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La Scène de Savannah

Nous sommes en 2006 / 2007, deux groupes commencent à faire parler très largement d’eux. Kylesa vient de sortir son troisième album, Time Will Fuse It's Worth chez Prosthetic Records où se confrontent à leur Sludge chaud et mélancolique, des reflets Hardcore, Crust et Metal. Dans la foulée, Baroness arrive avec son Red Album via Relapse Records où se côtoie un Metal mélodique protéiforme à des influences Sludge, Psyché et Prog. Les deux groupes vont très largement monter en notoriété les années suivantes et seront suivis par pas mal d’autres formations internationales. C’est à peu près à cette période que se dégage un terme dans les milieux autorisés : le son de Savannah.

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Savannah c’est une petite ville portuaire à l’est des Etats-Unis, située en Géorgie. Kylesa et Baroness sont originaires de cette ville et ce sont ces deux groupes (avec Black Tusk plus tard) qui donneront lieu à cette appellation : le son de Savannah. Car il y a bien quelque chose, musicalement, qui se dégage derrière cette expression et ce n’est pas juste un truc pour se la péter le petit doigt en l’air en buvant des IPA dans le premier bar de craft beer venu en dégustant un burger vegan. En effet, derrière ce terme, on peut y voir ce que Kylesa et Baroness ont commencé à aborder dans ces deux albums et ce qu’ils feront par la suite de leur carrière. Partir d’une base Sludge / Hardcore / Metal et y décliner d’autres éléments qu’on rattachera à ce qui est progressif, mélodique, mais aussi psychédélique. La structure est classique pour le genre : guitare / basse / batterie / chant, comme énormément de groupes de Metal, mais il y a une volonté de sonner différemment des autres groupes de Metal / Hardcore et ceux de Sludge. Forcément, vu que les formations vont piocher d’autres éléments peu naturels au genre, voire antinomiques, on s’éloigne du son, de la lourdeur et de la crasse qui définit ce genre musical. On y trouve cependant des affiliations comme un son chaud, sec et gras, proche d’une sorte de Stoner plus lourd qu’à l’accoutumée. Si on s’éloigne de la poisse du Sludge, on gagne en efficacité dans les compositions, avec toujours beaucoup d’énergie déployée par les groupes même si on y ajoute des tournures mélodiques, progressives ou psychédéliques. En effet, si les titres peuvent s’allonger un peu, on dépasse rarement les quatre / cinq minutes, car il faut garder une certaine puissance et intensité dans les compositions propre parfois au Hardcore. Ainsi, on comprend qu’au vu de tous ces matériaux, il est difficile de parler de Sludge, tout comme il est difficile de trouver une appellation simple pour décrire la musique si personnelle que créé Baroness et Kylesa à l’époque. Et c’est dans ce contexte qu’on parlera du son de Savannah. Cette appellation est d’autant plus étonnante qu’elle concerne au final assez peu de groupes, mais surtout qu’elle n’a pas spécialement de spécificité géographique comme peut l’être le True Norvegian Black Metal ou le Death Metal de Göteborg. Savannah est considérée comme l’une des plus belles villes du Sud des Etats-Unis, plutôt riche grâce à son port très actif et son tourisme. Le climat est doux, plutôt chaud et humide en été, mais l’on reste quand même éloigné de la Louisiane, berceau du Sludge dont on peut comprendre l’origine de par sa géographie, son climat et ses conditions sociales et économiques. Tout cela y crée un contexte rude, dur, poisseux et donc propice à avoir et développer une accointance avec ce type de musique.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce son n’est pas apparu de nulle part, comme par enchantement. Il a été forcément influencé par de nombreux groupes venant autant de la scène Sludge que Doom ou Stoner. Nommons par exemple High On Fire, l’autre groupe de Matt Mike de Sleep, pilier du Stoner de routier aux Etats-Unis avec notamment Surrounded By Thieves et Blessed Black Wings sortis tous deux en 2002 et 2005 chez Relapse Records, label très important à l’époque qui a permis de faire connaitre, puis populariser pas mal de groupes affiliés Stoner / Doom pendant les années 2000. Chez High On Fire on y retrouve une puissance dans le son, cette efficacité dans les riffs et cette volonté d’aller tout droit, à fond la caisse, sans trop se poser de questions. Il faut également parler de Crowbar parmi les fondateurs du Sludge, originaires de la Nouvelle-Orléans. Il y a par exemple sur l’album Odd Fellows Rest de 1998, la confrontation entre la crasse, le gras bas du front avec …And Suffer As One et d’autres choses plus sensibles, plus sombres avec des morceaux comme Planet’s Collide ou December’s Spawn. Un mélange de muscle et de tristesse en tout cas, une volonté d’amener ce genre de musique vers d’autres contrées et c’est également ce que vont tenter les groupes qui viennent de Savannah : proposer autre chose en restant sur une base Stoner / Metal identifiable.



Le troisième groupe dont il faut obligatoirement parler, c’est bien entendu les incontournables Mastodon, poids lourd cinq étoiles d’une fusion Metal / Sludge / Stoner / Prog et Rock et donc on y vient enfin, le mélange des genres et l’identité avec laquelle on peut définir la scène de Savannah. Au départ, Mastodon commence comme un groupe de Stoner / Sludge, c’est super vener et ça riff avec une pointe de mélodie derrière comme sur March Of The Fire Ants par exemple ou Where Strides The Behemoth. On n’y est pas encore, mais on sent poindre cet aspect mélodique comme sur Ol’e Nessie ou le gros côté baston, rentre dedans avec le très routier Mother Puncher. En réalité, en 2002, Mastodon a déjà posé largement les bases de ce type de son : leur approche est unique et ça n’a jamais été entendu. Mais c’est véritablement avec Leviathan et Blood Mountain en 2004 et 2006 que Mastodon créent le truc. La symbiose entre le riffing et la mélodie est parfaite. C’est à la fois mélodique, lourd et sensible. Cette sorte d’espace d’entre deux, que vont occuper Mastodon : entre mélodie, technicité, riffs, lourdeur et aspects atmosphériques. Le titre Seasbeast symbolise très bien cette approche, mais on pourrait également citer le fulmineux Circle Of Cysquatch qui allie rapidité et tourbillon colérique. Plus tard, en 2009, Mastodon s’éloigne de ces éléments, car le groupe aborde un aspect beaucoup plus atmosphérique et progressif dans ses compositions. Le morceau Divination en est un témoignage marquant, entre guitares qui riffent à fond, mais sont capable d’insérer mélodies, ambiances davantage aérée, mais surtout une direction plus progressive.

Coïncidence ou non, c’est en cette même année 2004 qu’est fondé Baroness, alors que Kylesa arrive un peu plus tôt en 2002. Mais c’est surtout avec le Red Album en 2007 que Baroness touche du doigt ce son de Savannah entre mélodies, progressions, effets psychédélique et gros riffing. L’ouverture du Red Album avec l’enjoué et éclatant Rays On Pinion et ensuite les guitares qui déroulent avec des accords de camionneur en sont un bon témoin. Kylesa, sortent encore Time Will Fuse It’s Worst en 2006, mais qui reste encore très bagarre et très largement empreint d’influences Sludge et Hardcore. Le morceau Between Silence And Sound montre néanmoins une pointe de mélodies et de tournures psychédéliques. Kylesa franchit d’ailleurs le pas en 2009 avec Static Tensions qui sera à la fois une réussite artistique, mais également l’occasion pour le groupe de bénéficier d’une nouvelle aura et d’un public élargit. La tournure mélodique de Kylesa continuera avec ses albums suivants et notamment Spiral Shadow en 2010. Quant à Baroness ils étendront également leur popularité avec le Blue Album en 2009 et Yellow And Green en 2012. Notons que c’est à peu près dans ce laps de temps que commence à émerger Black Tusk également originaire de la même ville de Savannah.



Passage Through Purgatory, leur premier effort parait en 2008 suivit en 2010 par Taste The Sin et par Set The Dial en 2011. Le trio, s’il ne pousse pas autant l’aspect mélodique et psychédélique que chez Kylesa et Baroness, se retrouve pourtant affiliés à la même scène. Logique quand on vient de la même ville, mais également parce que la dose de gras et de lourdeur propre au genre s’y retrouve, même si musicalement on mise d’avantage sur l’efficacité Stoner / Sludge pour péter des nuques et des rotules. Autre affinité intéressante et qui a permis de cristalliser l’attention autour de la scène de Savannah, ce sont les illustrations de John Baizley, le guitariste / chanteur de Baroness dans un style néo traditionnel. Ses visuels sont remarquables autant chez des groupes qui n’ont pas grand choses à voir avec le genre avec des groupes comme Kvelertak, Skeletonwitch ou Darkest Hour, autant ils permettront d’assoir une identité visuelle à cette scène. Car en dehors des pochettes de Baroness, les visuels de Static Tensions de Kylesa ou celles des Black Tusk, viennent de lui et cette esthétique psychédélique a renforcé cette scène qui venait d’ailleurs et débarquer sans prévenir.

Il ne faudrait pas pour autant oublier Unpersons qui voit le jour en 1997 bien avant, tous les groupes cités. Matt Maggioni de Baroness y joue de la basse et Carl McGinley de Kylesa est derrière les fûts et rien qu'avec ce duo rythmique on sent déjà que ça reste dans le même cercle et dans la même envie musicale. C'est d'autant plus flagrant après deux albums avec A Grey Sigh In A Flower Husk qui sort en 2007, au moment où commencent à faire parler d'eux Kylesa et Baroness. Tant dans le son, dans les rythmiques lourdes, mais aussi dans les riffs qui tendent vers ce truc un peu progressif / psyché. C'est un split avec deux titres de Baroness et la pochette, reconnaissable entre mille est signée une fois de plus par John Baizley. Il se passe quelque chose à Savannah pendant cette période et ce n’est pas simplement un fantasme de journaliste a posteriori. De là à dire que cet engouement pour ce type de son aurait permit de remettre au gout du jour une scène Stoner / Doom un peu passée dans l’oubli, il n’y aurait qu’un pas que nous ne franchirons pas. Toujours est-il qu’il semble impossible de faire sans la montée en puissance Mastodon et de l’émergence des deux groupes principaux précédemment cités.



Histoire de faire un tour du propriétaire complet de cette scène de Savannah, il faudrait quand même bien parler des outsiders, ceux dont personne n’a retenu le nom mais qui comptent malgré tout. Citons tout d’abord Damad, formation pré-Kylesa, où l’on retrouve notamment Christian Depken (Batterie) et Brian Duke (Basse) qui joueront dans les débuts de Kylesa, mais également Phillip Cope (Guitare) qui sera présent des débuts de Damad jusqu’au dernier album de Kylesa. Sur Burning Cold de Damad qui parait en 2000 on sent déjà fortement ce mélange Sludge / Hardcore et ces quelques tournures psyché que l'on verra également dans le split avec Meatjack la même année. Bref, la filiation semble évidente surtout que Damad avait, comme chez Kylesa, une chanteuse du nom de Victoria Scalisi à la voix aussi écorchée que grave, mais tellement reconnaissable. Sans Damad, Kylesa n’aurait sans doute jamais vu le jour.

En parallèle de Black Tusk, le leader guitariste et chanteur Jonathan Athon, malheureusement décédé en 2014 des suites d'un accident de moto, avait en parallèle un autre groupe de Stoner / Sludge nommé Conquer/Devour. Un album posthume est paru en 2015 et reste de bonne facture et dans la lignée de ce que c'est faire Black Tusk : ça sonne gros, c'est frontal et c'est parfait pour avaler les kilomètres à dos de grosse routière américaine. Parlons également de Bear Fight!, eux aussi originaires de Savannah qui ont sorti un album en 2012, Gnarmageddon, et un ep en 2015. Bear Fight! officie d'avantage vers un Stoner Rock / Metal assez clair, avec quelques pointes un peu progressives et mélodiques qu'on pourrait rapprocher légèrement de Baroness (comme sur le titre Beerwulf). Il est intéressant de signaler que de Baroness à Kylesa en passant par Black Tusk, on retrouve plusieurs musiciens qui ont eu des groupes avant ou pendant et qui sont passés par telle ou telle formation. Un petit microcosme créatif qui se limite à une poignée de personne, mais qui aura eu son influence bien au-delà des frontières de la ville de Savannah.



Car comme on l’avait précisé plus tôt, le son de Savannah n’est pas limité à une identité géographique, mais s’est bel est bien répandu au-delà de ses propres frontières. Pas si loin que ça, dans l’état limitrophe de la Géorgie, nous poursuivons notre route vers Miami où l’on tombe sur le groupe dont la filiation avec la scène de Savannah est des plus marquée : Torche. Son épais, mais étonnamment plutôt aéré, mélodies foisonnantes, voix chantée et claire dans un registre clamé plus que hurlé et section rythmique percutante. En somme ça riff à fond, mais ça s’autorise des mélodies, des tournures progressives et des élans psychédélique, donc pile entre Stoner / Sludge et Psyché et même en terme de son, on est assez proche des débuts de Baroness sur leur second album, Meanderthal qui parait en 2008. On est en plein dans la période ou Baroness et Kylesa commencent à se faire connaitre. Le train est en marche comme en témoigne cette tournée High On Fire, Torche, Kylesa aux Etats-Unis en 2010.

Histoire d’enfoncer le clou sur les accointances entre les groupes, les pochettes de l’ep In Return (2007) et de l’album Meanderthal sont signée John Baizley. Si l’on part à l’opposé, sur la côte Est, on trouve le duo Black Cobra qui débutent à peu près à la même époque, mais sont d’avantage dans un registre Stoner / Sludge. Vu la formule guitare et chant / batterie, on comprend que pour faire dans un peu plus de finesse tant mélodique que progressive, ça va être compliqué. Il n’empêche qu’en terme de son et de riffing, on peut y trouver des similitudes surtout avec les débuts de Kylesa, même si ça reste beaucoup plus velu que leurs voisins de la côte Est. Si le premier album de 2006, Bestial, porte extrêmement bien son nom tellement il nous roule dessus sans crier gare (la guitare à sonne comme la puissance de deux basses), les albums suivants seront un peu plus lisibles et plus produits comme Invernal en 2011 et même avec quelques lignes mélodiques (le morceau The Crimson Blade).



Partons cette fois-ci outre Atlantique pour s’arrêter à Swansea aux Pays de Galle et s’intéresser à un trio du nom de Taint. Deux disques à leur compteur : The Ruin Of Nová Roma en 2005 et Secrets And Lies en 2007 et à l’écoute de ces deux œuvres le parallèle avec la scène de Savannah est évident avec cette volonté d’introduire des mélodies et un peu de finesse dans ce mélange Stoner / Sludge. L’ouverture avec The Sound Out Competition dans ses harmonies de guitare en est la preuve, mais il faudrait aussi citer le fantastique morceau Amaranthine (à retrouver en playlist) aux arpèges fabuleux et la sensibilité rare, avec l’apparition de la chanteuse Sian Evans du groupe de Trip Hop anglais Kosheen. Autre similitude intéressante avec la scène de Savannah, c’est que Jimbob, le leadeur du groupe est également illustrateur et c’est lui qui réalise les pochettes de Taint, comme son confrère de Baroness, John Baizley. A la suite du split de Taint, Jimbob monte Hark en 2010 dans la même lignée musicale que son groupe précédent et toujours dans une veine Stoner / Sludge. On retrouve également le musicien derrière les visuels du groupe et celui-ci se fait d’avantage connaitre grace notamment à une signature des deux albums chez Season Of Mist (qui avait par ailleurs récupéré depuis Spiral Shadow). Hark a splitté en 2007 et Jimbob n’a pas donné suite dans de nouveaux projets musicaux.

L’influence de la scène de Savannah pourrait se retrouver jusqu’en France avec le premier album Sofy MajorPermission To Engage, paru en 2010.On y retrouve des similitudes en terme de son, dans la voix éraillé (braillée ?) de riffs Stoner et de plans à la guitare qui ne cherchent pas uniquement à rester en pilote automatique. Cela vient aussi du fait que Sofy Major parsème ses morceaux d’influences Post-Hardcore et Noise Rock qui lui confère une identité propre et pas calquée sur le son des américains. Les albums suivant seront encore plus marqués parce ces styles musicaux (on pense parfois à Unsane), mais sur Total Dump de 2019, certaines lignes mélodiques rappellent Torche (le titre The Jerk par exemple). Il semblait important de ne pas faire l’impasse sur ce groupe et les citer au moins une fois dans ce dossier.

Au Canada (comme ça on boucle ce petit périple et on revient sur nos pas) il serait pas mal de mentionner Bison B.C. avec Dark Ages qui parait en 2010 chez Metal Blade Records. La typologie est un peu la même : on prend de gros riffs Sludgy, les guitares font la part belle aux morceaux, même si la basse n’est pas en reste et les lignes mélodies alternent entre parties aériennes ou beaucoup plus pêchues façon autoroute Stoner. Stressed Elephant en ouverture en est d’ailleurs un très bon exemple, totalisant huit minutes au compteur ou bien Two-Day Booze où les guitares sont en feu et tricotent à fond. Le groupe mêle aussi des influences plus Doom, parfois Folk et possède ce truc d’agrémenter ses morceaux pour ne pas seulement rester dans un Stoner / Doom classique. Bison est un groupe un peu passé sous les radars et c’est dommage car ils méritent largement une meilleure visibilité.



Mais ce que l’on pouvait à l’époque et à cette période (autour des années 2010, donc) rapprocher de la scène de Savannah, a bien fini par s’éteindre. Kylesa a splitté depuis 2016 et ses deux derniers albums s’éloignent assez fortement de ce qu’ils faisaient auparavant. Baroness est toujours sur pied, mais semble avoir pris une tangente d’avantage Pop  surtout depuis Yellow And Green en 2012. Mais la scène de Savannah a fait des bébés et on l’a vu à travers des groupes comme Taint, Black Cobra ou encore Sofy Major. On pourrait en affilier d’autres comme Anciients qui ont tout de même une tendance d’avantage Metal extrême, mais avec des éléments progressif comme une sorte de mélange entre Opeth, Baroness, Enslaved et Ihsahn. De manière frontale, dans le Stoner pur, Red Fang ont pris la relève dans un registre beaucoup plus Stoner, mais avec ses voix clamées et chantées, surtout que Murder The Mountains est sorti en 2011 chez Relapse Records. L’héritier le plus évident est Asg : voix haut perchées, entre Stoner / Prog, de grosses tournures mélodiques et progressives, une pointes de psychédélisme. On est en plein dans ce qu’on construit Kylesa, Baroness et Torche et l’album Blood Drive paru en 2013 en est la meilleure filiation. Le morceau éponyme (en playlist) ou Day’s Work en sont les exemples parfaits.  

Pour continuer dans les filiations actuelles, il serait dommage de ne pas parler du duo Mantar dans un versant Sludge / Stoner, mais avec une tonalité plus sombre et plus Black Metal. Death By Burning qui est sorti en 2014 chez Svart Records peu se rapprocher sans trop de difficulté des débuts de Kylesa surtout que ce disque dans son approche musicale et dans sa manière de sonner peut se rapprocher d’une scène Crust / Punk sans problème. En sus, on nommera l'album de Conjure, Curse These Metal Hands avec le guitariste Pijn, sorti en 2019, qui est en de nombreux points une référence (ou un hommage) à cette scène et ce son de Savannah. Des morceaux de près de dix minutes, des fulgurances et clartés à la guitare, les voix font très nettement penser à Baroness… Il suffit d’écouter le premier titre, High Spirits pour s’immerger et revenir dix ans en arrière. Les américains de Barishi ont sorti Old Smoke l’an dernier, à la croisée du Slugde, du Metal extrême et d’influences progressives. C’est d’avantage terré, mais les influences de Savannah se font tout de même bien sentir et la pochette de Blood From The Lion's Mouth de 2016 rappelle furieusement les travaux de John Baizley (pourtant réalisée par Brian Mercer, qui a travaillé plus tard avec Black Tusk ou Inter Arma). La boucle est blouclée, non ?

Pentacle (Avril 2021)

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