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Biographie

125, Rue Montmartre

La carrière de 125, Rue Montmartre aura été très brève. Le groupe (dont le nom vient du film avec Lino Ventura) est fondé à Bielefeld en Allemagne en 1999 par Lars Hillebrand et Philipp Heidemann aux guitares, Kerstin Lienen au chant, Thomas Herlth à la basse et David Lichtenberger à la batterie. Un split avec Maggat voit rapidement le jour la même année alors qu'un s/t de trois titres lui succède en 2000 peu avant que le groupe ne disparaisse dans les limbes de l'Emo.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (16.5/20).

125, Rue Montmartre ( 2000 )

S'il existait un dictionnaire ou chaque groupe de musique définirait un mot, 125, Rue Montmartre décrirait celui de l'éphémère. On lirait ainsi dans ces pages : éphémère : qui ne dure qu'un temps, qui est de courte durée. ex : 125, Rue Montmartre. Deux titres sur un split avec Maggat, deux autres évaporés sur des compilations et puis finalement un self-titled composé uniquement de trois perles. Trois petits titres et puis s'en vont. La provisoire formation allemande n'était pas fait pour durer, simplement livrer avec sincérité des compositions qui prennent aux tripes, au cœur et à l'âme.

125, Rue Montmartre menait l'existence d'un insecte et savait déjà probablement que son sort en serait jeté. Tel l'envol d'un papillon le groupe se déploie peu à peu, se replie sur lui-même, dans un cocon si fragile. Les cordes semblent être au point de rupture, si frêles qu'elles pourraient se briser d'une note à l'autre. Et ces notes fuient, veulent échapper au temps qui inexorablement les rattrape, une fin qui inlassablement se rapproche. 125, Rue Montmartre se fait même énergique sur "Disco Hijack" lutte et n'abandonne pas pour autant le combat sur les refrains noisy de "Safari" comme des derniers sursauts de bravoure. La voix de Kerstin, bancale, peu assurée mais d'une émotion folle, n'a pas son pareil pour toucher sans détour en particulier sur "Revolver", lorsqu'elle chante en français. La cohésion entre le rayonnement des instruments et cette voix délicate apporte donc sur ces trois titres une sensibilité à fleur de peau. So Emo comme on dit. Malgré cela, 125, Rue Montmartre est en équilibre instable, précaire, ou les dernières notes de "Safari" semblent tomber telles des gouttes d'eau sur les vitres d'une fenêtres, empreintes d'une mélancolie certaine. Et c'est déjà la fin, avec cette impression qu'il manque quelque chose, avec un goût d'inachevé. On s'en doutait, son existence serait temporaire, fugace, mais demeure un essentiel de l'Emo 90's.
Muni d'une production lo-fi, ce s/t peut déstabiliser, mais n'en demeure pas moins prenant, par ce côté vintage dans le son, à l'ancienne, sans fioriture, juste par ces instruments et cette voix. Pourquoi se cacher derrière un confort sonore quand le but est d'atteindre le cœur et pas simplement les oreilles? C'est également tout ce qui donne cette âme au groupe, ou l'unique intention est d'être simple, sincère, touchant.

L'on peut se poser la question de pourquoi 125, Rue Montmartre est parti si tôt alors qu'ils auraient encore pu nous faire vivre des moments si intenses, prolonger ses instants de grâce, toujours nous porter en apesanteur? Mais peut-être est-ce côté éphémère qui rend les choses encore plus belles, qui fait que l'on contemple des choses en apparence sans importance, alors autant en profiter.
« Notre vie est un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit
Nous cherchons notre passage
Dans le ciel ou rien de luit »

A écouter : toujours, jamais.
125, Rue Montmartre

Style : Emo / Lo-Fi
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Origine : Allemagne
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