Metalorgie Monthly Avril 2024

Qu'est-ce que l'équipe a écouté ces derniers temps ? Du neuf et des vieilleries, du Metal, du Punk, ou tout autre chose. C'est à découvrir dans ce nouveau numéro de Metalorgie Monthly.
 

Le mois d’avril de…

Skaldmax

Burial - Untrue (2007)
Parkings souterrains, hangars désaffectés, néons blafards. Je ne peux pas imaginer autre chose en écoutant Untrue, mélange de rythmiques House et de nappes Ambient aux nuances grisâtres. Les samples vocales qui parsèment ce disque immersif seront vos guides pour escalader des grillages et ouvrir des entrepôts. A ranger près de Portishead, Massive Attack ou du Ulver le plus urbain. 

OonaInked

The Mayan Factor - Huracāne (2024)
En voilà, un groupe qui avait complètement disparu de la circulation et dont on n'attendait pas de comeback ! Enfin, pas vraiment une résurrection, puisque c’est dans la plus grande des discrétions que le groupe de Baltimore dévoile Huracāne, compilant une dizaine de titres déjà parus, sans promotion, sans artifices et sans aucun remaster de derrière les fagots… En même temps, ils sont déjà intemporels et très bien tels qu’ils sont ! Pour les aficionados de Rock Progressif Tool-esque sur fond de percussions ethniques et sans accusations problématiques, Warflower et Hopi Elders sauront, j’espère, vous convaincre.

Teddy Swims - I’ve Tried Everything But Therapy, Part. 1 (2023)
Cette pépite a esquivé mon top 10 de l’an dernier et je ne me l’explique pas. Si vous n’êtes pas familier avec l’artiste, prenez un crooner ultra-tatoué à la Post Malone, des thèmes tels que les tumultes des relations amoureuses à la Taylor Swift, dépeints sur une instru Pop / R&B / Soul cuivrée à la Al Green et paf, ça fait des chocapics. Le mec a explosé les charts de dizaines de pays, il cumule les sold-out sur sa tournée mondiale jusqu'en octobre à minima, et ce n’est que son premier opus. Hâte de découvrir la suite.
Ndlr : Part 1.5 vient tout juste de sortir avec quatre titres supplémentaires qui valent tout autant le détour.

Kardashev - Peripety (2015)
A l’aube de leur retour sur scène après quasi neuf ans d’absence, les autoproclamés Deathgaze Daddies annoncent remettre le couvert en studio pour 2024 mais il est de bon ton de remettre en lumière le reste de leur discographie, très constante de bout en bout. Et c’est justement le premier long format du groupe qui nous intéresse ici : un mix global très organique, un chant clair est presque inexistant, mais le chant saturé du talentueux Mark Garrett sera contrebalancé par des nappes atmosphériques tirées du Blackgaze, et par une technicité instrumentale à toute épreuve. Le tout vous accompagnera pour un voyage mystique. Si vous aimez Black Crown Initiate, Rivers Of Nihil ou encore Magic Night (2016) de Violet Cold sans l'électronique, allez-y les yeux fermés... et la conscience ouverte.

Maxwell
En ce moment, j'ai pas mal d’écoutes rétro, non pas qu’il n’y ait pas d’actualités, mais ça fait toujours du bien de réécouter des classiques.

Faith No More - King For A Day, Fool For A Lifetime (1995)
Niveau plaisir d’écoute, c’est quand même difficile de faire mieux. Il faudrait peut-être un jour prendre le temps de faire une chronique sur le site sur ce merveilleux album qu’est King For A Day, Fool For A Lifetime. Prendre le temps de narrer proprement la manière singulière qu’ont les Californiens de construire des morceaux tels qu’Evidence, Digging The Grave, Take This Bottle, Just A Man… Des titres aussi différents qu’inventifs. 

Korn - Issues (1999)
C’est un opus incontournable du groupe, du Néo Metal et dans une certaine mesure de la musique de la fin du vingtième siècle et c’est toujours un pur plaisir que de se replonger dedans. Des titres absolument iconiques tels que Falling Away From Me, Make Me Bad, Somebody Someone et d’autres qui ont connu un succès moins important mais tout aussi prenant comme 4U, Beg For Me ou Let’s Get This Party Started. Une sorte de plaisir coupable qui fait du bien au corps et aux oreilles. Quelque vingt-cinq années après, Issues n’a pas pris une ride et qu’est ce que ça fait plaisir de se replonger dedans. Si jamais la nostalgie vous parle, ou si vous êtes plus jeune et n’avez jamais entendu Issues, allez-y !

Nine Inch Nails  - The Fragile (1999)
Avec clairement une préférence pour la partie Left que Right, c’est un album qui a tourné et tourné et retourné encore et qui est toujours dans mes écoutes du moment. Un album somptueux par bien des points et qui s’inscrit dans la longue lignée des excellents albums de Nine Inch Nails. C’est un album empli d’un tas de sentiments comme la rancœur, l’espoir, la tristesse et empli d’agressivité et de légèreté. C’est difficile de dire en quelques mots en quoi The Fragile est un chef d’œuvre et la seule question qui demeure est de savoir combien de fois encore ses échos retentiront.  

Mutoid Man - War Moans (2017)
Pourtant le moins bon des albums du groupe (aussi bien d’un avis général que personnel), je prends pas mal de plaisir à le redécouvrir récemment. Plus Rock et léger que le reste de leur discographie, il n’en demeure cependant pas moins intéressant sur pas mal de plans musicaux. Rétrospectivement également, c’était une pierre nécessaire à la bâtisse Mutoid Man qui nous a permis d’avoir le magnifique Mutants derrière et le redécouvrir sous cet angle, War Moans prend du sens et permet de l’apprécier un peu plus.

Better Lovers - God Made Me An Animal (2023)
C'est un ep intéressant de la part des anciens de Every Time I Die et The Dillinger Escape Plan. Une sorte de défouloir décomplexé d’artistes ayant des aspirations autres que ce projet, mais qui capitalise sur l’accueil positif de leurs fans qui retrouveront ici des bonnes vibes des groupes disparus. Ça reste, à mon sens, encore très inabouti et sonne un peu factice, un peu foutraque même parfois, mais ça demeure intéressant dans une certaine mesure. Je ne sais pas trop si c’est la nostalgie qui parle ou si c’est le fait d’entrevoir ce que ça peut donner qui me fait écouter God Made Me An Animal.

Rillettes

Weston Super Maim - See You Tomorrow Baby (2024)
Sorte de Mathcore sous stéroïde, ce projet ultra moderne dans ses compositions et sa production pioche des influences chez Car Bomb et Frontierer pour donner le ton. On trouve sur ce deuxième album une superbe variété de textures de sons, que ce soit dans les guitares ou sur les voix. Si vous avez des envies de murs sonores très denses et ultra-compressés, de vous faire touiller le cerveau pendant quarante minutes : ce nouveau Weston Super Maim est pour vous. 

Replicant - Infinite Mortality (2024)
En 2021, avec Malignant Reality, le combo américain frappait fort la scène Death dissonant, se plaçant dans l’ombre de Gorguts et Ulcerate. En ce mois d’avril 2024, le statut de super prédateur se confirme tout au long des 9 titres qui composent Infinite Mortality. C’est torturé, violent, bestial et vicieux. Le parfait équilibre entre l’intellectuel et l’émotionnel est atteint, chaque riff fait mouche et s’insinue profondément dans les oreilles. Si on admet que le Death dissonant rivalise d'ingéniosité depuis plusieurs années, ce Replicant place la barre très haut pour les sorties à venir, dans un avenir proche et lointain.

Job For A Cowboy - Moon Healer (2024)
Encore une nouveauté pour cette dernière proposition du Metalorgie Monthly ! Neuf longues années à attendre la suite de Sun Eater… Pour celles et ceux qui n’aurait pas pris le train en marche, Job For A Cowboy a laissé tomber le Deathcore en 2009 après un Ruination poussif pour se diriger vers un Death Metal moderne, assez technique et un tantinet progressif sur Demonocracy. La recette se révélant des plus savoureuses, les canadiens ont annoncé entamer un triptyque que Moon Healer clôt. Et si rien n’a changé ni dans le riffing, ni dans le chant de Jonny Davy, on reprend tout de même encore une grosse part de ce Prog / Death Metal technique avec plaisir. 

Fat 

Lysistrata - Veil (2024)
C'est sûrement l’album que j’ai déjà le plus écouté cette année. J’aime beaucoup l’évolution que prend le groupe sur ce troisième album (Horns, Okay). La prestation du groupe mi-avril sur la scène de L’Aéronef (Lille) et sa rencontre quelques heures avant pour une interview m’ont conforté dans l’idée qu’on reste face à un poids lourd de la scène alternative française.

Brutus - Unison Life (2022)
Après Lysistrata, voici un autre trio qui associe batterie et chant. Il m’a fallu un peu de temps pour apprécier à sa juste valeur le dernier opus en date des Belges, qui avait finalement fini dans mon Top 5 2022. Malgré le rythme fou de tournée du groupe, je n’ai jamais eu la chance de le voir sur scène. Je vais pouvoir me rattraper puisque je les vois deux fois à quelques semaines d’intervalle prochainement !

Weezer - Weezer (Blue Album) (1994)
Wi wi wi wi wi wi wi wi wiiiiiiiii C’est le son du fameux solo de guitare de Buddy Holly. Sûrement le solo le plus court, le plus improbable, mais aussi le plus incroyable des années 90. L’album fête ses trente ans prochainement et le groupe entame une tournée américaine avec The Flaming Lips et Dinosaur Jr. pour le célébrer. En espérant un passage en Europe l’été prochain ?

Zbrlah

Aviations - Luminaria (2023)
Le Prog c'est chiant. Je le sais : j’en mange tous les jours. Se farcir des solos de seize minutes dans des gammes pas intuitives, ça va un moment, merci j’ai déjà donné (non je rigole moi j’adore ça, mais je comprendrais que vous me répondiez sur ce ton-là). Alors oui, sauf quand on s’appelle Aviations. Tout est logique, fluide, très mélodique, truffé de piano aérien, et composé comme de la pop. Ça s’écoute tout seul, sans forcer, ça fout de bonne humeur. C'est du Prog qui passe inaperçu. Ça défonce.

Dream Theater - Dream Theater (2013)
Régulièrement, je reviens en arrière sur des disques que j’ai trouvé cool. Ça faisait un paquet de temps que je ne m’étais pas penché sur cet opus-ci des papas du genre et c’était un tort. Coincé entre A Dramatic Turn Of Event qui marque les timides débuts de Mangini à la batterie et le douteux The Astonishing, l’éponyme regorge en fait de compos "courtes" qui jouent vraiment sur l’efficacité, propose une des meilleures intros du monde, et se conclut par un “epic” de 22 minutes vraiment réussi. Contrat rempli.

Taylor Swift - The Tortured Poets Department (2024)
Je sais pas comment vous le dire mais je kiffe la musique de Taylor Swift. J’écoute du Post-Prog Indie djenty neo-proto-expérimentalo-instrumental et Taylor Swift. Des artistes qui ont 37 auditeurs mensuels sur Spotify et Taylor Swift. C’est comme ça. Je kiffe. Et ce nouvel album ne fait pas exception, il fonctionne super bien. Beaucoup de titres explorent le côté mélancolique de l’artiste, mais ce sont les plus pêchus, comme I Can Do It With A Broken Heart, que je risque d’écouter un sacré paquet de fois. Les détesteurs vont détester, tant pis pour les prog-snobs.

Pentacle

Fin Del Mundo - Todo Va Hacia El Mar (2023)
Fin Del Mundo c’est quatre musiciennes originaires de Buenos Aires d’Argentine. C’est surtout un live KEXP de fou qui m’a permis de les découvrir et de devenir instantanément fan. Rapidement, on pourrait les classer en Indie Pop, mais les musiciennes ont plusieurs cordes à leur arcs et ciblent les territoires du Shoegaze, de la Dreamp Pop, du Post-Rock et même de l’Emo. C’est ça qui rend Fin Del Mundo trop chouette, c’est sa versatilité, de faire le trait d’union entre tous ces styles et d’aligner mélodies et refrains fantastiques. Elles sont trop fortes, c’est doux, rassurant, prenant et c’est bien ça qu’il faut retenir. Je mets au défi que quelqu’un ne soit pas touché par leur morceau La Noche.

Frail Body - Artificial Bouquet (2024)
Artificial Bouquet est le second album de Frail Body et il envoie tout paître. Il est l’incarnation du full Screamo. Le full Screamo de ces dernières années. Intense sur ces 40 minutes, vener comme toutes les prod qui se font actuellement tels qu’Infant IslandJerome's Dream ou bien Dreamwell. Ça blaste à tout va, ça hurle dans tous les sens, mais ça donne envie de chialer à la moindre respiration. C’est notamment le cas sur la montée de Devotion qui rassure autant qu’il donne envie de se tailler les veines. Parlons aussi de Refrain qui témoigne d’une fulgurance et d’une grosse bagarre tout comme il calme les émotions en son cœur. Frail Body vient de sortir un pur album de Screamo comme il n’en sort que un ou deux par an : c’est celui-là.

Hands - Give Me Rest (2011)
Dix ans plus tard, après avoir été très élogieux au travers de la chronique de ce disque, je me rends compte que ce disque compte réellement, tel un Deafheaven de la même année. Sauf que Hands joue la carte du Post-Hardcore, de la rédemption, du pardon, du fait d’être quelqu’un de meilleur. Il y a quelque chose de Nietzchéen dans leurs compositions, de devenir une personne meilleure. Une positivité à travers la noirceur, très catholique à travers les valeurs de Hands, mais qui peuvent aussi parler à des personnes athées. C’est bien là qu’on se rend compte que Hands est fantastique, témoin d’une époque qui n'existe plus, comme s’ils avaient tout donné à travers ce Give Me Rest. Toujours est-il que cet album est une perle. A jamais.

Kebaba

Marie Klock - Damien Est Vivant (2024)
La reine de la chanson française déconcertante est de retour. Basé sur des textes de Damien Schutlz, disparu en 2022, Damien Est Vivant est une ode à cette poésie bizarre et étrange, dérangeante et universelle. On y passe du rire grinçant aux larmes tristes, de la voix française d’Eddy Murphy à Boule et Bill, en passant par l’ours Cajoline.

Marine

Ice Nine Kills - Welcome To Horrorwood - The Silver Scream 2 (2021)
J’ai découvert Ice Nine Kills tard, c’est-à-dire l’année dernière, et sans vous mentir, il n’y a pas un seul jour où je n’écoute pas un single d’eux, et bien souvent, un titre issu de cet album. Ce qui fait que très régulièrement, je relance l’opus complet. Avec Welcome To Horrorwood, on verse dans le horror-drama-metal-show à souhait, avec un univers ficelé aux petits oignons et une irrépressible envie d’y retourner.

Periphery - Periphery IV - Hail Stan (2019)
Alors. Euh. Initiation au Djent avec Periphery. Déjà, merci à la personne qui m’a fait découvrir ce groupe, sinon j’aurais eu l’impression de passer à côté de quelque chose. Je pense que j’ai dû faire leur discographie en une journée. Et deux albums m’ont marquée, Periphery V - Djent Is Not A Genre et celui-ci. Ce qui m’attire le plus, c’est sans aucun doute la voix du chanteur. On ne peut pas nier qu’il est très, très, très bon dans ce qu’il fait, que ce soit en saturé, clair, et même avec des notes sacrément hautes ! Moi, jalouse ? Nan, je vois pas de quoi vous parlez. Bref, cet album est parsemé de pépites, pas un titre se ressemble et c’est toujours un réel plaisir d’avoir du Periphery qui pop dans sa playlist.

Metalorgie Team (Mai 2024)

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