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Sélection Hip-Hop 2020

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L’année dernière on vous avait réalisé une petite sélection des albums de Hip-Hop qu’on jugeait intéressant et comme on n’a jamais le temps de tout traiter au sein de la rédaction, surtout dans des genres musicaux parfois éloignés de ligne éditoriale principale, on s’est dit que ça serait une bonne idée de vous faire un tour d’horizon de ce qui s’est fait en Hip-Hop cette année. Bien entendu, cette sélection est basée sur nos gouts et est subjective – si tant est qu’on ait encore besoin de préciser ce genre de choses - mais on espère qu’elle poussera votre curiosité à y faire de belles découvertes. On y aborde des mastodontes de 2020 comme les nouveaux Run The Jewels ou Clipping, mais des choses un peu plus confidentielles comme la suisse La Gale, les japonais de Dos Monos ou notre coup de cœur français : VII. Une playlist récapitulative se trouve à la fin du dossier pour vous faire une idée des artistes en quelques titres. 



Yung Lean - Starz
PNL, Lil PeepXXXtentacion… bon nombre d’artistes issus de la scène Cloud Rap ont été influencé par Yung Lean, mais peu s’en revendiquent, pourtant, lui était là au départ. Starz est le quatrième album du suédois et conjugue avec subtilité ce qui fait la caractéristique du genre : la mélancolie, la drogue, un certain mal être. Et cela on le retrouve avec un chant semi rappé / parlé imparfait, maladroit et bancal. Les instrus souvent bizarres, sonnent délavées, parfois concassées ou tordues (Violence). Il s’en révèle un album qui titube, beau dans ses imperfections et dans ce qu’il dégage aux mélodies entêtantes (Pikachu). Un album triste et touchant.

A écouter sur Spotify.

Princess NokiaEverything Is Beautiful / Everything Sucks
On peut considérer ces deux albums de Princess Nokia comme un diptyque, entre ombre et lumière. Mais force est de constater que son œuvre emplie de lueur, à savoir Everything Is Beautiful, lui réussit d’avantage. Le côté Néo Soul / R&B rempli de soleil et de positivisme réchauffe les cœurs. Le morceau Gemini tout en beat smooth et cette voix chaleureuse est un joli tube qu’on a envie de repasser plusieurs fois et Green Eggs&Ham avec sa ligne funk est bien addictive. Elle y parle d’adolescence, de féminisme ou d’ésotérisme (Sunny Beast) et il se dégage de cet album une bonne humeur communicative (Soul Food Y Adobo). Un rayon de soleil à travers cette année morose.
A écouter sur Spotify.

Dos Monos - Dos Siki
Le Hip-Hop japonais, c’est quelque chose. Il y a un feeling, une énergie, un mood particulier et une manière de sonner qui en fait clairement quelque chose à part. Quatre nouveaux titres pour le trio Dos Monos et bordel, en 15 minutes, c’est le chaos. Instruments traditionnels, saxophone, rythmes funky, breaks dans tous les sens, mais qu’est-ce que ça groove et que c’est plaisant. Même le rythme Salsa du dernier titre, Mammoth vs. Dos Monos est ultra entrainant. Mais on trouve ce truc intense, profond, noir chez Dos Monos ce qui fait que les morceaux nous emportent. Donc quatre titre trop court, mais au pire si ça te parle bien, reviens sur l’album de l’an dernier : Dos City.
A écouter sur Spotify.

Moodie Black - Fuzz
Pas de Dalëk dans cette sélection. Tant pis, optons pour Moodie Black dans le genre et l'excellence Hip-Hop Noise. Fuzz opère une mue depuis Lucas Acid, peut-être moins acerbe et corrosif, mais pas pour autant sans envie de te rendre mal. Il y a dans Fuzz, ce mal-être, mais de manière plus triste, toujours aussi tordu, colérique, mais qui se propage de façon plus diffuse.  En témoigne les influences Shoegaze, Post-Punk, Coldwave ou Indus qui se retrouvent largement dans les guitares et offrent au disque une autre texture, bien plus serpentesque. Lucas Acid était une torgnole en plein visage, Fuzz est un venin plus insidieux et pervers. Mais tout aussi menaçant.
A écouter sur Spotify.

Ka - Descendants Of Cain
Descendants Of Cain pourrait être une pochette de Black Metal. De Mgla au hasard. Mais non, elle est l’œuvre d’un disque vaporeux, sombre, maussade. Ka est l’essence de l’Abstract Hip-Hop, celui qui se glisse dans les endroits insoupçonnés. Le Hip-Hop de Ka est bizarre, désespéré, il narre les angoisses, la violence. Descendants Of Cain peut se voir comme un film noir, comme les tristes ruelles morbides de New York. Et pourtant, il est infiniment classe et subtile. Car c’est cela qui transparait de l’œuvre de Ka, une musique glaçante et maladive, portée par une prose floue et étrange. C’est ça, Ka est une noirceur étrange où il fait bon s’y plonger.
A écouter sur Spotify.

Apollo Brown And Che Noir - As God Entended
Mais quand est-ce que dort Apollo Brown ? Le rappeur de Détroit est tellement prolifique et sort au moins un album chaque année, souvent collaboratif. Ici, la collaboration se fait avec la rappeuse de Che Noir. Détroit et Buffalo sont deux villes détruites par un ancien passé industriel prospère et c’est en cela que les deux personnes se retrouvent. Villes en déclin, pauvreté, violence : le cadre est planté. As God Entented est un album cafardeux, où l'abattement règne. Les rythmiques sont lentes et plombées, le flow de Che Noir relativement monocorde et linaire, donne pourtant corps à cet album. Elle y parle de son enfance sans son père incarcéré, de jeunesse dans le ghetto ou de religion. Ecoutez Blood Is Thicker avec son aura crépusculaire ou Money Orientated pour vous donner un aperçu de l’ambiance générale de ce As God Entended.
A écouter sur Spotify.

Sa-Roc - The Sharecropper's Daughter
Plus de dix ans que Sa-Roc est active dans le Hip-Hop underground, mais c’est véritablement avec cet album, (le neuvième tout de même) qu’elle commence à se faire connaitre. Grand bien nous fasse, car à l’instar du Grey Area de Little Simz l’an dernier, The Sharecropper's Daughter est une petite bombe. Certains de ses flows pourraient faire penser à la Londonienne, notamment dans le côté colérique et vindicatif surtout dans des titres plutôt vener comme Deliverance. Ou Goddess Gang qui donne envie de botter des fesses. Forever est un titre plus posé qui parle de la dépression de l’artiste, mais d’autres morceaux sont plus smooth aussi comme l’ouverture avec le très doux Emergence qui voit l’apparition de la voix suave de Saul Williams ou Something Real un peu plus funky et chaud avec un refrain enjôleur, sachant que le flow de Sa-Roc est parfois impressionnant de vitesse et de technique.
A écouter sur Spotify.

Blu And Exile - Miles
Miles est, comme son nom l’indique, un hommage à Miles Davis (dont on trouve un titre du même nom). On ne sera pas trop étonné d’y découvrir un album orienté Néo Soul et Jazz Rap. Attention gros morceau néanmoins : Miles se compose de vingt titres, avec la fabuleuse et étrange pièce de neuf minutes : Roots Of Blue avec des percussions africaines obsédantes. Dans l'ensemble, il transparait un certain positivisme dans ce disque du fait d'atmosphères posées et chaleureuse, grâce au beats d’Exile plutôt lents et Blu qui prend son temps pour rapper. Du groove et de la chaleur réconfortante : True&Livin’ en est le meilleur exemple. The Feeling également avec ses notes de piano classieuses ou You Ain’t Never Been Blue, qui sent un vieux club enfumé.
A écouter sur Spotify.

Sevdaliza - Shabrang
Un peu à part de cette sélection, la musique de l’iranienne Sevdaliza serait plutôt à classer du côté du Trip-Hop ou du R&B et encore, même cette description semble bien trop éloigné de la réalité. Shabrang, son deuxième album est une perle d’obsidienne noire et brillante. La voix de la chanteuse est profonde, grave et d’un calme rassurant, on pourrait presque penser à Chelsea Wolfe par moment. Sa voix se marie à merveille à des compositions Pop, Electro, R&B mais d’une finesse rare et d’une ambiance gothique forcément assez étonnante pour le genre. Les morceaux Dormant et Wallflower font très Portishead dans l’approche par exemple et tu ne seras pas étonné de penser à Björk en entendant la voix ou certaines mélodies de Sevdaliza. Il y a dans sa musique quelque chose d’ensorcelant, de très beau et de rassurant, de sensuel également. Le titre d’ouverture Joanna, parfait témoin de cela, devrait immédiatement t'attirer en son pouvoir.
A écouter sur Spotify.

R.A.P. Ferreira - Purple Moonlight Pages
Derrière le pseudonyme de R.A.P. Ferreira, on retrouve en fait Milo, dont nous avions déjà dit bien dans nos lignes et si ça te parle, tu ne seras pas étonné de trouver avec Purple Moonlight Pages un disque dans la lignée du Hip-Hop Jazz. D’ailleurs, fait notable, la musique est souvent jouée par le trio Jefferson Park Boys, ce qui confère à l’ensemble un côté plus organique, plus fin qu’habituellement. Omens&Totems par exemple avec sa basse et sa rythmique étonnante en est un bon exemple, alors que le dernier titre du disque est un hommage à Pharaoh Sanders. Dust Up coupe l’album avec une piste atmosphérique du plus bel effet porté par le spoken word de Milo et d’ailleurs le rappeur use bien plus de cette technique que le rap à proprement parler. En témoigne une œuvre onirique (Cycles) comme d’un demi-sommeil porté par une voix et un flow poétique. C’est marqué sur le pochette : « rythm&poetry » et rien ne définit mieux l’album que cette phrase.
A écouter sur Spotify.

Material Girl - Tangram
Material Girl est un projet à part et Tangram, leur premier album, un disque constitué de collages sonores. En résulte une musique chaotique, bizarre, mais aussi énigmatique et qui donne envie de creuser et de s'y imprégner. C’est un disque, qu’on peut voir comme une seule piste d’ailleurs, mais divisée en plusieurs segments, à la frontière du Hip-Hop, de la Noise, de l’expérimental, de la Techno aussi. Une œuvre bien singulière, mais réellement captivante. On ne t'en en dit pas plus et on te laisse la surprise de la découverte. Pour les curieux et les curieuses.
A écouter sur Bandcamp.

Rina Sawayama - Sawayama
Rina Sawayama est connue pour son engagement pour de nombreuses causes : l’asio-féminisme l’alter-mondialisme ou l’écologie et c’est à travers une musique très Pop qu’elle porte un message engagé sur des titres comme Fuck This World ou Who’s Gonna Save Us Now ? Rina Sawayama a grandi avec Britney Spears ça se ressent énormément dans ses tubes R&B / Pop (Love Me 4 Me) donc oui, ça risque d’être indigeste ou trop kitsch pour pas mal de gens, mais il ressort tout de même cet album des sucreries tubesques qui font du bien et donnent envie de danser. Comme Des Garçons (elle y parle de non-binarisme) ressemble pas mal au Toxic de Britney Spears et est assez imparable et Bad Friend en slow langoureux et mélancolique est très chouette également. Rina Sawayama aime également le Néo Metal (oui, oui) qu’on retrouve dans deux titres, de manière diffuse avec un riff dans XS mais aussi à part entière dans le titre STFU! qui pourrait presque figurer dans un album de Lacuna Coil !
A écouter sur Spotify.

Armand Hammer - Shrines
Shrines est un album de Hip-Hop politisé à l’instar de Run The Jewels, mais la différence avec Armand Hammer c’est qu’au lieu de distribuer des titres coup de poing, le duo se fait plus insidieux, plus subtile avec un Hip-Hop plus fin, avec différentes couches. On y retrouve d’ailleurs les collaborations d’Earl Sweatshirt et Milo. Le flow se fait plutôt lent et le beat est vaporeux : King Tubby fait penser à une grosse descente d’acide - ou un album de My Bloody Valentine au choix, et Frida avec son piano malade ce n’est pas beaucoup mieux. Abstract Hip-Hop si tu préfères, en tout cas Shrines, est froid, psychédélique serait-on tenté de dire même si c’est assez étrange pour le genre. Pommelhorse fait presque 70’s de façon bon trip, alors que Slewfoot c’est la grosse déprime. Shrines est clairement un album d’ambiance à écouter posé, presque de manière méditative.
A écouter sur Bandcamp.


La GaleAcrimonium
Cinq ans après Salem City Rockers, on s’aperçoit que La Gale n’a pas perdue de sa verve et de son agressivité. Sept titres acides, portés d’une voix rêche et mordante pour aborder des thèmes qui lui sont chers : violences policières, surveillance, injustices sociales, la déprime, les galères… Bref, du Rap pour looseurs et le titre Le Diable cristallise complètement son propos avec une ambiance morne et déprimante qui se dégage de ces pistes. La Gale en a bouffé et a toujours la rage. C’est toujours aussi jouissif de la voir rendre les coups, d’apprécier avec attention ses textes corrosifs. Les prods voient d’ailleurs le retour à un Hip-Hop old school (merci les scratchs et les samples présents sur Le Diable ou sur J’tracerais Ma Route) alors que plus étonnamment, Mon Ombre, sonne très Synthwave. Tu veux du Hip-Hop coup de poing et Punk ? Acrimonium fera amplement l’affaire.
A écouter sur Bandcamp.


VII - Dernière Musique Obscure De La Nuit Peinte
Dans les rappeurs français qui méritent de l’attention, VII est clairement à retenir. Alors oui, rien avoir avec le Hip-Hop français médiatisé et qui plait au grand public, son flow est lent et un peu linéaire, les couleurs de l’album faites de nuances de gris et l’atmosphère est fataliste. Mais les textes de VII sont magnifiques, profonds, poétiques et référencés. Il y parle d'amour, d’espoir, de solitude, de mal-être. Dernière Musique Obscure De La Nuit Peinte est un disque de funambule, à deux doigt de chuter dans les abîmes. Des morceaux comme Milligramme ou Manteau De Larmes sont mues d’une tristesse latente avec des mélodies au piano funèbre, mais tellement belles. J’aime retrouver chez VII, comme chez Psykick Lyrikah, cette manière de manier les mots avec une prose et une subtilité trop rare dans le genre. Un disque avec une faible lueur, difficile, hivernal.
 A écouter sur Bandcamp.


ClippingVisions Of Bodies Being Burned
Visions Of Bodies Being Burned peut se voir sans problème comme la suite logique de There Existed An Addiction To Blood sorti l’an dernier, voir même comme un compagnon avec qui il avancerait main dans la main. Les deux disques, que ça soit à propos des thématiques ou des ambiances, se veulent des albums horrifiques, sauf qu’à l’inverse de l’album de l’an dernier qui verse dans le vampirisme, celui-ci met en œuvre une vision de l’enfer. Rien de bien rassurant ici donc, les ambiances sonores sont parsemées de bruits, de rotatives anxiogènes (She Bad), d’expérimentations qui renforcent ce climat d’étrangeté. De fait, nous ne sommes clairement pas le bienvenu ici. On y trouve par exemple un flow ultra impressionnant de rapidité sur Something Underneath, Say The Name est sans doute un des morceaux les plus « entrainant » du disque, et Make Them Dead se place entre vrilles bruitistes et refrain presque céleste. Enlacing en fin de disque à ce côté tubesque aussi, mais titubant, bancal, morbide. Clipping s’enfonce encore d’avantage dans les ténèbres avec talent. J’ai hâte de les voir créer une bande son de film d’horreur, parce qu’on est en plein dedans là.
A écouter sur Spotify.

Aesop RockSpirit World Field Guide
A chaque album, Aesop Rock surprend, se renouvelle. Spirit World Field Guide est une œuvre étrange, complexe, spirituelle même, au vu des thématiques abordées qui traitent de sa passion pour les animaux et la cosmologie. En résulte un album sans doute bien plus positif que ses créations passées et cette impression de voyager dans un univers étrange, mystique, coloré, futuriste parfois. Cela est bien sûr mené par des instrumentations très axées électroniques avec pas mal de mélodies et de synthés qui se mélangent (Holy Waterfall) alors que Gauze à cette ambiance fantomatique, avec de gros riffs de guitare par moment et une ligne de synthé en fond qui fait très jeu vidéo. De toute façon dès le très glitchy The Gates qui ouvre (logique vu son nom) vers des dimensions vous montrera si vous avez envie d’adhérer à cet imposant et très riche Spirit World Field Guide. Ca semble un peu surfait de le préciser car c’est assez connu dans les milieux autorisés mais le flow d’Aesop Rock est toujours aussi impressionnant, tant en terme de débit constant que dans sa manière de jongler avec les mots.
A écouter sur Bandcamp.

Run The JewelsRTJ4
Envie de bagarre ? Le nouveau Run The Jewels est là. On pourrait presque le résumer ainsi, tant l’album donne envie de pousser les basses à fond ou sortir dans la rue et casser la gueule aux gens qui te regardent de travers. Enfin ça, c’est le premier effet Kiss Cool, mais si on s’arrête aux lyrics et même aux thématiques en générales, Run The Jewels parle toujours des violences policières, des inégalités sociales et de racisme. Sur le morceau Walking In The Snow, Killer Mike clame "And you so numb, you watch the cops choke out a man like me, Until my voice goes from a shriek to whisper, « I can’t breathe ». Se sont les derniers mots que prononcera Eric Garner un homme noir décédé des suites d'une arrestation de police en 2014. Tragiquement RTJ4 est sorti quelques jours après le décès de Georges Floyd. Goonies vs. E.T fait très Necro pour son côté bourrin et frontal avec également la quasi omniprésence de scratchs et parle de conscience environnementale alors que Ju$t avec Zack De La Rocha (RATM) et Pharell Williams, aux basses tonitruantes, parle de l’argent qui transforme les gens « Look at all these slave masters posin’ on your dollar. » Run The Jewels revient avez onze bombes et il est difficile de préférer un titre plutôt qu’un autre (allez, mettons Ohh La La pour son aspect tubesque), mais on est clairement en présence d’un des meilleurs albums de Hip-Hop de 2020.
A écouter sur Spotify.

$ilkmoney - Attack Of The Future Shocked, Flesh Covered, Meatbags Of The 85
Pochette moche à crever et titre complètement pété... Heureusement qu’on ne s’arrête pas à la couverture, car le Cloud Rap de $ilkmoney a de belles choses à offrir. Les morceaux dépassent rarement les deux minutes, mais $ilkmoney a un débit de paroles assez soutenu (proche de Aesop Rock parfois) et dit l’essentiel en peu de temps. Il se dégage du disque un truc éthéré, comme un brouillard, avec des boucles musicales qui se répètent et ça sur presque chaque titre. On y trouve pourtant des influences Jazz (I Wanna Be The Super Bug When I Grown Up), World Music ou Abstract (This One’s A Doozie). Les fans de MF Doom devraient largement s’y retrouver.
A écouter sur Spotify.

Mike - Weight Of The World
Mike quitte la grisaille du Tears Of Joy de l’an dernier pour venir vers des contrées plus solaire. Il donne d’ailleurs l’impression de rapper comme en émergeant d’un sommeil profond et qu’il voulait reconstituer et nous transmettre ses rêves : sa voix chaude et grave semble lourde, empâtée, comme embrumée dans des effluves illicites. Les morceaux de Mike sont courts, ne dépassent parfois même pas la minute trente, mais ces petites brèves de Hip-Hop, qui sonnent un peu comme des collages et possèdent un côté psychédélique - pour pas dire de grosse défonce - font leur petit effet, un peu comme chez Milo ou pour rester dans des pièces courtes : Earl Sweatshirt (qui d’ailleurs apparaît dans le dernier morceau). 222 est un morceau très aquatique, No, No a ce côté un peu funky et tout ce Weight Of The World transpire cette chaleur moite d’un plein été (Da Screets) un peu comme un Joey Badass pour cet amour du Hip-Hop old school, mais de manière encore plus… tropicale.
A écouter sur Spotify.




Playlist disponible sur Spotify / Deezer ou Youtube. Bonnes découvertes !
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Pentacle (Décembre 2020)

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