiétudes avec leurs faux airs Gojiriens les choletais bifurquent comme à leur habitude bien vite et avec leur éternelle fluidité vers un plan du cru, qui, invariablement, semble ne précéder que de peu la mutation suivante du gros monolithe que semble en réalité être En(d)Grave. A force d'écoutes répétées, là même l'on devrait s'amuser à discerner chaque fois plus les subtilités des sept compositions faisant En(d)Grave, c'est au contraire un sentiment d'unité qui frappe. Un magma d'idées et de riffs en fusion crevé de petites bulles de génie, continuellement remodelé avec une volonté inébranlable d'aller de l'avant, de proposer une musique plus primairement efficace mais aussi intelligible qu'intelligente refusant d'aller se vautrer sur un confortable matelas de lieux communs. Tout morceau en appelle un autre, chaque écoute une suivante et l'ensemble met régulièrement en échec toute tentative d'assimilation avec l'album du voisin. 

Plus direct et toujours aussi étrangement flou, l'ex "môme" Abysse réussit le petit tour de force de se continuer de se démarquer sans, semble-t-il, toujours rien inventer d'absolument révolutionnaire, noyant des influences faussement lointaines (Tool et Hypno5e, notamment) dans sa petite mer d'idées fraîches. En(d)Grave se révèle être un disque costaud, expressif et vivant d'ores et déjà classable un bon cran au dessus des premiers ébats du groupe en terme de composition et d'énergie. Au final on regrettera seulement un peu le timing qui place aujourd'hui d'avantage ce premier album dans le haut du panier de toute une frange de la scène française globalement en forte progression/confirmation (Hypno5e, Uneven Structure, Om Mani, Hacride, Step In Fluid, Eryn Non Dae....), que dans le wagon des très grosses sorties de ces dernières années. Cette considération mise à part on retiendra surtout qu'Abysse vient probablement, avec ce petit disque ultra solide, de s'ouvrir quelques portes qui lui permettront, espérons le, de revenir à nouveau plus vite et encore plus fort.


A écouter : Ten Thousand Changes, Golden Life, Sharp And Chrome...
14.5 / 20
2 commentaires (15.5/20).

Le Vide Est Forme ( 2008 )

2008 : Abysse, quatuor en provenance de Cholet signe Le Vide Est Forme. Un titre énigmatique pour un groupe probablement amené à se faire de moins en moins discret... un titre à la signification incertaine comme pour illustrer des sonorités quelques peu insaisissables.

Si les deux premiers efforts du groupe furent une mise au monde rapidement suivie des premiers cris du nouveau né, Le Vide Est Forme nous permettra alors de suivre ses premiers pas. Toujours en apprentissage et dépourvu de parole, le voici donc qui part à la conquête du monde, curieux et plein d’entrain, mettant en œuvre des capacités d’assimilation que nombre de ses aînés auront perdu avec l’age. Les regards se tournent alors vers lui, suivant ses pérégrinations volontaires bien qu’encore hésitantes avec intérêt parfois teinté d’amusement… mais aussi peut être de fascination. En effet, l’enfant apprend et grandit vite, très vite. Bien plus rapidement que nous ne sommes vraiment capables de le réaliser à vrai dire…

Si je me permets une telle métaphore c’est peut être parce que je n’ai finalement rien trouvé de mieux pour retranscrire le sentiment que m’inspirent ces deux (longs) titres : celle d’une éclosion en cours, d’un instantané d’une entité complexe en devenir. Le groupe, en continuant de laisser le chant au placard, ne prend pas ici le chemin le plus facile tant ce choix pousse à l’excellence en matière de composition pour éviter de susciter l’ennui. Et pourtant Abysse trace sa route, nous invitant à le suivre une vingtaine de minutes durant à suivre son fil d’Arianne, que l’on saisira d’abord avec méfiance avant de le laisser nous guider les yeux fermés. Les compositions très évolutives, tenues à la seule force des instruments, tournent, louvoient, s’envolent, se calment mais jamais ne tombent à plat ou ne se contentent d’empiler les plans dans une démonstration permanente. Le « gosse » apprend quand même sacrément vite et, bien qu’il n’invente encore que peu de choses, il a déjà l’intelligence d’éviter de bêtement reproduire ce qu’il aura pu observer du haut de sa jeune existence. Les expériences Eight Hours Before Dawn et De Profondeur En Immersion n’auront donc pas été vaines. Abysse retient l’attention voire passionne… et flatte le tympan. Abysse a déjà tout compris et met petit à petit son apprentissage en application. Amateurs de Metal Progressif, vous voilà prévenus.

Bien sur tout n’est pas parfait dans cet EP mais si les choletais pouvaient s’en servir comme tremplin pour continuer à développer une personnalité qui demande encore à être affirmée, je dois bien avouer que je serai le premier ravi. Un Metal ambitieux comme celui-ci aussi bien exécuté par un jeune groupe j’en veux tous les jours. Ca change du Deathcore adulescent en slim et c’est pas plus mal à vrai dire. En attendant on va leur souhaiter une adolescence pas trop mouvementée et leur donner rapidement rendez vous à l’age de raison parce qu’a mon avis tout cela risque d’être fort intéressant…

A écouter : Les deux titres.