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Biographie

Abbath

Cela couvait depuis quelques années, Immortal jette l’éponge et ses deux têtes pensantes, Demonaz et Abbath Doom Occulta font cavaliers seuls. C’est tout naturellement que Abbath prend le nom de son créateur et se forme début 2015. Très rapidement rejoint par le bassiste King (Gorgoroth, I, God Seed) et Creature (Benighted, Sabaton, Decapitated) à la batterie, Abbath est prêt à en découdre : La première apparition live de la formation se fera au Tuska Open Air Metal Festival en Finlande avec un set composé essentiellement de titres de Immortal, suivra une prestation en France, au Fall of Summer ainsi que plusieurs dates en Angleterre. Abbath est signé par le label franco-américain Season of Mist, sur lequel il sort un premier sans titre, puis Outsrider et Dread Reaver

Chroniques

Dread Reaver Abbath

Dread Reaver ( 2022 )

Depuis le départ de son chanteur guitariste iconique en 2015, Immortal n'a pas franchement brillé. Peut-être faut-il miser sur son ex-leader Abbath, désormais en solo depuis 3 albums ? 

On ne peut pas dire que Dread Reaver surclasse franchement le Northern Chaos Gods d'Immortal. À première vue, le dernier né d'Abbath bénéficie quand même de quelques atouts charme : une pochette qui attire l'œil (on pense au Legend de Ridley Scott), un son de grattes mordant. Le fond de gorge angineux caractéristique du chanteur est toujours de la partie, avec quelques faux airs de Sir Lemmy Kilmister (la fin de Myrmidon). Mais l'ingrédient principal manque à l'appel : Dread Reaver manque bien souvent de riffs intéressants, les guitares sont le parent pauvre sur une bonne moitié du disque. 

Après s'être mouillé la nuque sur Acid Haze (répétons-le, le son de gratte colle sacrément aux dents et fait son petit effet), il faudra patienter pour atteindre le duo gagnant. Myrmidon (4eme sur la tracklist) lâche un coup de fouet bien appréciable après un mid-tempo sans accroche forte. À sa suite, The Deep Unbound fait office de lessiveuse avec sa batterie impitoyable calée sur des notes arrachées qui sentent bon l'urgence. On pourra enfin saluer le placement vocal sur Scarred Core, Abbath met un coup d'accélérateur derrière le micro et dynamise un titre pourtant pas des plus transcendants instrumentalement parlant. 
En dehors de ces quelques bonnes idées, l'album oscille entre l'anecdotique et le carrément poussif (Dream Cull). Avec ce répertoire Black/Heavy/Thrash, le clown blanc du Black Metal dispose d'une large palette mais se contente souvent d'idées basiques. En témoigne le dernier titre, qui se satisfait d'un motif sur lequel tout guitariste pourrait tomber en s'échauffant gentiment sur son instrument. 

Abbath signe un disque pouvant faire illusion pour qui l'écoute d'une oreille distraite, mais ce troisième album reste globalement plat, sans le grain de folie ou de génie que l'on est en droit d'attendre du bonhomme. 

15 / 20
14 commentaires (14.75/20).

Abbath ( 2016 )

Le départ d’Abbath d’Immortal n’a pas réellement été une vraie surprise. On savait que Demonaz et lui entretenaient des rapports assez tendus, le groupe s’était d’ailleurs séparé au milieu des années 2000 et les ex-compères avaient entamé chacun de leur côté une carrière solo avant de vite se rabibocher. Cette réconciliation donna naissance à All Shall Fall en 2009, puis, plus rien, si ce n’est un live, The 7th Date Of Blashyrkh, dont le contenu sonnait tournée d’adieux. Pour ce nouveau (nouveau) départ solo, Olve Eikemo n’a pas cherché bien loin, il a sobrement nommé son groupe ABBATH (en majuscule) et n’a même pas pris le soin de baptiser sa première œuvre, on en viendrait à penser qu’il l’a presque fait exprès… 

Nul besoin d’être un grand spécialiste du Metal Extreme ou du Black Metal norvégien pour constater que cet album éponyme s’inscrit dans la continuité du style des derniers Immortal, à savoir un Black froid, violent, légèrement orienté Heavy / Thrash. L’impression se confirme très vite, ABBATH fait dans le standard avec le très agressif To War! en ouverture qui multiplie les blasts de batterie et le riffing assassin version blizzard. Même punition avec Ashes Of The Damned qui lui développera néanmoins par moments une tendance Heavy avant de terminer aussi brutalement qu’il a commencé. Ce style est plus que mis en exergue sur Count The Dead, qui même s’il fait un peu cliché représente bien l’ambiance générale et le style ABBATH. Les tempos sont très variés, on passe d’un riffing Black à des plans plus Heavy avec des transitions très justes. S’il est vrai que rien n’est surprenant jusque ici, on constate tout de même que Abbath sait toujours y faire et que les compositions sont de qualités. La formation ne réinvente pas le courant, elle le perpétue avec son empreinte et son caractère. Winterbane ne prouvera pas le contraire, son tempo martial dégage énormément d’autorité, impossible de ne pas se mettre au pas et de battre la mesure, même pendant le refrain. Ocean Of Wounds et Fenrir Hunts sont à citer parmi les titres les plus réussis, le premier très down-tempo met en évidence les vocaux d’Abbath, tandis que le second sera lui une véritable déferlante de violence qui rappellera sur certains passages Pure Holocaust et Battles In The North, toute proportion gardée. 
Sans excès de chauvinisme, il serait dommage de ne pas parler de la prestation de Creature, qui n’est autre que le batteur français Kevin Foley (Benighted, Sepultura, Decapitated, Sabaton...). Il prouve une fois encore son incroyable capacité à s’adapter à tous les styles et imposer sa signature, sa copie est parfaite. Ce n’est pas s’avancer de dire qu’un batteur scandinave n’aurait pas fait un meilleur travail, son jeu est totalement dans l’esprit Black Metal, ses frappes précises et violentes à la fois. 

Si musicalement peu de reproches sont à faire, on regrettera tout de même que Olve Eikemo mise essentiellement sur son pseudonyme pour lancer sa nouvelle carrière. Du nom du groupe, à celui de l’opus, en passant par l’artwork tout tourne autour de ce qu’il convient désormais d’appeler une marque : Abbath. Eikemo a une crédibilité assez conséquente dans le Metal Extreme, était-il nécessaire de sacrifier son pseudonyme sur l’autel du marketing ? 

Varié et percutant, ABBATH fait le job avec ce premier opus en s’appuyant sur ce que son leader fait de mieux : du Black Metal, tout simplement. Les amateurs d’innovations et de prises de risques n’y trouveront pas leur compte, en revanche les fans adouberont sans aucun souci un album qui fait dans le classique, certes, mais qui le fait avec classe et métier.

A écouter : Tout et très fort