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Biographie

Aarni

L’histoire d’Aarni débute en 1998 en Finlande, sous l’égide de Markus Marjomaa (Umbra Nihil), après que celui-ci ait quitté le groupe de Gothic Metal Inevitable. Master Marjomaa, comme il se fait appeler, crée, avant même une identité musicale propre à son projet, tout un univers autours de celui-ci. Ainsi naissent des personnages fictifs censés faire partie de la formation, burlesquement nommés Comte de Saint Germain, Doomintroll et Mistress Palm. Le frontman quelque peu original, crée également tout une imagerie psychédélique, à l’image de l’artwork du premier album du groupe : Bathos qui parait en 2004. La musique qu’il contient est totalement à son image, alliance de naïveté et d’un fourmillement de détails instrumentaux, il sert un Doom Metal Avantgardiste aux consonances très folkloriques, totalement à part sur la scène Metal. En 2008 il sort un second effort tout aussi barré, nommé Tohcoth ainsi qu'un split avec Persistence In Mourning en 2010.

Chronique

14 / 20
1 commentaire (13/20).
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Bathos ( 2004 )

Le doom métal connaît une période faste aux allures de démocratisation. Sans oublier le fait qu’il s’agisse tout de même d’un genre  dit « extrême », il est même en pleine expansion et les groupes pullulent à travers l’occident, représentant peut-être un mal être profond lié à la société moderne des pays qui le composent. Musicalement parlant, la bête commence donc à se mordre la queue, comme n’importe quelle autre et l’originalité comme toujours, se retrouve chez ceux qui savent aller dans la bonne direction, enrichir le genre par des préceptes en devenir. Parmi ceux là donc, il serait de bon ton d’utiliser pour certains, comme cela est fait pour le black métal notamment, le terme d’avantgarde, sorte de fourre-tout des projets les plus barrés et originaux de la mouvance. Vous l’aurez deviné, Aarni a toujours plus ou moins fourni un doom avantgardiste et c’est donc sur son premier album, Bathos, que l’on peut enfin mesurer la direction que prend l’art de son créateur.

Avec un artwork complètement halluciné, haut en couleurs et grouillant de détails, le disque sort déjà des sentiers battus et des préceptes établis. Au niveau du contenu, on retrouve bien entendu des bases doomesques : tempo suicidaire, riffs aux relents heavy metal, growl déchirés et autres ambiances malsaines qui, seules, seraient très certainement d’un intérêt très relatifs. Tout le charme de Bathos  réside donc bien plus loin, derrière les frontières, dans un pays imaginaire, peut-être à l’image de la pochette, où délires folkloriques cohabitent avec émotion et autres divagations touchant largement à la world music. Avec certainement peu de moyens, Master Marjomaa propose un disque à la production très pauvre qui sent franchement le bidouillage, où il assure chacune des parties, de la guitare à la programmation de la batterie. Mais qu’importe : les titres d’Aarni ne se révèlent pas pour autant mal interprétés par le finlandais qui semble être un musicien fort complet, et sont même extrêmement riches et truffés de rebondissements. Les panoramas décrits dans Bathos sont donc fort diversifiés, et on aura tantôt droit à une triste mélancolie automnale caractérisée par de doux arpèges en son clair, tantôt des espérances utopiques ou fausses joies presque new wave et tantôt d’étranges rites sectaires nocturne, via une voix ténébreuse (Niut Net Meru). En 9 titres tous assez long, un dépaysement vous attend, grâce notamment aux nombreux éléments folkloriques jonchant le parcours rock progressif que vous emprunterez. Ainsi, une légère flûte souligne bien souvent les riffs de guitare dans leurs complaintes galopantes quand ce ne sont pas de nombreuses percussions chromatique ou non, tantôt martiales tantôt tribales qui servent même d’embasement à des ambiances presque insulaires (Mental Fugue). Aarni fait voyager donc, offrant un panel d’unités sonore incroyablement vaste et original, quitte à tomber dans la candeur. Malheureusement cette naïveté a un prix, et elle se transforme parfois en simplicité, voire en maladresse. De formidables passages en côtoient d’autres franchement gauches, tant au niveau du fondement des mélodies que du callage rythmique ou des structures et c’est là tout le malheur de Bathos, qui sans cela aurait été un disque incroyable.

Evidemment, ce premier album d’Aarni reste très bon, offrant une céleste virée au pays du doom enchanteur sans limite. Malgré ses petits défauts qui finalement ajoutent à l’ensemble un côté informel, collant totalement avec l’idée d’avantgarde, Bathos saura convaincre les plus ouverts d’entre vous, et pourquoi pas susciter un intérêt envers le doom métal plus général pour d'autres, malgré un domptage peu aisé, et l’ingestion d’un tel disque saura satisfaire plus d’un mélomane.

A écouter : Kivijumala; The Thunder, Perfect Mindfuck; Mental Fugue