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La Presse Metal française années 00/10 Partie II

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Après les premiers jalons posés par Enfer Magazine, Metal Attack ou Hard Rock Magazine dans les années 90 / 2000 (voir notre première partie ici), plusieurs magazines se forment dans les années 90 / 2000 dans la continuité musicale de l'époque.

Rock Sound en fait partie avec une ligne éditoriale différente de ses homologues Metal. Fondé en 1992, il se focalise sur des groupes plus orientés Rock au sens large comme Pearl Jam, Nine Inch Nails, Rage Against The Machine, The Cure… Le premier numéro parait en septembre / octobre 1992 et parle de Nirvana se vend à 27FF (6,03€ en euros constant) pour 32 pages. Du format bimensuel en 1992 et 1993, Rock Sound devient mensuel en 1994. Le magazine se focalise sur des groupes plus grand public comme les Foo Fighters, Metallica, Red Hot Chili Peppers, The Offspring, Smashing Pumpkins… Le magazine garde toujours un pied dans le Metal (avec des mises en avant de Deftones, Soulfly, Korn) principalement le Néo Metal qui fait son émergence fin 90, mais se permet aussi de traiter de la scène Punk Rock / Pop Punk qui attire aussi beaucoup à cette période-là avec des formations comme Green Day, Nofx, Millencolin ou Blink 182. Difficile néanmoins de trouver d’autres informations concernant le magazine, ni le nombre d’exemplaireq tirés à ses différentes périodes. On sait qu’au moins 160 numéros seront édités jusqu'à son arrêt fin 2007 suite à un nouveau problème de groupe de presse (le magazine avait déjà été racheté en 2005). Rock Sound pendant cette moitié des années 2000 s’est beaucoup focalisé sur des groupes assez vendeurs et populaires notamment auprès d’un public jeune. System Of A Down, Sum 41 ou des groupes affiliées à la scène Néo Metal / Pop Punk y faisaient régulièrement des couvertures et il traitait aussi de combos français qui suivaient la même mouvance avec Eths, Pleymo, Lofofora ou Superbus. Rock Sound a bien tenté un retour en 2011 sur une thématique plus Indie Rock mais sans succès avec arrêt du groupe de presse après deux numéros. Plus confidentiel, R.A.G.E, composé d’anciens Best, Rock&Folk et New Wave, officie entre 1993 et 1999 et se focalise sur les Metal, le Hardcore, la Fusion ou le Grunge. Il est très orienté sur les groupes émergents des années 90 avec des couvertures dédiées à Rage Against The Machine, Faith No More, Nirvana, Soundgarden… en plein dans cette période en mutation et qui marquera toute une génération.



Hard 'n Heavy se fonde lui en mars 1994 avec un premier numéro vendu 30FF (6,45€) qui parle de grosses pointures du Hard comme Gun's N RosesAerosmith ou Mötley Crüe, mais aussi de groupes plus extrêmes comme Sepultura ou Carcass. 92 pages étalées en chroniques, interviews, deux posters de groupes connus, un song book qui décortique un morceau d’un artiste et un dossier thématique (qui a inventé le Hard-Rock ?). Rien qui ne réinvente particulièrement la roue, mais une formule qui a fait ses preuves. On y trouve également des fiches biographiques de certains groupes comme Black Sabbath, Anthrax ou ZZ Top. Le second numéro retrace la saga de Led Zeppelin alors qu’il parle également de Prong, Testament et prend le pli du Grunge avec Soundgarden. Pour l’anecdote, c’est en ce même mois d’avril 1994, que Kurt Cobain se suicide. La scène extrême française y est aussi traitée à travers quatre groupes : Loudblast, Crusher, Treponem Pal et Massacra. Hard 'n Heavy y ajoute également un courrier des lecteurs. C’est tout logiquement que le numéro suivant consacre sa une à Nirvana avec un song book de Smells Like Teen Spirit, un poster de Kurt Cobain, un dossier sur le groupe mais aussi un courrier de lecteurs réservé.e.s aux fans attristé.e.s qui pleurent la mort de Kurt Cobain. Le magazine s’étoffe désormais sur 108 pages. Un an après sa création, le numéro 12 semble être un hommage au premier numéro : Slash est en couverture et Hard 'n Heavy titre également que Zakk Wylde rejoint Gun's N Roses. Sont disponibles des interviews d’Extreme, Saxon, Monster Magnet ou Saint Vitus et le magazine retrace l’histoire de deux groupes à travers une saga Black Sabbath et un song book sur du fameux Smoke On The Water de Deep Purple. Tout semble plutôt bien se passer jusqu'en juin 1997 et son numéro 35 qui sera son dernier… avant que Hard 'n Heavy ne revienne en mars 1998. En cause, un nouveau magazine fondé en 1996 par James Petit de Hard 'n Heavy pour concurrencer Rock Sound et un nommé Rock Extrême. L’échec de ce magazine est cuisant et entraîne financièrement dans sa chute Hard 'n Heavy qui ne se relève qu’en mars 1996 avec de nouveaux journalistes, et passe à 38FF (7,86€), un prix élevé qui s’explique par l’ajout pour la première fois d’un sampler qui contient du Septic Flesh, Loudblast ou Pro Pain. Les numéros traitent aussi plus de groupes extrêmes comme Cradle Of Filth, Marduk, Bolt Thrower ou Entombed. Hard 'n Heavy va perdurer jusqu'en juin 2007 avec le numéro 134 (vendu 5,95€), mais malheureusement James Petit décède d’un accident vasculaire cérébral et Hard 'n Heavy reviendra pour un dernier baroud d’honneur en octobre / novembre et décembre 2007 pour trois derniers numéros son dernier numéro 137 (tout de même !). Tout comme Rock Sound, la liquidation judiciaire de son éditeur de presse, Cyber Press, aura été fatale au magazine. 



En septembre / octobre 1998 il arrive également le magazine Elegy. Celui-ci se focalise sur la culture Goth / Indus et Electro à tendance sombre. Sur le premier numéro (qui restera un bimensuel) on y trouve du Rosa Crux, Front 242, Oomph, Skinny Puppy. En une centaine de pages, le magazine ne se contente pas de parler de musique mais traite également de cinéma, d’auteurs de littératures en prenant cette esthétique au sens large de Nick Cave à Dimmu Borgir en passant par Justine Niogret et Virginie Despentes et de Tim Burton à Fursy Tessier (Les Discrets). Un quelque chose de très ambitieux, diversifié et plus transversal que ce qu’il existait auparavant. Elegy proposae un sampler, une centaine de pages de chroniques, d’interviews et de dossiers thématiques. Le magazine fait le grand écart entre Current 93 et Rammstein mais a le mérite de proposer ce genre de mélange et d’aller dans des genres très pointus, bien plus que la presse papier musicale de l’époque en parlant de Néo Folk avec Sol Invictus, de Folk sombre avec Shannon Wright ou de Post Punk avec Soror Dolorosa. Un dernier numéro paraît en janvier 2013 et c’est l’arrêt d’Elegy. D-Side nait de la scission avec Elegy en octobre 2000. L’esthétique reste tout de même similaire en se focalisant sur les styles Goth / Indus / Darkwave / Electro ect… même si D-Side met en avant un peu lus de groupes de Metal tels que Rob Zombie, Cradle Of Filth ou Type O Negative qui y côtoient du Depeche Mode, Dead Can Dance ou Clan Of Xymox. Le magazine contient une centaine de pages également et est vendu 44FF (8,75€), tout en consacrant certains écrits sur le cinéma et la littérature. Un sampler d’une quinzaine de morceaux est aussi présent. A savoir que le magazine organise aussi quelques concerts et soirées à Paris avec des groupes comme Clan Of Xymox ou And Also The Trees. Fin 2010, D-Side s’arrête pour laisser place à Obsküre, dont le premier numéro parait en novembre avec en couverture The Young Gods. Cent pages qui se posent dans la lignée de D-Side, orientées sur les cultures sombre et alternatives, allant du Metal au Post-Punk en passant par l’Electro ou le Néo Folk… vendu à 5,90€ (6,49€ actuels) et édité à 26000 exemplaires tous les deux mois. La particularité d’Obsküre, dans sa création du moins, c’est d’être un webzine lancé en 2000 pour voir le jour en format papier en 2010. On y retrouve l’équipe de la version web mais aussi quelques personnes de D-Side. Ulver, NeurosisJohn CarpenterFrustration ou Dark Tranquillity sont quelques noms qui ont eu le droit à leurs couvertures chez Obsküre avant son arrêt en septembre 2016 après 28 numéros. La difficulté de faire vivre en France la presse spécialisée sur les cultures underground avec un public spécifique sont évoqués pour cet arrêt, mais le webzine continue malgré tout.



Trois magazines subsistent toujours actuellement : Rock Hard, Metallian et New Noise. Ce dernier est à part en terme de ligne éditoriale et est aussi le plus récent. Les débuts de New Noise sont chaotiques. Au départ le magazine se nomme Velvet, parait en 2003 et est vendu 6,90€ (8,51€ actuels). Un premier numéro qui parle de Mike Patton, Cave In, Melissa Auf Der Maur, Unsane, les Melvins et qui comprend également un DVD avec des interviews et des lives. Le format est inhabituel, original vu la ligne éditoriale, mais la gestion des éditeurs est catastrophique. Après trois numéros, ses créateurs montent Versus en 2004, un bimensuel vendu 4,90€ (6,04€) à l’époque. The Mars Volta, Helmet, Cult Of Luna, We Insist, Lightning Bolt… un premier numéro qui annonce la couleur, des groupes pointus, une ligne directrice originale et qui se veut brassant des musiques extrêmes de la Noise au Metal en passant par l’Indie Rock et le Post-Hardcore. Un registre très ciblé qui ne durera que pour sept numéros et s’arrêtera un peu pour les mêmes raisons que Velvet. Il faut attendre novembre 2010 pour que New Noise apparaisse avec son premier numéro consacré à Warpaint, Swans, Kylesa, Killing Joke… Interviews, chroniques, quelques brefs avis sur certains bouquins / films et roulez jeunesse. 5,90€ (6,49€), 144 pages pour une édition bimensuelle. La particularité de New Noise c’est réellement sa ligne éditoriale à part de la presse Metal et même Rock. Des groupes comme Aucan, Dub TrioSebadoh ou Poliça ont droit à leur première de couverture, mais ça n’empêche nullement de parler de groupes extrêmes de la scène Metal comme Blut Aus Nord, Gorguts ou récemment Imperial Triumphant. La petite originalité c’est que le magazine édite parfois des numéros avec deux couvertures différentes comme le numéro 31 avec sa une pour Sunn O))) ou pour Savages. A l’heure actuelle, le numéro 52 vient de paraître, met en lumière Regarde Les Hommes Tomber et est vendu 8,90€ pour environ 140 pages.



Concernant Rock Hard, le magazine apparaît en juin 2001 par deux anciens du magazine Hard Rock, Marc Villalonga et Philippe Lageat. Son premier numéro est consacré à AC/DC et tout de suite, le magazine dispose d’un sampler pour une spéciale AC/DC avec cinq titres audio avec The Dandy Warhols qui reprend Hells Bells par exemple, mais aussi, et c’est moins commun à l’époque une partie ROM, comprenant des vidéos d’AC/DC et notamment une dédicace du groupe Au Virgin Megastore de Paris en mars 2000. C’est un numéro un peu spécial, une sorte de hors-série avec une pagination réduite, le temps de constituer une équipe plus conséquente et trouver son public. Plus tard, il est vendu 39FF (7,76€) pour 116 pages réparties en de nombreuses chroniques et interviews. Dans le numéro 5 de novembre 2001, on peut y gagner des places pour le concert de Devin Townsend. Le numéro 3 est consacré à Gamma Ray, mais le magazine parle aussi de groupes plus extrêmes comme Emperor, Slayer, Moonspell, Testament ou Anorexia Nervosa. Quelques rubriques originales sont de mise comme celle ou un musicien parle de ses tatouages ou des sélections des meilleurs albums d'un genre. Dream Theater, Arch Enemy, Mass Hysteria se succèdent en couverture et on reste quand même dans les grands noms de la scène Metal à chaque fois. En juin 2010, Rock Hard signe son centième numéro étalé sur 148 pages, donc un peu plus conséquent, avec quelques goodies comme des cornes du diable clignotantes en hommage à AC/DC et à leur premier numéro, ainsi que le programme en 64 pages du Hellfest 2010. En plus du contenu habituel, avec notamment un hommage à Peter Steele de Type O Negative, le magazine revient sur ces neuf années d’activité, sur les numéros précédents, les journalistes passés ou présents mais publient également des photos d’archive. Un an plus tôt, le magazine avec bénéficie d’une belle exposition avec la polémique sur le Hellfest liée aux musiques extrêmes et le député PS, Patrick Roy, avait défendu la musique Metal en apportant un exemplaire de Rock Hard dans l’hémicycle. Début 2010, le magazine contenant toujours un sampler, comme actuellement, est vendu 6€ (6,60€ actuels) et actuellement il est vendu 6,50€. Le numéro 200 (vendu 8,50€, mais avec 2 CDs, et 32 pages anniversaire) est sorti en juillet/août 2019.



Le premier numéro de Metallian parait début 1996, c’est un bimensuel vendu 15FF (3,10€), même s’il a commencé en 1991 plutôt comme un fanzine et pas disponible dans les réseaux de distribution de presse habituel. La ligne directrice du magazine est plus extrême que ses comparses. Dans les premiers numéros, des groupes comme Immortal, Summoning, Absu, EntombedImpietyBestial Warlust, Abigor ou même Blut Aus Nord y sont abordés. Metallian se distingue des autres magazine en parlant d’avantage des groupes de Black et Death Metal, deux genres musicaux en plein développement à cette période là. Le magazine se concentre sur les interviews, les chroniques d’album, les news aussi à l’époque et on y trouve un poster double face. Le sampler arrive avec le numéro 4 en août / septembre 1996. On y trouve 21 morceaux avec des titres de Samael, Moonspell, Orphaned Land ou Rotting Christ. Metallian a également un lien très important avec Adipocere Records et ce, dès ses débuts. Label, catalogue de vente par correspondance, le magazine et le label coopèrent et font un échange de visibilité dans les années 90 / 2000, avant l’arrivée d’internet. Le label a notamment sorti des disques de Vader, Moonspell, Forgotten Tomb, AuguryPersefone, pas mal de noms de la scène Metal extrême dans des genres variés et Metallian parlait également de ce genre de groupes. En 2010, Metallian est vendu 5,30€ (5,83€), positionne sur ses couvertures avec des groupes comme Watain, Lantlos, Nachtmystium, ou Nightbringer et le fait de parler de Dagoba, ne l’empêche pas de mettre en avant Asphyx, Enslaved ou Arckanum. Les samplers sont aussi variés et pointus allant de Pensées Nocturnes à Alcest ou The Vision Bleak et The Devil’s Blood. Le centième numéro, vendu 6,50€ (6,69€), comme Rock Hard donc, parle d’Obituary, Mastodon ou Solstafir  Metallian a même organisé son premier festival en 2016 à Grenoble avec les groupes Arch Enemy, Destruction, Flotsam And Jetsam et Nervosa. Actuellement le magazine est toujours actif, avec ses activités annexes que sont l’organisation de concert, le magasin en ligne, l’organisation de concerts de booking ou de management pour Metallian Productions.



Du chemin a été parcouru depuis Enfer Magazine ou Metal Attack des années 80 / 90. Actuellement, Rock Hard, Metallian et New Noise font face à des difficultés bien réelles. Ce n’est pas parce qu’on a une formation en journalisme qu’on est plus crédible ou plus professionnalisé dans ce genre de milieu. Ce n’est pas parce qu’on s’y connaît qu’on est fondamentalement rémunéré, comme beaucoup de musiciens, la plupart font ça par passion et par envie car il reste très difficile d’en vivre. Les coûts de l’impression sont réels, la somme de travail de même et pour des magazines vendu à 5/6€ environ, le fait d’en vendre à 2/3000 personnes ne fait pas nécessairement vivre un magazine. Avec le tout à disposition, tout de suite et maintenant, la presse papier Metal a perdu beaucoup de public ces quinze dernières années. Les webzines comme nous avec la gratuité, le contenu disponible tout, tout de suite sur internet, l’actualité en temps réel avec les réseaux sociaux ont contribué à précariser le format papier. Mais ses acteurs passionnés et les gens qui les soutiennent, font que la presse Metal existe encore.

Pentacle (Mars 2020)

(première partie sur la presse Metal papier des années 80 / 90)

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Commentaires

chieur_de_l_orthographeLe Lundi 10 août 2020 à 18H42

Salut, chronique intéressante, dans laquelle j'ai repéré une petite coquille en fin de parcours : "Mes ses acteurs passionnés". Il faut bien évidemment corriger par "Mais". Cordialement. Bisous.

PentacleLe Vendredi 20 mars 2020 à 10H04

Dans la première partie :
https://www.metalorgie.com/dossiers/1955_La-Presse-Metal-francaise-annees-80-90_Partie-I

CykonicoLe Vendredi 20 mars 2020 à 08H21

Ben merde alors aucune mention de Hard Force ?