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Metal d'Outre Mer : Guadeloupe


Un peu de géo

Située dans la Caraïbe, Guadeloupe est constituée de deux îles principales, Grande Terre et Basse Terre, entourées d'îlots plus petits : Marie-Galante, Terre-de-Haut, Terre-de-Bas et la Désirade. Les villes les plus densément peuplées sont principalement à Grande Terre et relativement proches de la frontière avec Basse Terre, délimitée par la Rivière Salée. Les Abymes abrite un peu plus de 50 000 habitants, soit une population équivalente à Vannes, Arles ou Laval, c’est la ville la plus peuplée de l’île. 

Alors que Metal Archives recensait 7 groupes en Nouvelle-Calédonie, la Guadeloupe n’est pas aussi largement représentée. En fouillant on tombe sur Mandragore, un ensemble Prog Metal dont les membres semblent dispersés entre Rennes, Nantes et la Guadeloupe. Pourtant d’autres projets existent bel et bien, le festival Rock In Gwada accueillait ainsi en 2016 Flying Bokit (rock/metal), Rèdbastar (hard rock), Livestocks (brit-rock), Fire Intox (pop-rock), The Bolokos (punk rock), et ASPIC (rock). 

Entretien
Lors de notre appel à témoignages, Damien a répondu présent pour nous parler de la Guadeloupe et de sa scène rock, punk et metal. 

Salut comment ça va ? Peux-tu te présenter et nous résumer ton parcours dans le Metal ?

Salut, je m’appelle Damien Meyer, Dam pour les intimes. J’ai 44 ans et je suis papa, chercheur en bactériologie et le guitariste du groupe de Noisy Pop, Penny Dreadfuls. Nous sommes basés en Guadeloupe et nous ne proposons que des compos rock, 100% made in Gwada. J’ai fait mes première armes à Clermont-Ferrand dans Bloody Frog avec mon frère Nico Meyer (ingénieur du son pour de nombreux artistes dont Peter Gabriel et Iron Maiden, et maintenant endorseur Zildjian et Vic Firth chez Algam) et Pierre Librini (Brank Shme BleuCloverseedsEcloseThe Jekylls). En Guadeloupe, j’ai notamment joué deux ans dans Livestocks (brit rock) pour assurer les lignes mélodiques et solo et je suis maintenant un des membres, guitariste et principal parolier, de Penny Dreadfuls depuis 2016. Nous tournons beaucoup sur la scène guadeloupéenne et avons notamment fait la première partie de No One Is Innocent, sur le Mangroove Festival, en 2017 en Martinique. Nous avons sorti notre premier single Wake Up à la même période et avons sorti récemment un premier EP 3 titres, Something Electric, enregistré en conditions live. Il est distribué via notre label Actarus Recordings sur toutes les plateformes légales de streaming et de téléchargement.

Peux-tu dire quelques mots sur ton lieu de vie ?

Je vis en Guadeloupe, certes un jardin d’Eden, mais pas encore une terre de prédilection pour le rock. Aussi, jouer ici ce style de musique relève du sacerdoce. Cependant nous sommes tous passionnés et volontaires pour mieux faire connaitre notre musique.

As-tu déjà vécu en métropole ou même dans un autre pays ? Si oui, quelles différences constates-tu avec ton département d’outre-Mer ?

Oui, j’ai grandi en France métropolitaine (Clermont-Ferrand) où j’ai notamment fait partie de différents groupes dont Bloody Frog et fait mes études à Toulouse.
La différence principale entre ces villes et la Guadeloupe est que bien que le public soit moins friand de rock en général, il existe une vraie scène rock et il est très facile pour un groupe de trouver des établissements donnant de vrais cachets pour tourner régulièrement. Par ailleurs, un petit groupe peut vite se faire connaitre et connaitre les autres groupes de la place, ce qui est propice à l’organisation de nombreux événements comme des festivals ou des soirées à thèmes à plusieurs groupes. En France, il reste difficile pour les groupes émergents de trouver des scènes où se produire et encore plus rare de se faire payer. En Guadeloupe, c’est la norme, personne ne joue gratuitement et nous avons de la chance pour cela. Cela permet de monter plus facilement un groupe, d’acheter du matériel et de payer des studios pour répéter et enregistrer (même si l’offre de studios d’enregistrement est moindre en Guadeloupe).
Penny Dreadfuls en live. 

Comment la musique Metal est-elle perçue là où tu vis ?

Le metal, et le rock en général, restent une musique marginale dans la Caraïbe. Il n’empêche qu’en Guadeloupe, de nombreux « métros » suivent cette scène et se déplacent en concerts et de plus en plus de Guadeloupéens commencent également à apprécier cette musique. Cela n’a cependant rien à voir avec l’affluence pour la musique traditionnelle (gwo ka), caribéene (zouk, kompa, dance hall, cubaine) ou le jazz dont les Guadeloupéens sont très amateurs. Il existe une radio rock (Radio Transat) mais l’accès à la diffusion pour les groupes locaux par ce média est quasi impossible, ce qui est regrettable.

Y a-t-il beaucoup d’assos et de salles de concerts ? Plus largement, y a-t-il des lieux associés au Metal, Punk ou Rock pour rencontrer d’autres passionnés et passionnées ?

J’ai répondu un peu précédemment. Il y a plusieurs scènes qui accueillent des groupes de rock (bars de plage, bar ouverts, restaurants, etc) mais pas de vraie salle de concert. Une association dédiée à la scène rock Guadeloupéenne (Rock in Gwada) qui va sortir une compilation rapidement sous le label Bokit Production des Bolokos

Niveau disquaires, y a-t-il des bonnes adresses ?

A part quelques brocantes, rien malheureusement ! Sûrement un créneau à prendre.

As-tu eu l’occasion de voir de gros groupes par chez toi ? Ou faut-il bouger pour trouver son bonheur ?

Oui, No One Is Innocent en Martinique et nous avons même ouvert pour eux !!! Sinon, il faut aller en France, à Puerto Rico ou aux USA, NY. Je te l’ai dit, diffuser et écouter du rock en live, c’est loin d’être facile dans la Caraïbe.

La proximité géographique avec d’autres pays est-elle un plus selon toi ? Constates-tu des interactions avec les scènes de ces pays ?

Au niveau du rock, il y a de plus en plus d’interactions avec la Martinique mais sinon aucune avec les autres pays ; nous sommes très bien reliés avec les îles françaises mais les liaisons aériennes avec les autres pays de la Caraïbe sont très compliquées. Les échanges musicaux de groupes entre scènes locales le sont donc aussi. Les canaux d’information ne sont pas très développés non plus. Nos îles restent de vraies îles… isolées. 

Y a-t-il quelques groupes locaux qui te plaisent et que tu voudrais nous présenter ?

Outre mon groupe, Penny Dreadfuls, que je recommande chaudement (lol), il y a nos amis des Bolokos qui est le premier groupe punk de Guadeloupe et de la Caraîbe et qui distillent un bon punk rock celtico-guadeloupéen, énergique et jovial. Ils ont sorti leur album éponyme l’an dernier et se sont illustrés également sur le scène française avec notamment une tournée en Bretagne et au Royaume-Uni en étant invités au Rebellion Punk Rock Festival en 2019. Ils sont toujours dans les bons coups !!! Et c’est justement grâce à eux que j’ai eu vent de cette interview pour Metalorgie et que nous avons aussi eu l’idée de la compilation Rock In Gwada.

As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale, particulièrement focalisée sur un sous-genre par exemple ?

Il y a une vraie scène rock locale, indépendante, mais pas vraiment focalisée sur un sous-genre ; il y a du metal (Down The LineBlack Sargass), de la fusion (Didiko), du punk (Spicy Iggies), de la pop noisy (Penny Dreadfuls), du punk Celtique-Guadeloupéen (The Bolokos), du brit rock (Livestocks). L’ensemble de ces groupes seront présents sur la compilation Rock In Gwada à sortir très bientôt.

Penses-tu que la musique traditionnelle, les mythes ou la culture de ton lieu de vie influencent certains groupes ?

Non pas vraiment, sauf peut-être pour The Bolokos, dont le punk sent bon le rhum (White Rhum) et la vie en Guadeloupe (How Many Bokits, Tropical Rude Boy). 

Le Metal utilise beaucoup l’imagerie satanique, païenne, viking, s’inspire parfois d’auteurs comme Tolkien ou Lovecraft, bref beaucoup de références associées aux pays du Nord. Est-ce que ces références te parlent ou te sens-tu en décalage avec celles-ci ?

Non pas trop. Cela revêt plus un aspect folklorique qui ne fait pas particulièrement écho chez moi. Les groupes que j'écoute depuis toujours (Megadeth, MetallicaGuns N Roses, Dream Theater etc), à l’exception peut-être de Iron Maiden pour le côté celtique-mythologique, ou plus récemment Royal BloodPolyphia, Muse, Gojira, ne font pas trop référence à cette imagerie.

Merci pour le temps que tu as consacré à nous répondre, le mot de la fin est pour toi.

Compte tenu de notre insularité et des difficultés de la scène locale,  la diffusion de notre musique via les réseaux sociaux est primordiale pour des groupes comme nous. Aussi, si tous les lecteurs de cette interview pouvaient aller s’abonner à notre page Facebook et chaine Youtube, ce serait extra !!! Keep the faith and don’t forget to rock your life ! Merci beaucoup.

Quelques titres de Guadeloupe

The Bolokos - White Rum (Punk Celtique-Guadeloupéen)

Penny Dreadfuls - Busted (Noisy Pop)

Black Sargass - Die (Thrash/Groove Metal)

Down The Line - Rootless (Metal Progressif)

Cygan - Solnca Luch (Grindcore)

Quelques bonnes adresses
Le Zoo rock café (bar-restaurant, concerts)
Le festival du Rock Gravé
Pour s'informer, le groupe facebook Musiciens en Gwada et la page Rock in Gwada 

Skaldmax (Août 2020)

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