Biographie

A Girl A Gun A Ghost

A Girl A Gun A Ghost est un groupe originaire de Savannah (USA), formé par Matte Wagner (Chant) Chris Hunter (Basse), Derek Lynch (Guitare), Chase Rudeseal (Guitare), Danny Worsley (Batterie). Très rapidement, le groupe sort un Ep Save This City, signe chez SOAR et sort début 2008 son premier album Through The Eyes Of Ahab. A Girl A Gun A Ghost joue un croisement entre metalcore et emocore, avec de multiples touches d'autres styles.

Chronique

12 / 20
1 commentaire (18.5/20).
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Through The Eyes Of Ahab ( 2008 )

Through The Eyes Of Ahab. A la vue de la biographie de Ahab (Achab en français, roi d'Israel aux environs de 860 avant J.C., ayant eu un règne plutot sanglant) et du nom du groupe, A Girl A Gun A Ghost, on pourrait s'attendre à un deathcore tout ce qu'il y a de plus classique. Pourtant, loin de là, A Girl A Gun A Ghost joue un croisement entre emocore et metalcore plutôt rentre dedans sur 55 minutes.

Lorsqu'on pense à emocore, on entend déjà la vague de groupes clonés, avec une musique si fade qu'elle inspire par moment le dégoût. Pourtant, certains arrivent à se sortir de l'océan sans âme et offrir des compositions intéressantes. C'est le cas avec A Girl A Gun A Ghost, qui sans forcément être la révélation, arrive à marquer suffisamment l'esprit et à avoir un concept original, fortement influencé par Every Time I Die au niveau des riffs, de la construction des morceaux ou même du chant.

Justement, un chant hurlé, mais avec suffisamment de variations pour éviter de devenir lassant (parfois proche du timbre crié des premiers albums de The Used), quelques passages plus clairs ("(Curse of ) The Horse Latitudes Pt 2"), une batterie et des cordes se rapprochant du jeu de The Chariot (à la fois maitrisé et totalement déconstruits par moments), des ruptures musicales parfois imprévisibles ("Street Rat’s Eyes", "Peregrine"), même si malheureusement les riffs ne sortent pas de l’ordinaire, quoiqu'extrêmement efficaces. La production, sans être particulière, rend hommage à chaque instrument, puisque tous sont parfaitement audibles, même lors des passages les plus chaotiques.

Si l'album peut sembler redondant lors des premières écoutes, du fait de la voix hurlée présente constamment ou de la batterie semblant répéter inlassablement le même rythme, une écoute approfondie permet de saisir les nuances de Through The Eyes Of Ahab. "The Ivory Tusk," instrumental plus aérien, moment apaisant précédant le déluge "A Lion in Your lap, a Lover in Your Arms", les cris désespérés de "...Of The Alaskan King", sur un tempo ralenti, lorgnant presque vers un postcore à la Devil Sold His Soul ou encore Street Rat’s Eyes et sa basse tonitruante, son solo final saturé de hurlements et pour finir l'excellente "The Fox is Restless (the Lamb is Found)", où sur 9 minutes A Girl A Gun A Ghost s'offre le luxe d’intercaler un léger passage acoustique entre deux déluges émotionnels.

Alors oui, A Girl A Gun A Ghost n'invente rien, copie même plutôt sur Every Time I Die, mais le groupe offre avec Through The Eyes Of Ahab un moment agréable. Sous leur apparence musicale somme toute basique, les morceaux recèlent de petits détails faisant leur charme (chœurs disséminés, un cri égaré ou encore un solo qui clôt un morceau), pourtant l'album est loin d'arriver à la qualité du premier Ep Save This City...

A écouter : Beware the Tales of Scorpions - The Fox is Restless (the Lamb is Found)