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Sélection Hardcore 2021

L'année 2021 aura et foisonnante en sorties Hardcore, démontrant son excellente vitalité et même un certain regain pour le genre. On aimerait bien passer sous silence un gout largement discutable pour choisir ses artworks même si on comprend l'esthétique old school (DareOne Step CloserGod's Hate, Section H8...), mais au moins on aura été largement gâté un peu dans tous les styles. Cette sélection de vingt disques n'est comme à chaque fois pas exhaustive et ne s'attarde pas exclusivement au Hardcore pur et dur. N'y soyez donc pas étonné.e d'y trouver des racines Metal, du Mathcore, du Fastcore, de l'Emocore ou de la Oï, avec on espère, de belles découvertes. Une playlist Spotify est également trouvable à cette adresse, comprenant un titre pour chaque artiste de ce dossier.



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Slant - 1집

Quintet venu de Corée du Sud, Slant est en train de tour rafler avec son premier effort, 1집, et pour cause, l'album est un condensé de ce qui se fait de mieux dans le Punk Hardcore. Ca se veut old school à la Black Flag mais revitalisé par un son et une dynamique boostée aux hormones. On y trouve des petits côtés D-Beat et surtout Fastcore pour un résultat bouillonnant et terriblement accrocheur. Dix tires, dix bombes, c'est aussi simple que ça. Et le tout est portée par la voix hyper hargneuse et frénétique de la chanteuse Yeji.
     

Knocked LooseA Tear In The Fabric Of Life

S’éloignant de plus en plus de ces racines Beatdown, Knocked Loose "ambiance" son jeu. L’atmosphère est toujours aussi lestée de plomb, mais cette fois-ci elle est encore plus sombre et violente, en témoigne la thématique de l’ep qui parle de la perte d’un.e proche. Les dissonances sont de mises, les cassures rythmiques, les riffs Death Metal / Deathcore sont d’une sauvagerie incroyable et les breaks pètent des nuques. Un disque, noir, éprouvant, peut-être dans les plus violents de l’année.
    

CapraIn Transmission

Rien de Sludge dans ce quatuor venu de Louisiane, mais bien la racine du genre à savoir le Hardcore Punk auquel se mêle très rapidement l’ombre du Black Metal et des pointes de Hardcore chaotique à la Botch avec une légère couche de saleté Crust. In Transmission est frontal, colérique (l’incroyable Mutt) avec un léger groove accrocheur façon Hardcore ‘n Roll à la Every Time I Die. Beaucoup de références ici, mais très bien digérée et une certaine personnalité dans l’ensemble pas mal dû à la voix de Crow Lotus plus criée / arrachée que véritablement hurlée.
     

TurnstileGlow On

On a déjà beaucoup de bien de ce Glow On cette année (tout comme beaucoup de monde d’ailleurs) tant la renommée de Turnstile semble désormais très loin de se limiter aux frontières du Hardcore et même s’ils s'en éloignent de plus en plus, impossible de ne pas le placer ici. C’est chouette comme un beau ciel bleu un après-midi d’été, ça donne envie de faire des câlins, c’est inventif et ça tente beaucoup de choses que personne n’aurait jamais osé dans cette scène… et ce n’est pas uniquement parce qu’il y a une pochette rose, mais définitivement, Glown On est à ce que Sunbather est à Deafheaven. Pour sûr, ce disque marquera la décennie.


Angel Du$t - "Yak": A Collection Of Truck Songs

Quitte à continuer dans les sucreries et pour faire un lien avec Turnstile, partons sur le quatrième album d'Angel Du$t avec trois membres communs. Plus grand chose de Hardcore ici non plus, si ce n'est en léger filigrane comme une relique d'un autre temps. Les mélodies sont de mise et éclaboussent un peu partout un travers un feeling Power Pop qui prend différente forme ici ou là : le Folk Pop No Fun, Surf Rock avec Truck Songs ou Pop Rock sur No Vacancy ou Turn Off The Guitar et le groupe ose même le saxophone sur le très Scoubidou Yak. Un petit bonbon acidulé qui fait plaisir entre deux déferlements de violence.
     

Section H8Welcome To The Nightmare

Tu prendras bien un peu de Crossover Thrash dans ton Hardcore ? Ca tombe bien, Section H8 en est un "joli" prétendant de 2021. Guitare épaisse et cruelle, chant expulsé comme un glaviot et duo basse / batterie en fusion pour une tension palpable et rarement relâchée. Sur le papier ça semble assez crétin (en peu en vérité) mais avec pas mal de bonnes idées comme Roaches très Hip-Hop dans le déroulé, Mist-Head bien Thrashy comme il faut ou l’urgence jouissive de Nightmare. Old school dans l’idée mais plutôt neuf dans la forme et c’est fort appréciable.
     

Seeyouspacecowboy - The Romance Of Affliction

Des débuts Mathcore chaotique hyper nerveux aux influences Noise / Grindcore, Seeyouspacecowboy a su faire évoluer son propos en injectant d’autres éléments Metalcore, Post-Hardcore et Emo dans sa musique qui se fait toujours aussi versatile, mais différente. La brutalité technique est aéré par des refrains souvent Emo / Pop, les cassures sont légions, mais l’ensemble reste lisible sur l’intégralité du disque et le chant hurlé de Connie Sgarbossa est toujours aussi impressionnant et viscéral. Quelque part entre The Fall Of Troy, le Devil Sold His Soul des débuts et The Dillinger Escape Plan.
     

Pupil Slicer - Mirrors

Le nouvel album de Frontierer aurait pu figurer ici, mais on y préféra d’autres anglais évoluant dans un style Mathcore proche, mais moins Metal / Djent que leurs voisins de paliers. Si le style est assez classique de premier abord, avec quelques relents de Converge (la base), Pupil Slicer se permet aussi de glisser des petites choses inattendues avec des passages groovy sur L’Appel Du Vide ou Husk, Grindcore avec Panic Defense ou Power-Violence avec Vilified. On appréciera la production assez sale, brute, Punk dans l’esprit et les paroles de Kate Davies, plutôt personnelles qui évoquent parfois la dépression (Collective Unconscious - le morceau de clôture d’avantage sur l’ambiance et pourtant très colérique) ou l’homophobie et la transphobie (Panic Defense).
     

SlopeStreet Heat

Le groove. C’est le mot d’ordre qui résumera cet album. On pensera aux débuts de Turnstile qui étaient un peu dans la même tonalité, en tout cas Slope est un gros worship aux années 90. La basse est jouissive (I'm Fine te redonnera des couleurs), c’est Funky, terriblement soleil, avec des plans qui feront penser aux Beastie Boys et pourtant ils viennent d’Allemagne. Il faut écouter Purple Me qui est un tube et se permet une fin enfumée à la Black Sabbath. Si tu n’as pas le moral, on préconise un titre de Slope matin, midi et soir.
     

Last Gasp - The Storied Weight Of It All

Last Gap arrive sur une formule qui marche carrément bien à savoir alterner du groove et des plans ralentis ou t’as envie de faire du 2 step (The Seeker) et des riffs / batterie catapultée à toute vitesse (I Was A Teenage Maniac) ou comme sur One Last Drink qui commence pépère et finit façon Fastcore à toute berzingue. Dix titres pour quinze minutes qui fonctionnent à mort dans cette alternance des deux moves. Rien plus à dire, écoute For The Kid(s) pour t’en rendre compte.
     

One Step Closer - This Place You Know

Sur ce premier album, One Step Closer combine l’Emo Hardcore à l’ancienne à la Rites Of Spring et la rapidité et efficacité de l’Hardcore Punk moderne à la Comeback Kid. En témoigne des morceaux poignants qui évoqueront ce qu’on peut faire des groupes comme Defeater ou Have Heart. Le morceau Lead To Gray est fantastique avec un refrain un peu à la Turnstile qui vous hérissera les poils. Chrysanthemum est marquant dans ses riffs frondeurs, tout comme il restera en tête et on notera aussi une petite douceur avec une balade du nom de Hereafter. Trois exemples sur les dix excellents morceaux que composent ce This Place You Know.
     

Time And Pressure - Halfway Down

Second effort pour Time And Pressure avec un Hardcore Punk agressif et rapide. Curtain Call est un morceau percutant et un bon exemple de leur formule : efficacité et straight to the face, avec une production assez grosse. Tu rajoutes un petit feeling mélodique dans les guitares, juste ce qu’il faut et une pointe d’émotion / mélancolie à la Defeater (le chant de Drew Maxey y fait d’ailleurs penser) et on est sur un disque assez classique, mais qui fait plus que largement le taff.
     

Worst DoubtExtinction

Direction le Paris malfamé avec du Crossover hargneux, du Beatdown épais et poisseux et un Hardcore Metal menaçant à la Merauder version baston. Leur nom : Worst Doubt. Mais la baston est sale on se défend au tesson de bouteille. Extinction sent le bitume et la pisse, la mauvaise drogue, l'embrouille pour quedalle, transpire Kickback. Ici bas, tout est pesant, malsain. Ne soit pas trop curieux, il n'y a rien de bon au détour de cette ruelle, passe ton chemin, on t'as prévenu.
     

CrueltyThere Is No God Where I Am

Encore du Hardcore chaotique cette année, mais si c’est bon, pourquoi s’en priver. Alors oui, l'influence de Converge semble prédominer (structures, riffs, voix), mais il y a ce petit quelque chose en plus chez Cruelty qui font qu'on y revient. La noirceur, sa densité, mais aussi son côté tragique / mélancolique qui semble lui coller à la peau. L'album n'est jamais trop brutal ou chaotique et privilégie la lisibilité et l'ambiance à un empilement de plans successifs. Le morceau éponyme en conclusion est un bon résumé du comment Cruelty agence un peu tout cela.
     

God’s Hate - God’s Hate

Avec ce second album, God’s Hate signe l’un des albums de Hardcore les plus malins de l’année. Non on déconne, leur Hardcore / Metal est aussi délicat qu’un Kouign Amann pur beurre, les riffs sont à peu près aussi gracieux qu’un parpaing qui s’écrase dans la vase et les paroles (et le chant) digne d’un metalleux au Motocultor. Donc oui aucune finesse ici, mais c’est jouissif, méchant et bien bagarre avec des breaks Beatdown et quelques sournoiseries type Arkangel.
     

WornHuman Work

Voici un parpaing bête et méchant de Hardcore / Metal, avec de légères touches Crossover et Crust. C'est pas forcément original, mais la voix profonde et rauque du chanteur (des aboiements la bave aux lèvres on va plutôt dire) lui confère une certaine identité. Worn mise davantage sur une certaine hostilité contenue, comme si elle était réprimée. Donc Human Work ne pousse pas les potards à 11, mais est suffisamment puissant pour envoyer quelques pieds / bouches. Solide !
     

The Chisel - Retaliation

The Chisel vient de Londres et ça tu le seras directement à la voix (et accent) de Callum Graham, mais aussi et surtout dans leur musique car leur Punk Hardcore transpire la tradition anglaise Punk. On y trouve des racines Oï comme So Do I ou Not The Only One qui rentrent en tête immédiatement et donne envie de gueuler en cœur. Du Punk Hardcore à la The Exploited en veux-tu avec Come See Me ou des torpilles Hardcore 100% castagne : Force Fed ou Crocket sont là pour te déboiter la mâchoire. Petite conclusion toute en Folk / Punk cool avec un harmonica : Will I Ever See You Again. En bref, un super disque et qui change des grosses prod américaines.
     

DareAgainst All Odds

Tout comme chez Slope, Dare fait dans le Hardcore positif à bloc. Le soleil de Californie doit aider. La différence, c'est qu'ils sont bien plus remontés et donnent envie de mettre quelques mandales dans la fosse tout en s'amusant. Il y a un côté hyper frondeur et revitalisant sur ce Against All Odds, mais pour se hurler et se battre contre des injustices (les paroles de Dare parlent justement de problèmes sociaux et d'inégalités). Ce n'est pas juste du fun. Un disque assez ramassé et uniforme, dont il semble difficile d'extrait un titre plutôt qu'un autre (même si Oc Slam ou Different Method sont mortels). Le problème vient aussi du fait que les onze titres sont excellents.
     

Scowl - How Flowers Grow

Scowl est un groupe un peu déroutant. Sa pochette colorée, la photo de promo du groupe au milieu d'un champs de fleurs avec un ciel bleu éclatant et pourtant une chanteuse féroce, dotée d'une voix presque Black Metal par moment, éructée, crachée (certaines lignes feront penser à Caro d'Oathbreaker). Puis quinze minutes de catapultages Hardcore avec des réminiscences de Poison Idea par instant. On notera le très étonnant Seed To Sow qui vire au Pop Rock avec un saxophone et Kat Moss qui ose le chant clair) ou le titre éponyme qui se mue pratiquement en Doom sur la fin. En dehors de ça, de très belles fulgurances et une énergie qui suinte par tous les pores. Addictif.
     

Cavalerie - Hate Remains


Six titres, neufs minutes. La grosse bagarre et la grosse colère. Un truc un peu à la Cowards ou à la Kickback. Voilà, c’est tout, ça tue.
      

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Pentacle (Février 2022)

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