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Playlist confinée par Wheelfall

Dans l'idée de vous accompagner en musique pendant le confinement, nous avons demandé à des artistes de nous préparer des playlists pour réviser vos classiques ou faire des découvertes. 



Pour cette troisième semaine, c'est Fabien W. Furter de Wheelfall qui est aux platines. Sa playlist a été conçue comme 15 clés et influences pour aborder leur nouvel album A Spectre is Haunting the World, sorti le 4 décembre dernier. 




1- Today is the Day "The Man Who Loves to Hurt Himself"
Un groupe que j'ai redécouvert pendant le premier confinement, et le peu qu'on puisse dire, c'est que j'ai totalement été frappé. Frappé par l'authenticité du projet de Steve Austin, frappé par la façon qu'il a de mélanger les genres, les ambiances, de produire ses albums. A vrai dire, c'est une démarche qui me semble assez semblable à celle que j'ai avec Wheelfall : il était logique que je commence par un morceau du groupe.


2- Meshuggah "Neurotica"
Un morceau de Chaosphere, mon préféré du groupe avec Destroy Erase Improve. A l'époque où j'ai écouté pour la première fois Meshuggah, c'était la folie : il y avait du riff, mais rien à voir avec ce qui sortait à ce moment là, des rythmes hypnotisants bizarres mais qui retombent toujours sur leurs pattes, le côté futuriste, les leads spatiaux et dissonants... Clairement ces deux albums ont marqué mon inconscient comme peu l'ont fait.


3- Godflesh "Mortality Sorrow"
Le dernier album du groupe est simplement hallucinant. Il transcende complètement sa musique et l'essence même du groupe, alliant ce côté sans merci et mécanique à quelque chose de plus spirituel sur cet album. C'est comme si on écoutait le film Altered States de Ken Russell, un trip scientifique, narcotique et philosophique (un de mes films préférés, dont une image a été utilisée pour la pochette du premier album du groupe, la boucle est bouclée).


4- The Young Gods "All My Skin Standing"
Comment parler d'hybridation de genre sans parler des fabuleux Young Gods ? Impossible. Ce mecs ont réussi à rendre la machine humaine, une hybridation parfaite, avec une âme et une passion quasi inégalée depuis 1985. Et il ne cessent d'être à l'avant-garde, tout en privilégiant l'humain. Sans compter leur textes, souvent en français, parfois en anglais qui sont formidablement bien écrits.


5- Emptyset "Disperse"
Emptyset a beau être totalement minimaliste et quasi hermétique, ils arrivent à chaque fois à m'hypnotiser avec leurs textures et leurs beats déstructurés, répétitifs, plein de glitch


6- The Smiths "Stop me if you think that you heard this one before"
Un choix qui pourra en surprendre plus d'un, mais Johnny Marr et Morrissey ont une place importante dans ma culture musicale. Marr m'a permi de voir qu'on pouvait faire un morceau catchy avec des structures simples mais inhabituelles et des sonorités différentes. Morrissey quant à lui m'a totalement débloqué au niveau de l'écriture des paroles : il arrive à être très direct sans pour autant en faire patir la mélodie, peut autant parler de sujet ultra graves comme mettre de l'humour noir dans ses textes, chose qui m'a ouvert l'esprit que je ne me permettais pas avant.


7- Portal "Omnipotent Crawling Chaos"
Concrètement, je crois que si on me demande à quoi doit ressembler l'horreur en musique, je dirais que c'est l'album Outre. C'est dissonant, insondable, tortueux, gargantuesque, sec, tentaculaire, avec toutes ces nappes de guitares incessantes.


8- Neurosis "Eye"
Un classique, mais qu'il ne faut surtout pas oublier. Comme pour Today is the Day, c'est le genre de groupe qui m'inspire énormément au niveau de leur authenticité. Le côté vrai, brut, déchiré. Ici en plus, on a tous ces riffs énormissimes augmentés de rythmes tribaux, d'ambiances quasi-industrielles, la voix d'Edwardson... Probablement une des influences les plus évidentes.


9- Girl Band "Paul"
Découverts en live dans une salle remplie d'une trentaine de personnes, j'avais pas été très convaincu. Mais sur cet album, Holding Hands with Jamie, il y a un truc qui se passe. Une sorte de renouveau dans le noise-rock, un petit vent de "fraîcheur". Hyper hypnotique, de la dissonance partout, un chant désabusé, c'est l'anxiété faite musique.


10- Ninos du Brasil "Condenado por un Idioma Desconhecido"
Sur A Spectre is Haunting the World, j'ai énormément pris dans la musique électronique pour tout ce qui concerne les rythmes et le groove. Cet album de Ninos du Brasil en fait partie, assez clairement. Les rythmes latins au service d'une musique stroboscopique.


11- Jon Hopkins "Collider"
Quand je parlais de musique électronique... Encore une fois, je trouve génial d'entendre à quel point il n'y a pas de limite dans la recherche de textures, tout en gardant un certain lyrisme. Jon Hopkins est vraiment génial pour ce qui est d'injecter de l'humanité dans une musique totalement électronique.


12- Disiz la Peste "Carré Bleu"
Pendant un temps j'ai eu la voix complétement pétée, et quand je me suis remis, j'ai réappris le chant et j'ai beaucoup bossé la diction sur du Disiz la Peste. C'est un mec qui utilise beaucoup de techniques différentes, qui est ultra créatif musicalement aussi, avec des albums concepts, des prises de risques dans les prods, comme sur l'album "Pacifique".


13- Tzuging "日出東方 唯我不敗"
Ici, j'aime énormément ce travail d'ambiance et d'atmosphère rituelle. Je trouve qu'il y a vraiment quelque chose de particulier qui s'en dégage. Une sorte de danse mortelle.


14- Scott Walker "Clara"
J'élève cet artiste au rang de dieu de la musique. Il a repoussé tellement de limites que dans 50 ans, je suis certain qu'on trouvera encore ses albums avant gardistes. Ce mec, par son parcours et son amour de la musique est un modèle, une référence, un défricheur. Il est allé où personne n'est allé et ses albums sont là pour le rappeler. The Drift est mon album préféré parmi tous.


15- Swans "Children of God"
Cet album est celui qui m'a ouvert l'esprit. Un véritable choc quand je l'ai écouté pour la première fois. Soudain on pouvait marier les murs de guitares, les punitions sonores, l'énergie sale, sexuelle et douloureuse, à une poésie et un lyrisme complètement hors du temps. Swans aussi ne cesse de repousser les limites, mais celui-ci est l'album qui m'a "ouvert des portes". Quoi de mieux pour finir ?


Neredude (Décembre 2020)

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