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Metalorgie Monthly #15 Décembre 2016

Pour être tout à fait francs avec vous, au bout de quinze Metalorgie Monthly, ça devient difficile de rester créatif pour commettre un blabla introductif qui se renouvelle un peu. Du coup, pourquoi se compliquer la tâche, quand la date du jour nous fournis une excuse en or pour ne pas aller plus loin ? Joyeux Noël à toutes et à tous, donc. On vous laisse apprécier les fêtes avec nos écoutes du mois. On se retrouve au prochain MM... l'an prochain !


Le mois de décembre de...

... Zbrlah (ses chroniques) :

EvergreyGlorious Collision (2011)
Evergrey c'est mes chouchous, un peu comme Persefone ou Haken. Impossible pour moi d'être complètement objectif avec ces groupes, alors autant en parler dans les Metalorgie Monthly, déjà parce que je les écoute très souvent, mais aussi pour éviter de vous infliger trop de chroniques rétro notées 18/20. Avec Glorious Collision, Evergrey signe un album encore plus torturé que d'habitude (la faute à un renouvellement de trois cinquième du line-up), dont certains titres resteront à jamais des pépites du Metal Progressif mélancolique et chargé d'émotions, à l'instar de Leave It Behind Us, dont l'intro catchy et le refrain puissant foutent des frissons ; ou le final ...And The Distance, complètement à fleur de peau grâce à l'intervention de chant féminin, et qui me laisse à chaque fois sans voix.

HakenAquarius (2010)
A chaque fois que j'écoute Aquarius (souvent, donc), je n'en reviens pas qu'il s'agisse d'un premier album. Il est tellement mature, abouti, technique, captivant malgré sa longueur conséquente, que même les patrons de ce style de musique (Dream Theater par exemple) pourraient s'en inspirer. Haken propose un mix entre Rock et Metal, très mélodique et progressif, mais surtout, chargé d'influences parfaitement digérées. Il suffit d'écouter la première minute de l'album pour s'en convaincre : on alterne déjà entre l'épique, l'efficace, le sombre, et le fun déjanté. Une mention spéciale pour Drowning In The Flood avec son intro complètement Djent avant que ce soit à la mode et son pont aérien magnifique et grandiose.

Uneven StructureFebruus (2011)
Un peu le même constat que pour Haken, dans un autre registre. Même si l'EP 8 avait déjà servi de coup d'essai aux frenchies de Uneven StructureFebruus est un premier album inégalé en terme de Prog / Djent. Quelque part entre Meshuggah (pour les rythmiques impossibles et ce son saillant, offensif) et Tesseract (pour les arpèges en son clair qui parsèment l'album, le chant mélodique, la recherche d'une subtilité qui apporte un "truc en plus" à un Djent original), les Français ont plus ou moins tout compris à l'exercice. L'album est intéressant, grandiose, complexe, me faisant penser à l'approche musicale qu'a Kalisia avec son Cybion. Quant au chant, il n'est pas en reste non plus, il est purement et simplement hypnotique dans les voix claires (avec des petites intonations à la Bjorn "Speed" Strid de Soilwork) et impressionnant de hargne dans les growls. Mon collègue Lelag a chroniqué ce disque plus longuement, et je ne peux qu'appuyer son engouement pour cet album exceptionnel.

Deep PurpleMade In Japan (live - 1972)
Pour paraphraser le point de vue d'un lecteur sur le MM du mois dernier (on lit vos commentaires, laissez-nous en !) : parce que c'est le meilleur live du monde. Voilà.



... Grum (ses chroniques) :

EkpyrosisThe Taste Of Shadow (2016)
Trois ans après un EP prometteur, Ekpyrosis passe avec brio l'épreuve du premier album. Plus aboutie, plus maîtrisée, leur musique, qui vogue entre Meshuggah, Architects, Between The Buried and Me ou encore Textures, vous fera naviguer entre de multiples émotions, comme avec Stuck In Mind et son passage planant orné d'un magnifique solo. Cerise sur le gâteau, une surprenante version acoustique de Flowing Sand, chanson issue de l'EP du même nom, complètement réarrangée et qui ne partagent plus que les paroles par rapport à l'originale.

The Dillinger Escape PlanDissociation (2016)
Trop d’attente entraîne forcément une (petite) déception. La bande de Ben Weinman a fait l’album qu’on attendait d’eux, c’est déjà bien mais était-ce suffisant ? On navigue à vue, dans des eaux qui à défaut d’être calmes, ont déjà été cartographiées et on retrouve ainsi tous les mêmes ingrédients, les mêmes gimmicks qui font de TDEP ce qu’ils sont dans ce chant du cygne. Par contre, entendre l’imitation d’une poule à la guitare sur Surrogate et son riff “cot cot codec” sur le pont, ça, ça vaut tout l’or du monde et rien que pour ça, il faut les remercier !

Destrage - A Means To No End (2016)
Avec son 3e album, Are You Kidding Me? No., les Italiens avaient ouverts à fond les vannes de la folie, sonore et vocale, et avait pondu une oeuvre inventive et barrée. Mais avec A Means To No End, ils se sont drôlement assagis, beaucoup trop. Ils ont très certainement chopé la même maladie qu’Incubus vingt ans avant eux qui après avoir sorti le fougueux S.C.I.E.N.C.E. pondait deux ans plus tard le lisse Make Yourself. On sent encore la patte du groupe malgré tout mais on reste sur sa faim.

MetallicaHardwired... To Self-Destruct (2016)
Cet album contient de bonnes idées, en pagaille, mais elles sont tellement mal exploitées que l’on ne peut que constater les dégâts. Des riffs étirés en longueurs, des breaks incessants et omniprésents qui cassent la tête, des transitions foireuses, beaucoup de solos sans aucun feeling (celui de Hardwired, et c’est dommage d’ailleurs, car il s’agit du titre le plus digeste). Moth Into Flame est le parfait exemple de ce symptôme : le riff du couplet est excellent, sobre et efficace, mais tout le reste est à jeter (pré-refrain qui s’excite dans le vent, qui enchaîne sur une transition avec un motif de guitare bancal et mal placé rythmiquement, qui débouche sur un refrain crispant). Ok, le pont sur Atlas Rise est cool et semble tout droit sorti d’And Justice For All, ok il y a un riff qui fait penser à Seek And Destroy, ok il y a énormément moins de compression que sur Death Magnetic et ça rend la batterie de Lars audible. Mais à force de constructions laborieuses (Halo On Fire, Manunkind, Dream No More), l’écoute de l’album devient laborieuse : il y a beaucoup trop de remplissage et d’idées empilées en vrac, sans avoir été vraiment ordonnées pour que le résultat puisse être suffisamment convaincant. Avec leurs moyens, les huit ans qui le séparent du précédent album, on était en droit d’attendre des Four Horsemen qu’ils arrivent à prendre le recul suffisant pour ne pas reproduire les mêmes erreurs que par le passé. Que nenni. Hardwired… To Self-Destruct serait leur meilleur album depuis le Black Album ? Haut la main, certes, mais ils avaient placé la barre tellement bas depuis vingt cinq ans.

... Raikage (ses chroniques) :

Soundgarden - Ultramega OK (1988)
C'est à croire que j'en finirai jamais de m'étonner moi même. La première écoute du premier album de Soundgarden s'était révélée bien décevante, la faute à un son faiblard. Pourtant, j'ai insisté (sur les conseils d'un ami) et, après un petit temps d'adaptation, il faut reconnaître que les petites pépites qui se cachent sous la production maladroite comptent parmi les meilleures des petits gars de Seattle. Est ce vraiment du Grunge ? Et d'ailleurs qu'est ce que c'est le Grunge ? Un mélange de Hardcore Punk et de Metal ? Et bien bingo dans ce cas là puisqu'on a affaire à un mélange de Hard Rock, de Black Sabbath worship, de Hardcore Punk dégueu le tout enveloppé de la même boue que ne renieront pas quelques années plus tard les premiers groupes de Stoner et Sludge. Combo gagnant, mais est ce vraiment utile de le préciser ? 

Guns N'RosesUse Your Illusion I et II (1991)
1991, où l'année qui regroupe le plus de disques désormais des classiques dans le petit monde de l'Indie Rock, du Metal et du Hardcore (Nirvana, Pearl Jam, My Bloody Valentine, Entombed, Slint... et bien plus encore). Et les Guns N'Roses, le groupe que tout le monde prend plaisir à détester. Laissons les débats de côté (les rageux ont toujours tort de toute manière) pour s'attaquer au contenu de ces deux albums de une heure et quart chacun. Au programme : des compositions qui groovent jusqu'à plus soif, la voix d'Axl Rose qui compte, pour moi, comme l'un des meilleurs chanteurs de tous les temps, les mélodies de Slash qui démontre l'intégralité de son talent et des arrangements dont la plupart devraient s'inspirer. GnR c'est plus fort que beaucoup de choses, c'est le populaire qui s'assume, tel qu'il devrait être : grandiose, accessible, bourré de bonnes idées et qui permet aux gens de rêver. En fin de compte, le groupe californien c'est un peu comme la trilogie Indiana Jones (non, je refuse d'admettre l'existence du quatrième "film"), tout le monde aime malgré le côté cliché et grand spectacle. 



... theunknownskater (ses chroniques) :

WiegedoodDe Doden Hebben Het Goed (2015)
Découverts grâce à une ancienne chronique sur Metalorgie, les belges de Wiegedood sont pour moi l’une des claques Black Metal de ce mois de décembre. Froides, simplistes, rapides et glacées sont les premiers mots qui viennent à l’esprit pour décrire les incantations sinistres et lancinantes de ce premier album. Rien n’est à jeter dans ces quarante minutes exaltantes mais l’on retiendra surtout Svanesang ainsi que De Doden Hebben Het Goed et son riff d’entrée hypnotique. 

Apollo Brown & Guilty Simpson - Dice Game (2012)
Authentique fruit de la Motor City, Dice Game, sorti en 2012 est le résultat de l’admirable collaboration entre le producteur Apollo Brown et le rappeur underground Guilty Simpson. Un opus généreux d’une quinzaine de titres dont les thèmes abordés vont du plus dramatique au plus léger. Regorgeant d’idées et de personnalité, les morceaux sont construits à partir de samples extraits du blues ou de la soul, et merveilleusement complétés par le flow inégalable du rappeur de Détroit. 

DarkthroneA Blaze in the Northern Sky (1992) 
Qu’adviendrait-il des temps hivernaux sans ses chants sur l’hiver transilvanien ou ses flammes dans le ciel nordique ? Pas de meilleure période que celle de Noël pour découvrir et redécouvrir la musique glacée de la plus emblématique des formations Black Metal norvégiennes. Premier volet de la Unholy Trinity, A Blaze in the Northern Sky, véritable pierre angulaire du Trve Norvegian Black Metal sera le disque idéal pour accompagner vos fêtes de fin d’année. Saupoudrez vos longues journées à table d’un petit Kathaarian Life Code, assaisonnez vos interminables embrassades familiales d’un léger The Pagan Winter et n’oubliez pas d’adoucir le tout avec cette friandise irrésistible qu’est In the Shadow of the Horns.

... Euka (ses chroniques) :

CortezInitial (2005)
Profitant de la réédition du disque pour se replonger dans cet opus, j’avoue que je reste ultra-fan du travail effectué sur les 10 titres du trio. Même si Phoebus est d’une qualité tout aussi captivante, Initial reste LA baffe. Viscéral, violent, extrémiste, cet album prend à la gorge et ne lâche jamais, transformant les sens en une unique captation granuleuse de la réalité. Patriarche et El Vetic restent le sommet de l’iceberg, abrasifs jusqu’à épuisement. Et que dire de l'artwork, magnifique et énigmatique au possible, empli d'une poésie piétinée par la réalité des titres ! Un incontournable, depuis plus de dix ans maintenant.

LÖRI - Es Nuestra Propia Injusticia La Que Se Revela Contra Nosotros Mismos (2013)
Totalement inconnu à mes oreilles musicalement, le Pérou se dévoile avec LÖRI, quatuor de Hardcore / Screamo qui justement fait le lien avec Cortez par un chant arraché, écorché. C’est noir, sombre, une sorte de plongée obscure dans une eau poisseuse et acide. Le son est saturé, parfois flirtant avec la musicalité des combos Italiens (sur Absorbido Al Máximo Por La Vida Social, Fines De Semana, Etcétera.), après que la déferlante primaire des premiers titres se soit apaisée. Jolie découverte, bien différente dans l’approche de leur récent opus Obtusion // Aversion.


... SkaldMax (ses chroniques) :

ADXExecution (1985)
Du Heavy chanté en Français, mais oui parfaitement ma bonne dame ! Et croyez-moi qu'après avoir écouté Caligula, Le Fléau De Dieu ou Déesse Du Crime vous déploierez votre voix haut-perchée pour reprendre en sing-along des refrains mémorables. Pour sûr, si vous aimez chasser le dragon cet album vous plaira car solide tout du long instrumentalement parlant et épique dans ses textes. Ils sont bien ces petits gars d'ADX ma bonne dame, à vot' bon coeur madame.

BölzerHero (2016)
En voilà un qui était attendu au tournant, le premier long de Bölzer aura surpris tout le monde en posant ses armes à mille lieues de ses premiers assauts. Moins Black/Death, moins agressif mais toujours blindé d'idées ultra-cool, le duo mise sur des sonorités presque Psychés, une voix rappelant pas mal Motörhead et des constructions de morceaux jamais ennuyeuses. Une vraie réussite qui perpétue le sans faute de Bölzer, façonnant une fois de plus un son toujours plus personnel et efficace.

Oranssi PazuzuVärähtelijä (2016)
Värähtelijä fait clairement partie des immanquables de 2016 question Black Experimental/Avant-Garde. N'essayez pas de jouer au plus malin avec Oranssi Pazuzu, vous aurez la tête qui tourne avant eux, perdu parmi des dédales de sons infinis. Malgré des passages assez aérés par moments, le groupe plonge sa proie dans une ivresse aussi effrayante qu'addictive. Difficile de tout saisir d'un coup avec cet album qu'il faudra revisiter à plusieurs reprises pour prétendre en connaître tous les recoins, mais diable, quelle richesse !

Zbrlah (Décembre 2016)

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Commentaires

iam_trying_to_beliveLe Dimanche 25 décembre 2016 à 12H03

Bölzer!!! J'avais complètement oublié qu'ils avaient sorti leur album... Honte à moi, il faut que le commande immédiatement!

Perso, mon MM de décembre (je me suis fait plaisir ce mois que des chefs d’œuvres):

-John Prine- John Prine 1971. Auteur, compositeur, interprète, poète John Prine est un incontournable du folk américain. Son premier album est un véritable bijou. Ses textes sont honnêtes et touchants (Hello in There,Donald and Lydia), parfois crus et bouleversant (Sam Stone, Your Flag Decal Won't get you into Heaven Anymore) et parfois remplis d'humour (Illegal Smile, Spanish Pipedream)... Un album à écouter absolument au moins une fois dans sa vie et vous verrez, vous en redemanderez... 20/20

Behemoth, Live Evangelia Heretika Warsaw 2010. Probablement, même sûrement un de mes albums favoris tous genres confondus. Ce disque est simplement une pure tuerie. A écouter obligatoirement pour tout fan de metal...

Nine Inch Nails, The Fragile, 1999... Mon album à moi, mon précieux... Pour savoir ce que j'en pense, vous pouvez aller lire mon commentaire que j'ai laissé sur metalorgie! 1000/20
http://www.metalorgie.com/groupe/Nine-Inch-Nails/1285_The-Fragile

Lynyrd Skynyrd, Live One more From The Road 1976. Un live de toute beauté pour un des meilleurs groupes de rock américains... 20/20

Merry Xmas!