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Biographie

65daysofstatic

Fondé en 2001 sous la forme d’un trio, alors constitué de Joe Shrewsbury, Paul Wolinski, et de Iain Armstrong, le groupe 65Daysofstatic tirerait son nom du fait qu’il ait été amené à composer à ses débuts la bande sonore du film Stealth Bomber de John Carpenter mettant en vedette Kurt Russell. La sortie du film en salles fut retardée de 65 jours à cause d’une erreur de logistique.

En mai 2003, Armstrong quitte le groupe qui se voit alors réduit à l’état de duo. Durant cette année sera composé The Fall Of Math. Vers la fin de 2003, Rob Jones (Batterie) et Gareth Hughes (Basse) rejoignent le groupe. The Fall Of Math sort fin 2004, suivi de One Time For All Time un an plus tard.

Après de nombreux remaniement de line up, le groupe nous revient en 2007 avec le surprenant Destruction Of Small Ideas, chez Monotreme Records.

18 / 20
4 commentaires (16.5/20).
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Wild Light ( 2013 )

« No one knows what is happening, there is a lot of danger out there » (« personne ne sait ce qu’il se passe, le danger est grand là-bas»). Les seules paroles prononcées, dès les premières secondes, sur Wild Light symbolisent l’état d’esprit animant le groupe britannique sur cet album qui, je préfère vous l’écrire tout de suite, est certainement l’un des plus prenants de ces dernières années en matière de musique instrumentale. Il est question ici de beauté, d’audace et d’intelligence. Il est question d’une classe telle qu’elle place 65daysofstatic dans la catégorie des formations les plus sous-estimées du début du XXIème siècle. Sur ce disque, le groupe s’éloigne avec bravoure des rivages qu’il a l’habitude de longer pour s’aventurer au large, là où le cap se fait plus incertain mais où l’horizon sans limites libère les énergies créatrices les plus intenses, en même temps qu’il incite à adopter une vision plus épurée et précise de la façon dont le voyage doit être mené. Une dichotomie que les quatre de Sheffield s’approprient pourtant en proposant à la fois un foisonnement d’idées et une direction nette et précise. Qu’importe le but, c’est la façon de l’atteindre qui compte, et 65daysofstatic l’illustre sur chacun des huit morceaux d’un album qui continue, trois ans après sa sortie, à offrir une réserve inépuisable d’ambiances et d’émotions aussi fascinantes qu’émouvantes.

Le post-rock n’est jamais aussi touchant que lorsqu’il nous surprend, et Heat Death Infinity Splitter déroute d’emblée en nous propulsant la tête la première dans un mur sonique devant autant à Mogwai qu’à la scène Shoegaze, mais gardant tout de même une subtilité incarnée par les étincelles électroniques venant lui donner un relief insoupçonné au début du morceau. Massive et précise, la production vient parfaitement servir des compositions que je ne m’aventurerai pas à analyser en détail dans cette chronique sous peine de pondre une nouvelle, mais qui parviennent à rester fascinantes au fil des nombreuses écoutes que provoque de façon compulsive l’immersion dans Wild Light. Les titres rappelant les précédentes sorties du groupe prennent davantage l’aspect de mutations que de suites logiques. Prisms et ses rythmes électroniques se voient parés de guitares et de claviers aériens avant de se conclure sur quelques notes d’un piano que l’on retrouvera à plusieurs reprises par la suite. L’épileptique Blackspots prend lui aussi un chemin qui semble familier à ceux qui suivent le groupe depuis longtemps, mais fait preuve d’une fraîcheur, grâce encore à un travail remarquable sur les guitares, qui lève tout doute sur la capacité des Anglais à emmener leur musique dans une autre dimension. Une dimension à laquelle il devient facile d’accéder lorsque s’installe la transe de Sleepwalk City, dont le minimalisme peut donner une trompeuse impression de simplicité.
 
Le piano mentionné plus tôt prend une place de plus en plus importante, comme sur le très optimiste Taipei, et vient apporter le supplément d’âme qui pouvait parfois manquer au groupe par le passé. Quatre ou cinq notes placées au milieu du somptueux The Undertow suffisent à émouvoir et prouvent que 65daysofstatic a désormais suffisamment de maturité pour oser faire durer ces instants de calme, dans l’oeil d’un cyclone perpétuel, gagnant ainsi le recul nécessaire au développement de sa musique. L’immense Unmake The Wild Light vient enfoncer le clou avec ses breaks inattendus, véritables coups de boutoir contre une mélodie qui parvient tout de même à leur résister, avant de finalement rendre les armes lors d’un final électrique. La sensation de sécurité qui se dégage du début de Safe Passage, épilogue que l’on pense au premier abord apaisé et contemplatif, vient rapidement laisser la place à une angoisse nous rappelant que l’exploration d’un territoire inconnu ne fait finalement que nous rapprocher de ses limites et de la crainte de n’avoir plus aucune raison de s’émerveiller. Heureusement pour nous, il reste la musique.

16 / 20
4 commentaires (15.25/20).
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The Destruction Of Small Ideas ( 2007 )

Ceux qui ont eu la chance (et si ce n’est pas déjà fait, empressez vous de rectifier ça !) d’écouter l’excellent Fall Of Math, véritable perle de Post Rock nappé d’électro, risquent d’être quelque peu déstabilisés à l’écoute de ce nouvel album, qui paraît au premier abord beaucoup plus complexe et difficile d’accès que son prédécesseur. En effet, là où sur Fall Of Math le groupe misait tout son potentiel sur l’aspect très épuré et émotionnel des mélodies, il propose aujourd’hui des morceaux bien plus complexes et décousus, mais sans pour autant laisser de côté son sens de la mélodie qui lui conférait toute sa sève.

Si lors des premières écoutes le tout peut sembler trop décousu pour avoir le potentiel émotionnel de Fall Of Math, il apparaît au fur et à mesure des écoutes qu’au lieu de le réduire voir de l’occulter, ce nouvel appareil de la musique si personnelle du groupe décuple par effet de contraste l’impact émotionnel de la musique.

En tant qu’Alchimistes de la musique ambiante et douce, nos anglais de 65DaysOfStatic ont ici trouvé, plus encore que sur Fall Of Math, la formule destinée à allier la complexité d’une musique électro très décousue à la fraîcheur de mélodies minimalistes aussi simples que belles,

L’album possède de ce fait les défauts de ses qualités, car du fait qu’il soit davantage destiné à s‘apprécier sur la longueur que son prédécesseur, il perd de ce fait en accessibilité et en spontanéité… la rançon d’une prise de risque que peu de groupes ont su prendre au cours de leur carrière.

Au final, richesse et minimalisme auront rarement aussi bien cohabité que sur ce nouvel album. En osant mêler les contraires, le groupe a réussi à nous offrir un album dense et riche, et pur d’innocence.

A écouter : En entier et avec attention